DES SUPERSTITIONS.
LA
Saint Gaudence Evêque de Bresse, tcmoiene que les les Magiciens .& les Sorciers des leur naissance, comme,
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sortilèges {ont des efpeces et Idolâtrie (et).
S. Grégoire le Grand , loue le Notaire Adrien dece qu’il donnoit la chasse aux Sorciers, qu’il appelle lesEnnemis de J c s u s-C h r i s t , Inimicos Cbrijìi, &l'exhorte de continuer (b).
S. Eloi Evêque de Noyon conjure les Fideles de sonEglise, de ne point ajouter foi aux Magiciens (c)
dans la pensée de Fission Juif, ou tue les viperes, lesscorpions; & les autres bêtes venimeuses aussi-tôt qu’onles apperçoit , pour prevenir le mal qu’elles peuventcauser, ordonne qu’on les chasse du Diocèse, &qu’on ne les y soufre point, & il enjoint à tous lesCurés de fa dependance de les chercher, de les dénoncerà l’Evêque âpres qu’ils les auront découverts, afîn qu’íl
Le vi. Concile de Paris en 8r6. asseureque la Ma- les excommunie & les punisse conformément aux Bullesgie (st le Sortilège font apurement des restes du Paganis- des Papes
Les Statuts Synodaux de quantité de Diocèses n’eausent pas autrement.
Enfin la pratique universelle de l’Eglise est de met-tre la Magie & la Sorcelerie au nombre des Cas réser-vez , & de déclarer excommuniez dans ses Profnes lesMagiciens & les Sorciers.
Le Code de Justinien (p) nous fournit plusieurs LoixCiviles contre ces sortes de gens. Pierre Grégoire deToulouse {q) , en rapporte aussi un trés-grand nombre,& témoigne quel’EmpereurCharles-Quint (r) , défen-dit qu’on enseignât publiquement la Magie à Salaman-que, comme l’on faisoit autrefois, auffi-bien qu’à To-lede & à Seville, depuis l’incursion des Sarazins en Es-pagne , si nous en croyons le P. Delrio (s).
Aussi la Magie est-elle une science si infâme & fi dé-testable , que Henri Corneillie Agrippa , qui en a faitprofession dans fa jeunesse , & qui en a été accusé parune-infmiré d’autres,- mais particulièrement par Paul Jo-ve (t) , par Thevet (u) , par le Pere Crespet (w) , &par le Pere Delrio (x) , quoique Naudé (y) ait tâ-ché de l’en défendre , reconnoît de bonne foi que lesMagiciens, les Sorciers, les Enchanteurs & les Devins,
me, (st qu on les doit tres-fiverement punir filon la Loi deDieu ( d).
Le Concile de Palence (c) en 1312. defend tres-expref-fiment a tomes fortes de personnes de consulter les Magi-ciens , (st de leur demander avis ni pour foi, ni pour Lesautres, à peine d.'excommunication.
En 1484. le Pape Innocent VIII. par fa Bulle Sum-mis defderantes affcíhbus , donna un ample pouvoir auPere Henri Inflitor & au Pere Jacques Sprenger, Reli-gieux de l’Ordre de S. Dominique, & Inquisiteurs dela Foi Catholique , d’informer contre les Magiciens dela haute Allemagne , & de les punir, selon la grandeurde leurs crimes.
En i;ri. le Pape Léon X. en usa de même à l’égardd’autres Inquisiteurs, contre les Sorciers du Diocèse deBresse, & de celui de Bergame, comme il se volt parsa Bulle Honestis petentìum votis.
C’est ce que fit aussi Adrien VI. par sa Bulle Du-dum , qui est du 20. jour de Juillet 1522. à l’égardde l’Inquisiteur de Cremone, contre les Sorciers, qui fetrouvoient en certains endroits de la Lombardie.
Le Synode de Trêves (/Je n 1548. excommunie tousceux qui fi mestent de sortilèges, (st veut qu’on les mette doivent s’asseurer qu’ils feront damnez éternellement avecen prison, (st qu’on les y retienne jusqu’à ce qu’ils soient Jannés, Membrés & Simon le magicien. Voyés cydef-delivrez, des suggestions & des illusions des Démons, qui sous ses propres paroles, qui font bien considérables O).^ ' ” Les Sorciers font coupables de quinze crimes énormes,
selon la remarque de Bodin (a). „ Car premierement,„ dis-il, la profession première des Sorciers est de renier„ Dieu & toute Religion. Le deuxième crime des Sor-
„ ciers
Jont leurs maîtres.
Monluc Evêque de Valence & de Die (g) , ordon-ne aux Curez, de refuser la Communion aux Sorciers , (stde les avertir souvent de s'abstenir de l'art damnable (stmauvais dont ils font profejston.
Le premier Concile Provincial de Milan ( h ) en 1565.veut que les Evêques punissent feverement (st excommunientUs Magiciens (st les Sorciers, (st qu’ils les chajfent de l’Afifimblée des Fideles.
