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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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>, toutes les personnes pieuses doivent sçavoir que les3, maléfices font des piégés & des tromperies du Diable,j, des restes de l'Idolâtrie, des illusions & dès scandales,, des âmes ; Et que celui qui Rappliquera à la vanitéj, des maléfices fera troublé dans ses démarches, que-> fe actions seront traversées , que Dieu ne le visitera33 point, que les saints Anges labandonneront, que le>3 Diable demeurera avec lui, quil lui gâtera lesprit,s, quil lui endurcira le cœur, & quille rendra inscnli- ble aux choses de Dieu.

S. Gaudence Evêque de Bresse témoigne aussi que les maléfices font des especes didolatrie.

Le 6. Concile de Paris en 82.9. O) appelle le malé-fice ou lempoisonnement un mal tres-pernicieux &

un reste du Paganisme ; Et dit quil doit être tres- severement puni selon la Loi de Dieu.

(b) De Moulue Evêque de Valence & de Die, as-seure que le maléfice ,, est un pernicieux péché & une invention du Démon & de V idolâtrie, & ordonne expressément aux Curez de refuser la sacrée Commu- nion à ceux qui sen servent pour donner des maladies aux bêtes, ou pour les leur ôter; pour semer deshai-33 nés entre les personnes nouvellement mariées, &pour se faire aimer de ceux quils souhaitent..

Le Synode de Chartres en 1^9, enjoint,, auxCu-33 rez dannoncer à leurs Paroissiens , que c'est un tres-33 grand péché mortel que de consulter ceux qui usent33 de maléfices, Sc dajouter foi à ce quils disent.

Le 1. Concile Provincial de Milan en< 5 $. (0 veut,3 que les Evêques punissent severement , & quils ex-,, communient ceux qui se persuadent, ou qui promet-j, tent aux autres quils pouront troubler les esprits des-, hommes, donner des maladies ouenguerir» &chan- g er la figure & le tempérament des corps.

Le Concile Provincial de Reims en 1585. (d) excom»munie ceux qui empêchent lusage du Mariage, ou,3 qui sont quelquautre maléfice.

Le Concile Provincial de Maxico 0), défend de3, se servir de maléfices sous peine dêtre mis en peniten-,» ce publique.

Le Rituel dEvreux imprimé en ifíop. parlordrede Monsieur le Cardinal du Perron Evêque dEvreuxdit, (f) Que cest pecher contre le premier precepte de la Loi que de se servir de maléfices.

Le Concile Provincial de Narbonne en 1609,excommunie ipfi faElo ses Magiciens & les Empoison-neurs, & enjoint aux Curez âpres trois moussions cano-niques , de les déclarer publiquement & notoirement excommuniez, de leur défendre Ventrée de lEgliíe,

33 & de les en chasser en cas qu'ils y entrent.

La Bulle d'Innocent VIII. Sttmmis dejìderantes af-fetlibus , celle de Léon X. Honcfiis petentium votis , celledAdrien VI. Dudtim , celle de Sixte V. Cœli & ter-ra, Sc celle de Grégoire XV. Omnipotentes D« , condam-nent positivement les maléfices & ceux qui en usent.

Le Synode de Cave, qui fut tenu en 16 2.8. fous DomAnge de Fondi, Abbé & Evêque de cette illustre Abbaye du Royaume de Naples, en fait autant par son Ordonnance ( b).

(a) L. 3. c. 1.

{b) In Reformât. Csoi Val. Lc Dise. aj.

(c) Constit. p. 1. tit. ro.

(d) Tit. de Sortileg. n.

(*) L. 5. tit. 6. n. 2.

(/) Part. 1. tit. de exam. poîflit. circa i. pracept. n. 7;

(g) Tit. IJ- de Superstit. c.

(h) Malefici, striga; , 8c incantatores magis sunt deteftatldîquo Catholicse fidei verum cultum ac rectum sensum prse se feren-tes pravis tamen Jt'iniquis operationibus abeadem longissime aber-rantes non soluni in hommes crudeliter , sed gc in eorúm multo-ties bona impie desseviunt , nec íua ipíòrum pernicie contenti in-cautos quosque ac sapientiores fcelestis Superstitionibus ac vanispromissis deceptos , fecum in îeterni damnationis baratrum, sata-gustt detrahere , tanquam Diaboli satellites 8tc. Hi ergo ut à di-tione nostra longius arceantur, omnibus utriuíque íëxus fidelibusnostris subditis, invirtute fanctse obedienti* prœcipimus ac manda-mus, ut si quos noverint viros vel mulieres liujusmodi inaleficiisLe incantationibus delectari , vel de tali scelere fiispectoseste, no-bis statim vel vìcariis nostris denuncient, juxta sacrorum Caûonum

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(í) Cest aussi ce que forit les Ltìix Civiles da ris îiCode de Justinien , la Loi Eòrum , la Lôi Nenio , kLoi Mttlú , la Loi Et fi Sc la Loi Quicunqhe. II y â uíîEdit dAthalaric Roi des Goths , qui veut quon lespunisse avec beaucoup de sévérités II est rapporté paisCaffiodore (kj.

