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Tome quatrième.
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K E L

K E L

K-KLLER, ( Benoit ) de la congrégationHelvétique , dite auíu dt Saint-Gal (a').La congrégation Helvétique, dite auslide Saint-Gal, parce que ce monastèreen est le premier, est une des plus il-lustres de Tordre de St. Benoit, par

les prérogatives dont elle jouit. Ellen’est, à la vérité , composée que deneuf abbayes, mais il y en a cinq dontles abbés font princes de l’empire ; sa-voir , Saint-Gal, Einsidlen, ou Notre-Dame des hermites, Mûri, Ffers &. Di-

(a) Saint-Gal , en Latin Fanum Sart- Galli , est une abbaye souveraine, dans la Suisse, avec«ne ville de même nom, dans le pays de Turgow, diocèse de Constance, & alliée des 13 Cantons.L’abbé est prince de l’empire. La ville de Saint-Gal, quoique petite, est riche & renommée pourson commerce, sur-tout de toiles. L’abbaye qui est célébré & ornée d’une belle bibliothèque, aproduit de grands hommes. Elle est plus ancienne que la ville, & l’abbé beaucoup plus puis-sant que les citoyens en étendue de terre & en nombre de sujets. C’est pourquoi lorsqu’onles joint ensemble, on met toujours l’abbé le premier, en ces termes : l’abbé & la ville deSaint-Gal. Cette fameuse abbaye doit son origine à Singall, gentil-homme Ecosso ; s, ou, selond’autres, Irlandois, lequel étant venu en France avec St. Colomban , dans le 7. siecle , passadans la Suisse, où il prêcha l’évangile en plusieurs endroits, & particulièrement dans le Turgow,II refusa l’évêcbé de Constance qui lui avoit été offert par Gonzom, duc des Allemands, & aimamieux se retirer dans une solitude, en l’endroit où depuis l'on a bâti l’abbaye de Ion nom. Sesdisciples se multiplièrent beaucoup en peu de temps ; & le prêtre Orner, environ 80 ans après la mortde Singall, que, par corruption, on a depuis nommé St. Gai, fut fait abbé par le roi Pépin, filsde Charles - Martel. Ensuite, cette abbaye devint riche & puissante ; de sorte que Conrad ,I un de ses abbés, élu en 1226, prit le titre de prince de l’empire. Ses successeurs ont acquis unedomination de si grande étendue, qu’ils peuvent lever plus de six mille hommes. Charles-Martel,Pépin, Charlemagne, & plusieurs autres rois de France & empereurs ont accordé de grandsprivilèges & de riches revenus aux abbés de Saint-Gal , qui ont à présent pour patrons &défenseurs de leurs immunités & de leurs biens les cantons de Zurich, de Lucerne , de Schwits& de Gîaris. Quant à la ville qui fut sondée il y a plus de huit cent ans, elle s’accrut peuaprès, jufqu’au temps de l’empereur Arnoud , qu’elle fut ceinte de murailles. Elle touche àFabbaye qui a une clôture à part ; & il y a entre les deux une porte commune qui se fermedes deux cotés par l’abbé & par les bourgeois. La ville n’est pas fort grande, mais elle est fortpropre &. bien bâtie, en un lieu éminent, entre deux coteaux. Cette ville est divisée en sixtribus ou compagnies ; de chacune de ces tribus on tire douze personnes qui composent legrand & le petit conseil ; & sélection des magistrats se fait tous les ans. La ville relevoit an-ciennement de l’abbé en plusieurs choses ; mais les citoyens ont, à présent, leur souveraineté àpart, indépendante de celle de l’abbaye,

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