i}4 L Á M
fointement avçc le volume dont elleindique les matières, & quantité d'ati-tres manuscrits dont il n’est pas iciquestion.
Lami,( Dom François ) (<*). DomFrançois Lami, qui s’est acquis l’estimede tous les honnêtes gens, tant par labeauté de son esprit que par la bontéde son coeur, la candeur de ses moeurs,la régularité de ses exercices monasti-ques , 6£ fa piété singulière, naquit auchâteau de Monthireau dans le Perche,Fan 1636. II eut, pour pere , MesiireCharles Lami, chevalier, seigneur &baron de Monthireau, & pour mere,Dame Elisabeth Graffard, unis de pa-renté, ou d’alliance à quantité de fa-milles les plus distinguées. A peine avoit-il dix mois qu’on désespéra de sa vie.Le pere, plongé dans la douleur devoir s’évanouir toutes les espérancesde la famille, eut recours au souverainmédecin par l’intercesiion de St. Fran-çois , patron du jeune enfant. II fitvœu, s’il revenoit en santé, de lui faireporter pendant deux ans l’habit desFranciscains. Dieu exauça ses priejres,& le pere exécuta son vœu ; mais il vé-cut trop peu pour un fils si cher.
Son pere étant mort, la mere se re-maria au marquis d’Angennes. Elleavoit eu de son premier mari le filsdont nous parlons, &í Elisabeth Lami,qui, depuis, fut la comtesse de Durcet,si respectable par ses grandes vertus ; &de Ion second lit elle eut Charles, mar-quis d’Angennes , & Catherine d’An-gennes, depuis comtesse d’Haqueville,mere de la maréchale de Montesquiou.
L A M
Elle s’appliqua avec foin à Féducatioride ses enfants, & jetta dans Pâme deson fils ainé les plus pures semencesdes vertus chrétiennes. Elle lui donnapour précepteur M. Rohault, qui, de-puis , devint célébré dans la faculté demédecine à Paris. Sous un si habile maî-tre le disciple brilla dans ses humanités& dans fa philosophie. Après cette étu-de, il fit ses exercices fous le fameuxArnolfini, qui avoit l’honneur de mon-trer en même temps au roi, & il les fitavec tant de grâces & de dignité , quefa majesté en fut plusieurs fois charmée& en fit l’éloge. U étoit d’une taille mé-diocre , mais bien prise : il avoit unephysionomie heureuse, une belle che-velure, le port noble, Pair doux, lesmaniérés insinuantes : qualités brillantespour le monde, mais trop souvent nui-sibles pour le salut.
Dans la vue de seconder Pardeurqu’il avoit pour les armes, Madame lamarquise d’Angennes le confia au ducde Richelieu , fous lequel il fit une oudeux campagnes. II y donna des mar-ques de son intrépidité dans les occa-sions les plus périlleuses. Ses grands ta-lents ne laissèrent pas d’être obscurcispar quelques paissons de jeunesse. II setrouva une fois engagé, pour un pointd’honneur, de mettre l’épée à la main;mais c’étoit oh Dieu Pattendoit. Sonadversaire lui ayant porté un coup quirencontra le livre de la réglé de St. Be-noit qu’il avoit sur lui, il ne fut pointblessé. La grâce de J. C. lui faisant alorsappercevoir le danger oh il avoit étéde perdre son ame, commença par l’é-
(4) Dupin, 17 sieçle, tom. VI, pag.418. (í ) Dans la matricule de la congrégation il est appeléde Lami,