Band 
Tome troisième.
JPEG-Download
 

4°4 A C H

souffrances, U ne laissoit pas de s'oc-cuper à faire des bouquets de soie, 6cdes couronnes pour mettre fur le saintsacrement , 6c à façonner des cierges.Le P. Général fut charmé de voir cereligieux , qui, nonobstant tant d’in-fîrmités , trouvoit le moyen d’éviterl’oisiveté.

L’année suivante, D. Luc fut trans-porté à Paris pour subir l’opération dela taille ; mais les médecins ne la ju-geant pas nécessaire , fe contentèrentde l’envoyer aux eaux de Forges, oùil reçut du soulagement. Ses autresinfirmités subsistèrent toujours , à l’ex-ception d’un vomissement continuel,qui fut arrêté par Tissage de la viande.On fut obligé de lui en continuer lapermission , parce qu’il ne pouvoitl’interrompre fans retomber dans sonincommodité. Depuis ce temps -.là onle laissa toujours à Saint-Germain-des-Prés, où il trouva Dom Anselme desRousièaux qui prit soin de lui avecbeaucoup de charité, 6c qui l’engageaà s’appliquer à des études utiles à l’é-glise , à la religion 6c à l’état.

Lorsqu’on lui eut donné la directionde la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés , il en rangea les li-vres en très - bon ordre ; il en fit descatalogues exacts , 6c l’augmenta deplusieurs livres excellents qu’il eut soinde ramasser. Mais fa premierè applica-tion fut la lecture 6c 4a recherche desanciens manuscrits. Ses études n’étoientinterrompues que par les exercices depiété 8c la priere : » Plusieurs («) per-» personnes distinguées par leur dévo-» tion fe mirent sous fa conduite, 6c

A C H

w quantité de savants fe firent un hon-» neur de le fréquenter 6c de le con-» fulter. II travailloit avec zele à la» sanctification des premiers , 8c les» seconds tiroient de grands secours ,» tant de ses avis que des manuscrits» qu’il leur prêtoit libéralement «. Lesrelations qu’il eut avec la plupart d*abbayes de l’ordrelui procurèrent beau-coup de pieces anciennes 6c nouvelles,dont il fut tirer avantage pour le bienpublic. II fut honoré de l’estime despapes Alexandre VII 6c Clément X,qui lui envoyerent des médailles.

Dom d’Achery évitoit les visites 6cles conversations inutiles, 6c ne com-muniquait guere qu’avec les savants,dont il étoit estimé 6c tendrement ai-mé. II connoissoit le mérite de ceuxde Port-Royal.Ces Messieurs étant ac-cusés de mépriser les ouvrages qui nesortoient point de leur plume, il tra-vailla à détromper ceux qui leur im-putoient ee défaut. On en trouve lapreuve dans les mémoires de M. Fon-taine, où M. de Saci s’exprime en cestermes (b) : » Vous avez vu Messieurs» de Valois : Je ne ne fais comment ils» s’étoient mis dans l’efprit qu'on n’ef-» timoit pas leurs livres ; 6c fur cette>► pensée, quoique fausse, ils fe sont» un peu emportés contre nous. Mais» le R. P. D. Luc d’Achery les a dé-» trompés là - dessus. Ils allerent lui» dire que ces Messieurs les méprisoient,» parce qu’ils blâmoient indissérem-» ment tout ce qui ne sortoit pas de» leur plume, 6c qu’en particulier ils» avoient une dent contre eux. Ce Pé-ri re, avec fa sagesse ôc son équité or-

(<z) Dupin, 1 7. siecle, tom. III, pag. 434. (J>) Tom. II , pag. 5 22 , 523.