zr DESSUPE
Que de se servir de l’os d’un mort pour faire mou-rir quelqu’un , en faisant certaines actions , & en ré-citant certaines paroles qu’il n’est pas nece (faire de ra-porter ici.
C a) Que de faire mourir les bêtes en les frappant d’u-ne baguette & en disant, Je te touche pour te faire mou-rir , ainsi, que le pratiquoit une fameuse Sorcièrenommée Françoise Sécrétain , & plusieurs autres, selonle témoignage de Henri Roquer Grand-Juge de S.Oyan de Joux , ou de S. Claude , dans le Comtéde Bourgogne.
Que de faire des figures de cire, de bouë, ou dequelqu’autre matière, de les picquer, de les approcherdu feu , ou de les déchirer, afin que les Originauxvivans & animez ressentent les même outrages 8c lesmêmes bleífeures dans leurs corps & dans leurs per-sonnes. (b) Robert Guaguin General de l’Ordre deNotre-Dame de la Merci , rapporte que la femmed’Enguerand de Marigni Comte de Longueville 8c Sur-intendant des Finances fous Philippes le Bel, fut accu-sée & convaincue d’avoir fait jetter en cire les figuresdu Roi Louis Hutin & de Charles Comte de Valois,par un Sorcier nommé Paviot , 8c par une Sorcière ap-pellée Claude, afin de faire languir de maigreur ces deuxPrinces, parce qu’ils pourfuivoient son mari à mort, &de les faire mourir ensuite. Le P. Crefpet (c) rapportequantité d’autres semblables Histoires.
Que d’attacher à une cheminée ou faire griller fur ungril, certaines parties d’un cheval, ou de quelqu’autreanimal mort par maléfice , & de les picquer avec desépingles , des aiguilles, ou d’autres pointes, afin que leSorcier qui a jette le maléfice feche peu à peu & meureenfin misérablement: Pratique execrable, puisqu’outrequ’elle est superstitieuse, elle est accompagnée de ven-geance & de meurtre- tout ensemble.
Que d’exciter des tempêtes, desgrestes, des orages,des foudres, des tonnerres , & des ouragans, afin devanger quelque injure receuë.
(d) Que d’empefcher les personnes de dormir , enmettant dans leur lit un^œil d’hirondelle.
Que de proourer la stérilité auxfemmes, aux cavales,àux vaches, aux brebis, aux chevres, &c. afin de cau-ser du domage à ses ennemis.
se) Que de faire ce qui s’appelle cheviller , qui estunmaléfice dont Pierre Massé Avocat parle en ces termes :„ On pratique aujourd’hui bien fort un eípece de ma-„ lefice qu’on appelle Cheviller . Par icelui on empefcheles personnes de faire leur eau. J’en ai veu qui en font„ morts, parce qu’on n’avoit pû trouver aucun reme-„ de, lequel est à ce qu’on dit en la puissance seulement„ de ceux qúi ont fait le charme & maléfice. Par icelui„ ils enclouent aussi & font clocher les chevaux; ils„ empêchent les vaisseaux pleins de vin, d’eau, ou au-„ tre liqueur de pouvoir être tirez , encore qu’on y„ fasse une infinité de permis.
Que de donner la malle-nuit aux hommes ou aux fem-mes en quelqu’une des 4 maniérés suivantes.
1. Les uns achetent un fagot, mettent de l’encensdedans avec de l’alun blanc , & aprés y avoir misle feu, ils disent: „ Fagot je te brûle, c’est le corps,l’ame, le sang, l’entendement, le mouvement, l’ef-prit de N. N. qu’il ne puisse demeurer en repos„ jufqu’à la moële de ses os, par la terre, par le„ ciel, par l’arc-en ciel, par les 12 signes, par Mars,„ Mercure &c. au nom de tous les Diables va fa-„ got, va proceder, va brûler le corps, l’ame, le„ sang-, le mouvement, l’esprit, l’entendement de N.„ qu’il ne puisse rester en place ; ni parler à person-„ ne , ni reposer, ni monter à cheval, ni rivière
(а) Discours des Sorciers c. i<S.
(б) In Ludov. Hutino.
(c) L. de la haine du Diable contre l’homme, Discours 10. fol,1 16. Le 157.
(J) Mizauld. cent. a. n. 61.
(;) Traité de l’imposture & tromperie des Diables, Devins. En-chanteurs, Sorciers, &c. 1 . 1. c. 10.
