;? LIVRE I, CHAPITRE V.à la dépense publique, qui s’étendoit en raison desprogrès de l'autorité Sc des besoins de la société.£c quelle ressource , d’ailleurs, peut fournir unepropriété foncière ? Elle n’est utile qu’autant qu’onla fair valo.r : mais ies foins & les frais qu’elleexige font - ils compatibles avec les détails du gou-vernement ?
Envain les Rois employerent-ils toutes sortes demoyens pour se créer des revenus, & suppléer àleurs domaines presque tous aliénés Sc engagés ;en vain arrachèrent-ils à leur couronne une infi-nité de droits, tels que ceux de íranc-fief, d'au-baine , de naufrage, de régale, de douanes, depéages, &c ; en vain, dans des momens de dé-tresse, allerem- ils jusqu’à tromper la soi publiqueen altérant la monnoie, Sc falsifiant le gage inter-médiaire des échanges, dont leur empreinte dévoiecautionner la valeur réelle : tous ces moyens, plusou moins fâcheux par eux-mêmes , ne peuventprocurer que des bénéfices cafuels & momentanées,incapables de fournir un revenu solide & suffisant.
11 falloir cependant former un patrimoine pu-blic , & obtenir de la Nation des secours propor-tionnés aux besoins. On fentoit I’inconvénient duservice militaire fait par les vassaux , & la néces-sité d’entretenit un corps de troupes toujours íub-fiilant. On étoic fatigué des désordres Sc des excèscommis par les gens de guerre , qui, fans soldecomme fans discipline, le rendoienc plus redou-tables à la Nation qn a ses ennemis. Si dans cemoment la Nation, éclairée fur ses intérêts & furIes ioix de Tordre physique , eût consenti l’irn-pôt territorial, régulier, proportionnel, assis furie produit net de la culture j si elle eût demandé an