DES SUPERSTITIONS»
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Les Constitutions Apostoliques attribuées à S. Clé-ment , ne veulent pas que les Chrétiens se mêlent d’ê-tre Augures, parce que la science des Augures con-duit à l'Idolâtrie (a).
S. Cyprien (b) montre par plusieurs exemples lavanité des Augures que les Romains observaient , Leajoute que les Démons n ont introduit ces malheureu-ses pratiques que pour imposer à la folle crédulité despeuples Idolâtres.
S. Basile expliquant le passage d'Isaïe que je viensde citer , dit fort à propos : „ (c) Ne voyez-vous„ pas combien de maux les Augures entraînent après„ eux ? Ceux qui s’y appliquent font abandonnez de„ Dieu. Cependant la plûpart des Chrétiens ne font„ nulle difficulté de prêter l’oreille à ces foliés & de„ s’en faire honneur , &. ils n’ont point de honte de,, s’arrêter à cette Superstition ridicule & extravagan-ts te.
S. Cyrille j Patriarche de Jérusalem (d) , parle encette maniéré aux nouveaux baptisez : „ Les Augures,
„ les Divinations , les présages, les préservatifs , les„ brevets écrits fur des feuilles, & les autres pratiques„ superstitieuses & mauvaises , appartiennent au cultes, du Démon. C’est pourquoi évitez soigneusement^ toutes ces choses» Car si vous lès observez après, s avoir, renoncé au Démon , & avoir fait profession„ de la foi de J e s u s-C h r x s t * assurez-vous que„ le Démon vous traitera avec plus de rigueur qu’au-„ paravant.
S. Ambroise assure (e) que ceux qui pratiquent lesaugures & les sortilèges , & qui mettent leur confiancedans le chant des Oiseaux, seront damnez.
Origene , ou Jean de Jérusalem blâme les Auguresen ces termes (f) : „ II y en a qui ajoutent foi à l’ap-,, pel & 3 u rappel, à la rencontre & au chant des Oi-„ seaux , ne sachant pas, les misérables & les defespe-„ rez qu’ils font, que c’est Dieu qui conduit les pas„ de l'homme, & ne pouvant pas dire à Dieu avec les„ Saints: Dressez mes pas dans la voye de vôs precep-tes , afin qu’aucune iniquité ne domine en moi.
,, Car quiconque parlera ainsi au Seigneur avec foi,
„ il accomplira cette parole : Le Seigneur fera dans„ toutes vos voyes , & conduira en paix tous vós pas.
», Mais celui qui s’adonnera à la vanité des augures,
„ fera troublé dans ses démarches.
S. Gaudence (g) , Evêque de Bresse , déclaré queles Augures Jont des especes d’Idolâtrie.
Le 4. Concile de Carthage (h) en 3 98. excommu-nie ceux qui s’appliquent aux Augures & aux Enchan-tent ens.
S. Augustin (/) met les Livres des Aruspices 8cceux des Augures au nombre des Superstitions, & despactes que l’on fait avec les Démons.
II y a parmi les Oeuvres de ce saint Docteur un Ser-mon intitulé des Augures (k) , que S. Boniface , Ar-chevêque de Mayence lui attribue, & qui combat for-tement la vanité des Augures, des Sortilèges, des En-chantemens, 8c de quelques autres Superstitions. C’estle 241 du Temps.
Le Concile de Vannes (/) en 46t. & le Conciled’Agde {m) en 506. veulent que l’on tienne pour ex-
W L. 8. c. 7. Ne sis augur -, auguratio enim ad cultum Ido-lorum ducit.
(b) Lib. de Idolor. vanit. Horum omnium ratio est ffia quxfallit 8t decipit , & prxstigiis cxcantibús veritatem stultum &prodigum vulgus inducit.
(c) In c. 2. Isa.
communiez les Ecclésiastiques & les Laïques qui pra-tiquent les Augures, & ceux qui les consultent.
Le Concile d’Auxerre O) en 578. dit qu’il n’estpâs permis d’avoir recours aux Sorciers ni aux Augu-res. ; ,
Le Concile de Reims (0) vers l’an 630. ordonne,, qu’on avertisse généralement ceux qui se melent des„ Augures, & que s’ils ne veulent pas se corriger, on,, les mette en penitence.
