2.8 DES SUPER
Celse a fait la même chose dans Origene (as
Les Juifs, selon le témoignage du Comte Joseph, citépar S. Epiphane, (b) avoient les mêmes sentiments deJesus-Christ , & de ses miracles que les Payens:mais Arnobe , Origene , ( c ) Laitance & (d J Vivesréfutent les mensonges & les impostures des uns & desáutres avec beaucoup de force.
On a aufli accusé de magie quantité de célébréspersonnages anciens & modernes, comme Zoroastre , 'Orphée, Pythagore , Numa Pompilius , Democrite ,Empedocles, Apollonius, Virgile, Joseph, Salomon,les trois Mages qui vinrent adorer J. C. Alchinde,Geber, Artephius, Thebit ben corath & grand nom-bre d’autres, que (e) Naudé a justifiés dans son sinolo-gie pour les grans hommes accusés de Magie.
On dit à cela, & c’est l’objection commune que l’onsait en France , que le Parlement de Paris ne reconnoîtpoint de Sorciers.
Mais x. quand la chose seroit ainsi , l’autorité de ceParlement devroit elle l’emporter sur celle de l’EcritureSainte, sur celle des Conciles, fur celle du Droit Civil,fur celle de l’Eglise ?
2. Si le Parlement de Paris ne reconnoît point de Sor-ciers , les autres Parlemens en reconnoissent, & particu-lièrement celui de Toulouse, puisqu’en l’année 1577. ilen condamna plus de quatre cens, les uns au feu, les au-tres à d’autres supplices , ainsi que le rapporte PierreGrégoire de Toulouse (f).
André du Breuil Docteur Regent en Medecine àParis, témoigné dans l’art & science de Medecine, queJean Garnier Lou-garou fut exécuté par Arrest du Par-lement de Dole en France-Comté avec plusieurs autresbergers.
Il y avoit une si prodigieuse quantité de Sorciers enEspagne du tems de Martin d’Arlés , qu'il témoignéavec beaucoup de douleur que tout le Royaume en étoitrempli (g) & Lambert Daneau assure qu’il (h) y en aune si effroiable multitude en Savoye, qu’on n’en scau-roit dépeupler le Pays, quelque sévérité que les juges deslieux apportent à les punir , quelque diligence qu’ilsfassent pour les chercher , & que dans une feule Villeon en a vû condamner à mort plus de 80. en une année :
Le Parlement de Bourdeaux a aussi rendu plusieursArrêts contre des Sorciers & des Sorcières. Florimondde Remond, qui étoit Conseiller en cette Cour , le té-moigne ainsi , lorsqu’aprés avoir rapporté , que Jean-ne Bosdeau fameuse sorcière , fut condamnée au feupar Arrêt du Parlement de Bourdeaux en 1594. il ditau Chap. 7. de son Ante-Christ ou Antipapesse : „ Beze„ n’étoit pas bien informé, lorsqu’en sa chaire il taxa n’a-
(a) Mirisicas Christi Virtutes conatus calumniari, quasi Magicisartibus, non divina vi éditas. Ait eum elam educatum & in JE-gypto mercede famulatum, peritum mirificarum ejus gentis artiuminde reveríùm , quibus fretus pro Deo se haberi passus fuit. L. I.
(b) Harcs. 30.
(c) L. y. Divin. Instit. c. 3.
(d) L. 3. de Verit. Rel. Chr. Cap. II.
(e) J. F. B. qui a réimprimé ce livre à Amsterdam en 1712. avecdes Remarques, a recueilli depuis ce tems là de quoi faire un tri-plement considérable à cet Ouvrage de Naudé. Ce íuplement con-tiendra, l’Apologîe des Papes, BenoîtX. Jean XX. Jean XXI. 8cAlexandre VI. des Maréchaux d’Ancre, de Fabert 8c de Luxem-bourg, de Manaffé Roi des Juifs , de Maxence, de Mahomet,de Catherine de Medicis , de Tages , de Simon le Magicien ,d’Athenodore, de Fauste, de Luther, d’UrbainGrandier, desFra-tìcelles, des Manichéens 8cc.
(/) Li'o. 34- Syntag. Juris univ. c. 21. n. 10. Tolosae hocan-n° 1577. tot maleficse 8c sortilegx in Senatu undique reae peractaeíunt, ut omnium reorum qui à duobus annis ante fuerunt quo-rumcumque criminum , numerum íùperarent , 8c maleficiorumcumulo vincerent , feré plusquam quadringentae , quorum parsVulcano sacratx ; alise aliis tormentis sublatx vel emendatx; 8c,quod mirum est, omnes ferè à Diabolo notam inustam certo lo-co habpbant, prodideruntque execrabilia plura 8c impia-
(g) Pythonibus 8c maleficis , pro dolor ! hac nostra tempestatetotum noc Regnum plénum est. Trait, des Superst. P. 404. 8c438. 8c 439-
(h) Una Sabaudica natio tot, tantos, tamque confertos horumhominum greges habet , ut exstirpari nullo modo pollint, quid-quid judicum îìlius loci severitas in puniendo, & dihgentia inper-quirendo conetur. Adeo ut vel in una civitate homines plus quambo. numéro unius ami ípatio capitis pœna multat audiantur.
