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,, ciers est âpres avoir renoncé à Dieu , de le maudire,„ blasphémer & dépiter, & tout autre Dieu ou Idole„ qu’ils ont en crainte. Le troisième crime est encore„ plus abominable, c’est qn’ils font hommage au Dia-„ ble, Padorent, sacrifient, & les plus détestables font„ une fosse, mettent la face en terre, le priant & ado-„ rant de tout leur cœur. Le quatrième crime est en-,, core plus grand, c’est que plusieurs Sorciers ont été„ convaincus, & ont confessé d’avoir voué leurs enfans„ à Sathan , pour laquelle méchanceté, Dieu proteste„ en fa Loi (a) , qu’il embrasera sa vengeance contre„ ceux qui déchoient leurs enfans à Moloch. Le cin-„ quiéme passe encore plus outre, c’est que les Sorcie-„ res font ordinairement convaincues par leur confession„ d’avoir sacrifié au Diable leurs petits enfans auparavant„ qu’ils soient baptizés, les élevant en l’air, & puis leur„ mettant une grosse épingle en la te te , qui les fait„ mourir , qui est un autre crime plus étrange que le„ précédent. Et defaitSpringer dit qu’il en a fait bras-ier une qui en avoit ainsi fait mourir quarante & un.
„ Le sixième crime passe encore plus outre : Car lesSorciers ne se contentent pas de sacrifier au Diable„ leurs propres enfans, & les faire brûler par forme de,, sacrifice, ains encore ils les consacrent à Sathan dés le„ ventre de la mere, comme le Baron de Raiz , auquel„ Sathan dit, qu’il falloit lui sacrifier son fils étant en-„ core au ventre de la mere, pour faire mourir Pun &
„ l’autre, ainsi qu’il reconnut & confessa, qui est un„ double parricide , avec la plus abominable idolâtrie„ qu'on peut imaginer. Le septième & le plus ordi-„ naire est, que les Sorciers font serment & promettent,, au Diable d’attirer à son service tous ceux qu ils pour-„ ront, comme ils font ordinairement. Le huitième„ crime est d’appeller & jurer par le nom du Diable en„ signe d’honneur , comme font les Sorciers qui Pont„ toujours en la bouche, & ne jurent que par lui , fi-„ non quand ils renient Dieu. Le neufiéme est que les„ Sorciers font incestueux , qui est le crime de toute„ ancienneté, duquel les Sorciers font blaímez & con-,, vaincus. Car Sathan leur fait entendre qu’il n’y eut„ oncques parfait Sorcier Sc Enchanteur , qui ne fût„ engendré du pere & de la fille, ou de la mere & du„ fils. Le dixième est que les Sorciers font mestier de„ tuer les personnes, qui pis-est d’homicider les petits,, enfans, puis après les faire bouillir & consommer juf-„ qu’à rendre l’humeur & chair d’iceux potable. Le,, onzième crime est que les Sorciers mangent la chair„ humaine, & mêmement des petits enfans, & boivent„ leur sang avidement : Et quand elles ne peuvent avoir„ des enfans, elles vont déterrer les hommes des sepul-” chres , ou bien elles vont aux gibets pour avoir la„ chair des pendus, comme il s’est vérifié assez souvent.
„ Le douzième est particulier de faire mourir par poi-„ son ou sortilège. Car c’est beaucoup plus grièvement„ offenser de tuer par poison que à force ouverte, &
„ encore plus grief de faire mourir par sortilège que par„ poison. Le treizième crime des Sorciers est de faire„ mourir le bestail, chose qui est ordinaire, Et pour„ cette cause un Sorcier d’Ausbourg Pan i;6q. fut te-,, naillé pour avoir fait mourir le bestail, ayant pris laforme du cuir des bêtes. Le quatorzième est ordinai-’, re , porté par la Loi , c’est à sçavoir de faire mourir’’ j es fruits, & causer la famine & stérilité en tout un« pais. Le quinzième est que les Sorcières ont copula-„ tion charnelle avec le Diable , & bien souvent prés,, des maris , & toutes confessent cette méchanceté.
,, Voilà quinze crimes détestables, le moindre desquels„ mérité la mort exquise, non pas que tous les Sorciers„ soient coupables de telles méchancetés, mais il a été„ bien vérifié que les Sorciers qui ont paction expresse„ avec le Diable, sont ordinairement coupables de tou-„ tes, ou de la plûpart de ces méchantez (b).