A prés tant de témoignages si décisifs j il ny á niilléapparence de croire, comme font quelques Théologiens iquelques Canonistes & quelquès Jurisconsultes, qu'ilsoit permis doster un maléfice pàr nn autre maléfice, oUpar une autre pratique illicite & superstitieuse ; & de seservir dun Sorcier, dun Enchantent, oudun Empoi-sonneur , [afin quil rompe le sortilège, le charme, oule maléfice qni a été jette par un autre Sorcier, par íirïautre Enchanteur, ou par un autre Empoisonneur. Câril saut ici remarquer avec le P. Sprtnger , & le P« InJH-t or, (/) quil y a de trois fortes de Sorciers, d'Etìchâíi-iteurs, ou dEmpoifonneufs * qui usent maléfices. Lesuns les donnent /ans pouvoir les ôter, les autres Ont lepouvoir de lès ôter , mais, non pas celui de les donner »les derniers enfin ont le pouvoir Ie$ donnèr & celuide les ôter. Mais on ne peut íâns péché prier ceux qttîles peuvent ôter, de le faire.

t, Parce que selon la maxime de lApôtre S. Paul *il nest jamais permis de faire du mal, afin quil en arrssve du bien (ni).

z . Parce que la Faculté de Théologie Paris apréâavoir dit dans íâ Censure du 19, Septembre 1398. (n)que ceux- se trompent qui simaginent quil soit per- mis de se servir pour une bonne fin de lArt magique3, & des autres Superstitions que Dieu & lEglise con- damnent , (0) déclare nettement ensuite quon nepeut soutenir sans erreur quil soit licite, Sc même quelon doive permettre de chasser les maléfices par dâutresmaléfices :

3., Parce que le Rituel Romain de Paul V. celui deChartres en^639. & en 1640. celui de Rouen aussi ent1640. & celui de Paris en 1646. Ie défendent expressé-ment : (p)

Ce qui a trompé quelques Théologiens, quelqtíés-nònistes, & quelques Jurisconsultes qui soutiennent lo-pinìon contraire, est quils se sont imaginez, comme erteffet il y a apparence que cela soit ainsi, que par la LoîEorum , qui est du grand Constantin, il est permis dese servir de maléfices à bonne fin & à bonne intention(<?). Mais ils dévoient considérer que cette Loi â étéexpressément révoquée par la Constitution 6;. de lErn-pereur Léon , Oui propter t émulent or um , & par consé-quent quon ny doit avoir aucun égard. Joint queConstantin nétoit pas si bon Théologien quil etoit bonCatholique aprés íà conversion, & que ses Loix ne sontpas toûjours des réglés de conscience.

Je ne pense pas même quon doive se servir des cho-ses vaines pour ôter les maléfices, parce quil y auroit encela du péché , selon la doctrine du Canon Illui (r),

qui

ac summorum Pontificum Constitutíones debitâ vLnâ plectendos,Sess. 1. G. 2.

09 Tit de maleficis 8c Math. 8c ceter. íîrrt.

{k) L. 9. Variai, c. 18. Maleficos, vel eos qui ab éoriim nefariiâartibus aliquid crediderint expetendum, legum severitas iníèquatur.Quia impium est nos illis este remislòs quos cœlestis pietas nonpa-titur impunitos. Qualis emm fatuitas est Creatorem vit* rèlinque-te, 8c íequi potius mortis auctoiem?

09 In Mail. Malefi, p. r. q. y.

(m) Rom. 3. v. 8. Non taciamus rtialà ut venîânt bona-

(n) Art. p.

C °) Art. 6. Quòd licituiíi fit, etiam permitteiidum, tnalefiekmaleficiis repellere, error.

(?) Tit de exoreizand. ûbses. à D*mon. Aliquí Dseôloties ostetìadunt facture maleficiurn, 8c à quibus sit factum, 8c modutti ad il-lud diffipandurn ; íèd caveat EXorcista ne ob hoc ad Magos, veladSagas, vel ad alios quàm ad Ecclesiae ministros confugiat , aut ullaSuperstitione, aut alio modo illicito utatur.

{q) Voici les paroles de cette Loi; Nullis crimìnationibus impli-canda lùnt remédia humanis qusesita corporibus, aut in agrestibuslocis innocenter adhibita fufftagia, ne maturis vindemiis metueren-tur imbres, aut venti, gtanditiiíque lapidations quaterentur: qui-bus notì cujuíquam falus, aut atstimatio lsederetur , ícd quorumproficerent actus, ne divins munera 8c labores lióminum sterne»resitur.

(r) r6. q. r.

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