S T I T I O N S.
„ gueres notre Parlement d’incredulité & de peu de foi,,, parce , (disoit-ilj & ceci tiens-je d’un Gentilhomme„ d’honneur qui l’ouït, que nous n’osions condamner les„ Sorciers à la mort. Nos Registres témoignent le contrai-„ re, & les Arrêts célébrés que j’ai recueillis montreront„ qu’il n’y a Parlement en France où on les traite plus fe-„ verement qu’au nôtre
z. Ceux qui font cette objection contre le Parlement deParis, sçavent bien peu THistoire de ce Parlement, qui a sisouvent donné des Arrêts contre des Sorciers. Bodin en rap-porte deux dans fa Demonomanie (i); Fun de l’année 1548.ou environ, qui condamne la merè de Jeanne Harvilliet,Sorcière de Verberi proche Compiegne, à être brusléevive ; l’autre du 11. Janvier 1578. (kj contre BarbeDoré fameuse Sorcière, qui fut aussi condamnée d’êtrebruslée. Le Pere Crespet, Prieur de Celestins de Paris,en rapporte encore un du 19. Janvier 1577.; (/) contreune autre Sorcière qui fut condamnée à expier son crimepar le même supplice. Enfin Lambert Dané témoignequ’un Aveugle des Quinze-vingts de Paris, nomméHonoré, fut condamné a mort par le Parlement de Pa-ris, pour crime de sortilège, (m) Et je ne doute pointqu’il ne s’en trouve quantité d’autres semblables dans lesRecueils des Arrêts du Parlement de Paris, qui ont étéfaits avant & après la Demonomanie de Bodin, & enco-re davantage dans les Registres de cette auguste Compa-gnie.
Si bien que la Question de Droit, S’il y a des Sor-ciers , est incontestable 3 mais celle de fait , Si Fierre ,st Jean , st Jacques font véritablement Sorciers , est sou-vent sort douteuse , parce que souvent on accuse d’êtreSorciers, des personnes qui ne le sont pas en effet ; ainsiqu’il paroît par Y apologie que Naudé a faite pour tousles grands Personnages qui ont été faussement soupçonnez, deMagie .
Cela supposé, il faut maintenant faire voir que la Ma-gie ou Sorcelerie, est expressément condamnée par tou-tes les Loix divines & humaines.
Dieu dit dans le Levitique, qu’il ne veut pas que l’onconsulte les Magiciens, ni que l’on se souille avec eux :(n) Non declinetis ad Magos ut polluamini per eos : Qu’ilsera l’ennemi de ceux qui les consulteront, & qu’il lesfera mourir de mort au milieu de leu^peuple (0) :
On rapporte parmi les impietez du Roi Mariasses,qu’il étoit adonné à la Magie, & qu’il avoit des Ma-giciens à fa fuite : (p) Maleficis artibus inserviebat, ha -b ébat secum Magos.
S. Irenée met au rang des Hérétiques les Simoniens ,qui étoient les Disciples de Simon le Magicien , & ildit d’eux entr’autres choses, qu’ils exerçoient la Magieautant qu’ils pouvoient (q) : Magias perficìunt , quemad-modum potefl unusquisque ipfirum. Après qu’il a dit queMire disciple de l’Hérétique Valentinien étoit tres-sça-vant dans les impostures Magiques , & que par leurmoyen il avoit séduit plusieurs hommes & plusieurs fem-mes, il l’appelle le véritable Précurseur de l’Antéchrist(r):
Le Concile de Laodicée , & celui d’Agde en 506.défendent aux Ecclésiastiques d'être Magiciens (s).
Saint
(i) Dans la Préfacé.
(k) Liv. 2. c. 8. 8c 1 . 3. c. y.
(l) Liv. I. de la Haine de Sathan contre l’homme, Dise. ro.
(m) Dialogo de Veneficis quos vulgò Sorciarios votant. Affir-rnarunt, dit-il, fide digni homines etiam corpore mancos 8c dé-biles , quales cseci, in Veneficorum 8c Sortiariorum numéro repe-riri ; Inter quos unus, nomine Honoratus, cseteris notior, capitisíupplicio Sénatus Decreto Lutetise affectus est , de quo plané in-credibilia narrantur, cùm ipfe è Sodalitio Quindecim Viginti-viro-rum, ut vocant, id est è 300. csecorum collegio effet.
(«) Cap. 19.
(0) Cap. 20. Anima quae declinaverit ad Magos, ponam faciemmeam contra eam, 8c interficiafn eam de medio populi fui.
(f) 2. Paralip. 33.
(q) Lib. 1. advers. hxres. cap. 20.
(r) Ibid. cap. 18. Marcus Magicx imposture peritiffimus , perquam 8c viros multos, 8c non paucas feeminasfeducens convertit,Praecursor quasi verè existens Antichisti,
(9 Can. 3 6. Can. 68.