Au reste on peut remarquer en passant avec Martin de
{a) Levit. 21 . Deuter. i8.
[b) U faut remarquer qu’entre ces crimes il y en a plusieurs quifont l’effet d’une imagination frapée.
S T I T î O N S.
Arles (c) Archidiacre de Pampelonne, Sc avec Mon-sieur Benoît (d) Curé de S. Eustache de Paris, qu’ily a plus de femmes Sorcières que d’hommes Sorciers.Nider (e) en raporte trois raisons. La premiere, par-ce que les femmes sont plus aisées à persuader que leshommes. La seconde, parce qn'étant d’une complexionplus tendre & plus molle que les hommes, elles reçoi-vent plus facilement qu’eux les impressions qui leur vien-nent du dehors. La troisième enfin, parce qu’elles fontplus babillardes Sc plus vindicatives que les hommes, &qu’ainsi elles fe déclarent fans peine les unes aux autresce qu’elles fçavent, & mettent tout en œuvre pourexecuter leur vengeance. Gerson (/) dit dans le mêmesens, que les vieilles, les jeunes eofaus, & les idiots,ont plus de penchant à la Superstition que les autres per-sonnes , & que c’est de là qu’est venu le mot de VieillesSorcières. A quoi on peut ajoûter que le Recueil desTraitez qui ont été faits par divers Auteurs contre lesSortilèges, est intitulé, non pas le Marteau des Sorciers,Maliens Malefìcorum , mais le Marteau des Sorcières,Maliens Maleficarnm , à cause qu’il y à plus dé Sorciè-res que de Sorciers.
CHAPITRE V.
fDu maléfice. Ce que c’eft. Que c’est une efi-pece de Superstition & un péché doublementmortel. Qu’on fe peut servir du maléficeen sept maniérés. Qu’il y a de trois sortesde malefi.ee. Exemples de divers maléfices.Que les maléfices font condamnez par l’E-crìture , par les Conciles , par les Ter es <&•par les Loix Civiles. Qu’il n’est pas per-mis d’òter m maléfice par un autre maléfi-ce. Que les Sorciers en ôtant un maléfice àun animalle donnent à un autre. Quellesfont les armes dont nous devons nous ser-vir contre le s maléfices. Exemples de di-verses pratiques superstitieuses ponr ôterles maléfices.
L E maléfice a tant de connexion avec la Magie, queles Latins nomment ordinairement Magiciens ceuxqui usent de maléfices (g). C’est ce qui paraît par cesparoles de S. Isidore Evêque de Seville : Magi vulgbmalefici ob facinorum magnitudinem nuncupdntur. Et parles deux volumes intitulez Maliens maleficarnm , quitraitent de la Magie & des remedes qu’on y peut aporter,fous le nom de maléfice.
Quoique ce nom signifie en général toutes fortes decrimes & de domages, & que l’on appellent malfaiteurstous ceux qui commettent de mauvaises actions, quellesqu’elles puissent être ; cependant la Magie est appelléeabsolument maléfice , & les Magiciens sont appeliez sim-plement malfaicteurs, à cause de la grandeur & de l’e-normité de leurs crimes, ainsi que nous venons de le re-marquer. » & qu’on le peut voir encore dans le Code deJustinien au Titre de Maleficis , & Mathematicis & ce-teris fimilihus.
Le Cardinal Tolet définit le maléfice, un art de nuireaux autres par la puissance du Démon (b) : Et cette dé-finition fait voir manifestement que le maléfice est uneespece de Superstition, & un péché mortel pour deux rai-sons , dit le Cardinal Cajetan ; (i) parce qu’il efi me in-vocation du Démon , & qu’il nuit au genre humain.
Or
(c) Tract, de Superstit.
\d) Dans fa Catéchèse de la Magie reprehensible 8c des Magi-ciens, chap. 18.
(i t) In prseceptorio.
(f) Tract, contra Superstitios. díerum observationem.
(g) Lib. 8. Origin. c. 9.
\h) Lib. 4. Instruct. Sacerdot. cap. 16. n. Ars nocendi aliisDaemonis potestate.
(i) In Sum. V. Maleficium.