Le Clergé de France assemblé à Melun (i) en 1579-declare qu’on doit empefiher avec toute la diligence possible ,que les Magiciens ne fi multiplient , & qu’il faut les ex-terminer filon les Canons des anciens Conciles.
Le Rituel de Chartres de l’an (k) 1581. défend derecourir aux Enchanteurs (st aux Magiciens.
Le Concile Provincial de Bourdeaux (f) en i;8z.asseure que ceux-là commettent un crime execrable , (st fontexcommuniez ,, qui fi mestent de Magie .
Le Concile Provincial de Mexico dans FAmerique(m) en 1585. défend de consulter les Sorciers (st de fiservir de leurs maléfices, fous peine d’être' mis en penitencepublique.
Le Concile Provincial de Narbonne (#) en 1609.excommunie ìpso facto, conformément aux Saints Décréts ,les Magiciens (st les Sorciers.
Le Synode de Ferrare en 1612. au titre de Supersti-tion (st Magie artibus exterminandifi 1. 3. 4. Art. ( 0 )après avoir dit queDieu commande que l’on fasse mourir
(«) Tract. 4. de lest. Exod.
( 4 ) a Lib. 9. Epist. Indie. 4. Epist. 47.'
(e) Lib. 2. Vit.'
a p. iy.
(d) Lib. z. c. z.
(*) Cap. 24.
(/) C. 6.
(g) In Reformât. Cleri Valent. & Dien. c. ay.
\h) Conflit, p- i.tit. i o.
(i) Tit. de Magic. Artib. 8tc.
(k) Dans le Prosne, fol. 150.
(i) Tit. 7.
(m) Lib. y. tit. 6 . num. 2.
OssC.j.
(0) Pelfimum hominum genus. qui abjecta M ueum. pietateacReligione , feedera cum dasmone ineunt, makíicos , incantato-
res, arìolos, Pythones confidentes , quserentes à mortuis venta-ient sic abominatur Deus ipse, ut eos vix dum naseentes ac exi-stentes, siise justitise paenas prassenti morte dependere constituerit.Quemadmodum enim viperas, feorpiones, aliasque venenatas be-stiolas (ut Philonis Judaei Verbis utamur) priuíquam mordeant,aut etiam fe commoveant, sine mora ad primum afpectum occi-dimus , prsecavendo naturalem eorum malitiam , priuíquam no-ceant; eodem modo hujusmodi homines plectendi sunt qui Magí-ciis fuis artificiis incautos homines non foîùm errore implicant, tedin graves calamitates intrudunt. Nos igitur , ut tam funestam.ac nefariam pestem ab omnibus nostra: cuise creditis ac commiffisdepellamus , Magos omnes cxteroíque maleficos , qui luis artibuscorpora menteíque hominum , morbis aut infània levare aut op-primere le poífe falfò profitentur , .... univerfas diœcesis nostraesinibus sic arcemus, ut nullibi conssstere velimus. Parochis etiamomnibus virtute obedientis prsecipimus eas ut diligenter pervesti-gent, inventos ad nos nominatim déférant ; imo eos excommuni-cationis pœna, quse mors est ecclesiastica, àChristicorpore exfeindi-mus, atque abjieimus , aliisque poenis a pontificiis legibus , Scconstitutionibus prascriptis, qua par est severitate afficimus.
(p) L. eorum, L. nemo, L. etsi. L. Quicumque. Cod. de Ma-leficis gc Math. 8cc.
(q) L. 34. Syntag Jur. Uni. C. 14. 8c ly.
(r) Ibid. c. 21. n. 10.
(s) In Prolog, Disquifit, Magic.
(t) Elog. Viror. 111 ,
(u) Vies des Hommes Illust.
j») L. 1. de la Haine de l’homme, 8cc.
(x) Disquifit. Mag. passim.
(y) Apoîog. des grands Hommes, Lee. c. 1 y.
(z) Lib. de Incertitud. & vanit. Scient, c. 48. Verùm de Ma*gicis scripsi ego juvenis adhuc, Libros tres amplo lâtis volúihine,quos De occulta Philosophta , nuncupavi, in quibus quidquid tuneper curioíàm adolelcentiam erratum est, nuiic cautior hac palino-dia recantatum volo; permultum enim temporis 8c rerum in hisvanitatibus olim conttivi. Tandem hoc profeci quod íciam queisïationibus oporteat alios ab hac perriieie dehortari. Quicumqueenim non in veritate, nec in virtute Dei, lèd in elusione D*mo-num , fecundùm operationem malorum ípirituum , divínare 8cprophetare prxíumunt, £c per vanitates Magicas, exorcifmos, in-cantationes , amatoria , agogima, 8c estera opéra Dsemoniaca 8cIdololatrise fraudes exercentes, prsestigia 8c phantaímata ostentan-tes mox ceflantia, miracula íè fe operari jactant, omnes hi cumJanné 8c Mambré 8c Simone Mago seternis ignibus cruciandi def-tinabuntur.
(a) Liv. 4. de ia Demonom. chap. y.
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