Buch 
Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
Entstehung
Seite
38
JPEG-Download
 

DES SUPER

De Thou , Evêque de Chartres, dans son Rituel( a ) de l’année 1581. exhorte ses peuples à „ mettre en„ Dieu leur esperance & entiere fiance en leurs affaires,„ nécessitez & tribulations , lans recourir aux Devins,„ Necromantiens, & autres semblables Imposteurs.

Jean Baptiste de Constanze , Archevêque de Cozen-ce , dans ses Avertiffemens , dit que „ les Divinations„ empêchent ceux qui les observent , d’avoir la foy^ aussi saine & aussi entiere qu’ils devroient, & les en-,, gagent en de très-grandes & très-dangereuses erreurs.

Le Concile Provincial de Bourdeaux (b) en r;8;.veut ,, que les Curez avertissent très-souvent leurs Pa-„ roissiens, que ceux-là commettent un crime execra-„ ble , & font excommuniez qui se mêlent de Divina-„ rion , ou qui ajoutent foi aux Devins ; parce que,„ comme disent les saintes Lettres, le Seigneur a cela5 , en horreur , & que les peuples font exterminez fur„ la terre à cause de ce crime.

Le Concile Provincial de Bourges (c) en 1584.condamne généralement tous les Devins , & ordonne despeines très-severes contre les Ecclésiastiques & contre lesLaïques, qui pratiquent les Divinations.

Le Concile Provincial de Mexico (d) en 1585. dé-claré „ que c’est un grand crime que de consulter les„ Sorciers & les Devins, & de leur demander la con-,, noissance des choses à venir ; & ordonne que ceux„ qui feront coupables de ce crime , seront fouettez &„ punis ignominieusement , ou condamnez à des peines„ pécuniaires, selon que PEvêqúe le jugera à propos.

Le Pape Sixte V. dans fa Bulle , Cœli (fr terr «e, en-joint „ aux Ordinaires des lieux & aux Inquisiteurs de„ punir ceux qui se mêlent de Divination.

Le Concile Provincial de Malines (e) en 1607.veut aussi qu’on les puniíîè suivant cette Bulle & or-donne ,, à tous les Juges Ecclésiastiques de les con-,, damner , ou de les faire condamner au barrissement,„ & de faire châtier rigoureusement ceux qui les con-„ fuirent, & encore plus ceux que Ton appelle ordinai-„ rement Egyptiens ou Bohémiens.

Le Concile Provincial de Narbonne (f) en 1609.

excommunie ipfo faBo , conformément aux saints De-„ crets, les Devins, les Sorciers, les Diseurs d’Ho-„ roscopes, ceux qui croyent aux Augures & les As-„ trologues judiciaires.

Le Gouverneur, Evêque de saint Malo , dans sesStatuts Synodaux (g) , dit que „ travaillant à la cor-„ rection des vicieux pour en arracher le plus qu’il pour-„ ra d’entre les griffes du Diable , il doit principale-„ ment exterminer les Sorciers & les Devins, lesquels,„ pour ensorceler & deviner, pactizent avec ce malin„ & tortu serpent, qui gyre toujours comme un Lion„ pour trouver proye & devorer les âmes.

De Solminiac, Evêque de Cahors (h) „ enjoint aux„ Recteurs de son Diocèse, de dénoncer excommuniez„ à leurs Prosnes, non seulement les Devins, mais aus-„ fi tous ceux qui ont recours à eux ; & leur fait très-„ expresses inhibitions & defenses de les absoudre , si„ ce n’est pour la premiere fois, après laquelle, s'ils re-„ tombent en telle impiété , il leur enjoint qu’ils ayent„ à les renvoyer pardevers lui, ou son Grand-Vicaire„ en son absence pour recevoir l’absolution.

Les Statuts Synodaux de Sens (i) en i;;8. & ceuxd’Evreux en 1664. les Constitutions (fr Institutions Syno-dales de S. François de Sales & de Monsieur d’Arantond’Alex, Evêques de Geneve (kj , & les Statuts (fr Ré-giment du Diocèse d’Agen , confirmez (l) en 1675.

(a) Fol. iy 0

(b) Tit. y.

(c) Tit. 40. Can. i.

(d) Liv. f. tit. 6. num. I.

(e) Tit. if. cap. 1 & z.

(f) c. 3.

(g) Art. 2t.

(h) Stat. Synod. c. 26.

(i) Tit. des Const. Abufív. n. 6 . Tit. 8c n. eod.(k) Part. 1. c. 11.