R S T I T I O N S.
,, passer , ni boire, ni manger, jufqu’à ce qu’il soit„ venu accomplir mon désir & ma volonté, quanto.
„ guio. garaco. Tandis que le fagot brûle , avantque la har soit rompuë , ils versent trois fois dessusdu vin & du sel méfiés ensemble , & disent Onrnetourne. Ils repetent la conjuration tandifque 8cc. ilssont bruster le fagot à des heures non pair du jouroU de la nuit ; 8c quand la personne à qui ils en veu-lent n’est pas assez pressée par le brûlement d’un fa-got, ils en brûlent neuf, trois par jour & observentìe. ....
2. Les autres se mettent à genoux devant une étoi-le , & cherchent celle de ... . qu’il faut saluer , laregardent fixement & disent, „ je te salue mille sois,„ o étoile plus resplendissante que la Lune, je te con-„ jure d’aller trouver Beelzebuth ... & lui dire,, qu’il m’envoye trois esprits , u4lpha , Rello, Jalde-,, richel , & le Bossu du Moût Gibel .... afin qu’ils„ aillent trouver N. fille de N. ... & que pour„ l’amour de moi ils lui ôtent le jeu , & le ris de„ bouche, & fassent qu’elle ne puisse aller, ni repo-,, fer, ni manger, ni boire, jufqu’à ce qu’elle soit ve-„ nuë accomplir la volonté de moi N. fils de N. 8cc.
Les autres achetent un fagot fans parler à per-sonne &c. ou 9. n. iz. ou 15. chandelles blanches8cc. puis ils disent : „ Ce n’est pas pour vous que„ je brûle, c’est le sentiment, le mouvement le bras,„ les jambes &c. de N. &c.
4. Les autres fe tournent du coté d’Orient & furles 4 heures 8c demi du soir regardent l’étoile la plusclaire qu’ils rencontrent .... & lui disent par . . .fois . . . . „ je te salue étoile lumineuse &c. que tu
„ ailles bailler la maie nuit à N. selon mon intention.
„ Va petite, Va petite, Va petite.
Que de faire des imprécations contre quelqu’un enéteignant toutes les lumières du logis , en tournant ledos aux .... voisines , en fe roulant par terre & en ré-citant le Pfeaume 108.
Que de faire mourir les poux, & les autres verminesqui attaquent l’homme, en le frottant d’eau de puits oude fontaine sous les aisselles & en récitant certaines paro-les. Ce remede ne ferviroit il pas aux Cap. s’ils en vou-loient user ?
Que de troubler les esprits des hommes, en forte qu’ilsperdent l’ufage de la raison, ou de remplir leur imagina-tion de vains phantofmes qui les fassent tomber en phre-nesie, afin de tirer avantage de leur malheur , ou de lesexposer au mefpris des autres.
II y a une infinité d’autres maléfices que les Sorciers& les Empoisonneurs employeur tous les jours, selonque le Démon leur en fait naître les occasions. Maisquels qu’ils puissent être, ils sont condamnez universel-lement , aussi-bien que ceux que j’ay alléguez jnsquesici, par l’Ecriture-Sainte, par les Conciles, par les Pè-res de l’Eglife, & même par les Loix Civiles.
(f) Dieu défend à Moise dans l’Exode de laisservivre aucune personne qui use de maléfices: Malefcosnon patieris vivere ; Dans le Deuteronome il défend 3son peuple de souffrir qui que ce soit qui fasse profes-sion de maléfices (g ) : Non inveniatur in te qui fit ma-leficus ; Et dans le Prophète Michée , il promet à cemême peuple, comme une faveur singulière, (h) qu’ille délivrera des maléfices :
(;) L’Apôtre S. Paul déclaré que les empoifonnemensmagiques sont des œuvres de la chair ; (f) Et S. Jeandans son Apocalypse asseure, que le partage des Empoi-sonneurs & des Idolâtres, fera dans l’étang brûlant defeu & de souffre, qui est 1a seconde mort :
Origene, ou Jean de Jerusalem, témoigne ,(/)>, Que
», tou-cs) c-(s) c- 18.
(b) C. 5. Auferam malefìcia de manu tua.
(2) Gai. f.
(k) C. 11. Veneficis 8t Idolatris pars illorum erit in stagno air.denti igné 8c íùlphure, quod est mors fccunda.
(/) Tract. 3. in Job.