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Tome quatrième.
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branler : les saintes semences que fa me-re avoit jettées dans son coeur pendantson enfance se réveillent : il prend larésolution de changer de vie : il fait uneretraite de quelques jours : il la terminepar une confession générale : il pleureamèrement les péchés de ía vie passée,& se propoíe de les expier par une en-tiere séparation du monde.

Mais quels combats intérieurs n’eut-il pas à soutenir avant que d’exécuterune telle résolution ? Sa tendresse poursa mere , sa passion pour la gloire , lescharmes du monde, qui lui rioit de touscôtés, le sollicitoient sinon à abandon-ner son dessein, du moins à en différerI’exécution. Le départ des troupes pourle siégé de Monmédy fut pour lui unenouvelle tentation. II partit même;mais la grâce, qui le suivoit, le pressasi vivement qu’il ne put y résister da-vantage. Quoique son équipage Peutprécédé de quelques jours, il revint furíès pas, & s’étant jette aux pieds.du R.P. Dom Jean Harel, fupérieur-généralde la congrégation, il obtint de lui unelettre pour être admis au noviciat deSaint-Rémi de Reims. II partit en postepour s’y rendre, suivi d’un seul valet-de-chambre. Sa mere, toute éplorée,l’y lui vit bientôt, & sit les derniers ef-forts pour le faire changer de résolu-tion. Le bruit des trompettes & destambours qui aboient au siégé de Mon-médy, la vue des officiers qui venoientà Saint-Remi pour voir la sainte Am-poule, ne lui livrerent pas de moindresassauts. Pour les éviter, il supplia, lesupérieur de lui permettre de ne pointassister au chœur parmi les religieux ,selon la coutume des postulants , maisde se tenir à l’écart, ce qui lui fut ac-cordé.

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II prit l’habit monastique la veille deSt. Pierre, Pan 1658, & en íe revêtantdes livrées de J. C. il se dépouilla duvieil homme. II fit ses délices de toutce qu’il y avoit de plus dur & de plushumiliant dans le monastère. L’oraifondevint la nourriture ordinaire de soname,& il marcha à grands pas vers laperfection chrétienne & religieuse. IItrouva dans la personne de Dom Vin-cent Marsolle, son prieur & son peremaître, tous les secours pour se forti-fier dans ses saintes résolutions. Aprèsson noviciat, il s’enrô’a irrévocable-ment dans la milice de St. Benoit pourservir J. C., & prononça les vœux le30 Juin 1659, âgé de z5 ans. Après faprofession, un valet qui l’avoit servi àl’armée se rendit à Reims pour voir sonancien maître. Celui - ci se jetta à sesgenoux, &c lui demanda pardon d’unevivacité qui lui étoit échappée pendantqu’il étoit à son service. Ce jeune of-ficier, passant une riviere à cheval ,laissa tomber le guidon qu’il portoit àla main , & commanda à son valetde Palier reprendre. Ce domestique ,voyant le danger, sit difficulté d’obéirà son maître, qui, s’emportant, le me-naça de lui casser la tête. Ce n’est pasainsi, dit-il, en lui demandant pardon ,qu’un chrétien doit parler à son frere.On peut juger par ce trait du progrèsqu’il avoit fait dans la vertu, & com-bien il avoit pris fur lui-même.

Peu de temps après fa profession, ilcontracta un mal de tête si violent,qu’il ne pouvoit plus Rappliquer. Maiscette infirmité, qui ne tendoit pas à lamort, ne servit qu’à perfectionner savertu, & à faire éclater la force de lagrâce. Pour charmer son mal, il em-brassa des exercices pénibles 6 i humi-