(/) Tit. 39.

S T I T I O N S.

condamnent les Divinations, les Devins & ceux qui lesconsultent.

Enfin les Rituels d’une infinité de Diocèses ordon-nent que Ton dénonce pour excommuniez tous les Di-manches aux Prosnes des .Messes Paroissiales, „ les De-„ vins & les Devineresses , & que Ton les fasse sortir„ de TEglise , comme étant indignes de participer aux„ saints Mystères & aux Prières publiques ". Ce quiest un témoignage public & authentique de T aversionque TEglise conserve jusqu’à présent pour la Divina-tion , puisqu’elle la punit par Texcommunication , la-quelle étant la plus grande & la plus formidable de tou-tes les Censures, suppose necessairement un péché très-considerable.

Aussi est-elle un péché mortel de foy, quand elle estappuyée fur le secours du Démon, suivant la remar-que du Cardinal Cajetan (m) : Eç il n’y a que la bon-ne foy , la simplicité , ou Tignorance , qui la puisserendre en quelque façon excusable ; ce qui arrive lors-qu’on s’en sert , ou qu’on y ajoute foy dans la penséequ’il n’y a aucun pacte , pas même tacite, avec le Dé-mon , & qu’on est dans la résolution d’y renoncer ab-solument , si Ton sçavoit, ou même si l’on doutoitqu’il y en eût quelqu’un. ’’i

Cela étant vray de la Divination en général, il n’estpas difficile d’en faire l’application à chaque espece deDivination en particulier. A la Nécromancie, Necyo-mancie, Necye , ou Sciomancie, qui se fait en appel-lant les manès ou les ombres des morts qui paraissentressucités ; à la Géomancie qui se fait par les signes dela terre ; à THydromancie qui se fait par les signes del’eau ; à TAëromancie qui se fàit par les signes de l’aír ;à la Pyromancie qui se fait par les signes du feu ; à laLecanomancie qui se fàit par un bassin; à la Chiroman-cie qui se fait par l’inspection des mains ; à la Gastro-mancie qui se fait par des Vases de terre ronds ; à laMetoposcopie , ou inspection des traits du front ; à laCristallomancie qui se fait par le Cristal ; à la Clero-mancie qui se fait par le fort ; à l’Onychomancie qui sefait par l’huile & la suye sur l’ongle ; à la Coscinoman-cie qui se fait par le crible ou le sas ; à la Bibliomanciequi se fait par un livre & particulièrement par le Pfeau-tier ; à la Cephalonomancie qui se fait par la tête d’unane ; à la Capnomancie qui se fait par la fumée ; àTAxinomancie qui se fait par les haches ; à la Botano-mancie qui sc fait par les herbes ; à l’Ictyomancie quisc fait par les poissons ; à celles qui sc font par T Astro-labe ou par le dévidoir , ou par le laurier , ou par letrepié , ou par T eau benite, ou par les scrpens, ou parles chevres , ou par la farine ou T orge , ou par la sa-harien qui n’est autre chose que le remuement & letressaillement des yeux ; ou à la Catoptromancie , quise fait par des miroirs, ou à la Dactyliomancie , quisc fait par des anneaux , ou enfin à toutes les autres es-peces que nous expliquerons dans la fuite. Majokus,Evêque de Ulturara en Italie , parle de la plupart deces Divinations dans le second entretien du supplémentde ses Jours Caniculaires , & il en rapporte fort docte-ment les explications.

Ainsi Ton peut dire qu’il n’y en a pas une qui soitexempte de péché , & cela doit-être plus que suffisantpour en donner de l’horreur aux véritables Chrétiens.Mais pour les prévenir encore d’avantage contre cetabus , il ne faut pas oublier ici la remarque que fait furce propos Martin d’Arles, qui témoigné que la sourcede tous les malheurs dont le Royaume de Navarre étoitaffligé de son temps venoit de ce que les grands & lespetits consultoient les Devins & les Nécromanciens pourretrouver ou pour savoir les moindres choses (n).

J e

(m) In Sum. V. Divinatio. Divinatio est ex íuo genere mor-tale, pro quanto Daemoniaco innititur auxilio.

(») „ Ex quibus (dit cet Archidiacre) liquidé apparet ex qua„ origine hac nostrâ tempestate tot infirmitates , pestilentiEe, ste-„ rilitates ferrie , nascentium fructuum , frugum & vinorum ac-„ cidant, totque millia pecudum, aliorumque pecorum continue*

,, pereant , totque grandines , tempestates 8c intempéries aerum