S, Eloy , Evêque de Noyon , conjure ses peuples„ de ne point observer les Augures, & quand ils se-„ ront en chemin , de ne point prendre gardé aù chant„ de certains Oiseaux (p).
Grégoire II. dans le Capitulasse qu’il donna à l’E-vêque Martinien & au Prêtre Grégoire (cf) en les en-voyant en Bavière , leur enjoint d’enseigner au peuplequ’il ne doit jamais pratiquer les Augures, parce queselon les saintes Lettres i ce font des vanitez & des fo-lies. .
Le venerable Bede, dans les Canons qu’il a compilezpour les remedes des pechez, ordonne (r), que „ ceux„ qui Rappliqueront aux Augures•& aux Divinations,
„ s'ils font Ecclésiastiques, feront penitence trois ans,
,, 8c s’ils font Laïques, deux ans ou un an & demi.
Grégoire III. (s) dans ses Jugemens , ,, soumet,, ceux qui pratiquent les Augures , à une penitence,
,, ou de trois ans, ou de deux ans, ou d’un an, on da„ six mois, selon la qualité de leur crime.
Le Concile de Londres ou de Westminster (t) enn 15. ordonne que „ les Sorciers, les Devins , ceux,, qui Rappliqueront aux Augures, & leurs adherans,
„ seront excommuniez & notez d’ìnfamie perpétuelle.
Le Concile de faïence (v) en 1322. „ défend très-,, expressément à toutes sortes de personnes j sous peine„ d’excommunication , ipst faSìo , de s’arrêter aux Au-„ gures , & de les pratiquer dans là conduite de leur„ vie.
Le 1. Concile Provincial dé Milan (®>) en 1565?exhorte les Evêques „ de punir tous ceux qui dans,, l’entreprise , dans le commencement ou dans le pro-„ grez d’un voyage ou de quelqu’autre affaire , obiér-„ vent la voix des animaux & le chant ou le vol des,, Oiseaux , & en prennent bon augure pour l’heureux„ succez de leurs desseins.
Enfin le Concile Provincial de Narbonne (x) eh1609. „ excommunie , ìpfi faclo , conformément aux„ saints Décréts, ceux qui croyent aux Augures.
Si bien que ceux-là sont véritablement excommuniez »qui s'imaginent qu’il leur arrivera quelque malheur , ouqu’ils recevront quelque fâcheuse nouvelle ; s’ils met-tent leur chemise de travers lé matin , ainsi que parleMartin de Arles dans son Traité des Superstitions ; s’ilsentendent le soir un Chat-huant crier fur le toit de lamaison de leur voisin ; s’ils entendent la nuit le cri d’ti-ne Chauvesouris, d’un Orfraye , ou de quelqu’autreOiseau qu’ils appellent de mauvaise augure : Si en cer-tain temps un Chien vient à clabauder, un Loup à hur-ler , un Chat à miauler, un Coq à chanter, une poulea glosser, un Corbeau à croasser, une Pie ou on Gril-lon a crier. Cependant combien y-a-t’il de gens dansle monde qui ajoutent foi à toutes ces rêveries & *toutes ces impertinences, 8c qui par conséquent sontexcommuniez selon les Conciles, à moins que la bonnefoi, la simplicité, ou l’ignorance ne lés rende en quel-que façon excusables, dans le sens que nous avons pro-posé
(d) Catech. 1. Myftag.
(e) Ser. Qui colunt augures Sc sortilegos, Sc qui confidusttin avium cantibus, damnabuntur.
(f) Tract. Z- in Job.
(g) Tract. 4. de Lect. Exodi.
(h) Can. 89. Auguriis vel incantationibus íèrvientem à conven-tu Eccleiia; separandum.
(J) L. 2. deDostr. Christ, c. 20. Ex quo genere sent, sedqua-si licentiore vanitate, Arufpicum Sc Auguxum libri.
(&) Ep. ad Zachar. Pontif. c. 6.
(ï) Can. 16.
\m) Can. 4.2.
(n) C. 4. Non licet ad Sortilegos vel ad Augures reípicere.
(o) C. 14.
( p ) L. 2. Vit. c. if.
(q) C. 8. Ut Auguria quia juxta divina òracula v ana sent» nonattendenda penitùs doceantur.
(r) Can. ii.
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'«,) Constit. p. 1. Ut. toi
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