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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS»

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Les Constitutions Apostoliques attribuées à S. Clé-ment , ne veulent pas que les Chrétiens se mêlent dê-tre Augures, parce que la science des Augures con-duit à l'Idolâtrie (a).

S. Cyprien (b) montre par plusieurs exemples lavanité des Augures que les Romains observaient , Leajoute que les Démons n ont introduit ces malheureu-ses pratiques que pour imposer à la folle crédulité despeuples Idolâtres.

S. Basile expliquant le passage d'Isaïe que je viensde citer , dit fort à propos : (c) Ne voyez-vous pas combien de maux les Augures entraînent après eux ? Ceux qui sy appliquent font abandonnez de Dieu. Cependant la plûpart des Chrétiens ne font nulle difficulté de prêter loreille à ces foliés & de sen faire honneur , &. ils nont point de honte de,, sarrêter à cette Superstition ridicule & extravagan-ts te.

S. Cyrille j Patriarche de Jérusalem (d) , parle encette maniéré aux nouveaux baptisez : Les Augures,

les Divinations , les présages, les préservatifs , les brevets écrits fur des feuilles, & les autres pratiques superstitieuses & mauvaises , appartiennent au cultes, du Démon. Cest pourquoi évitez soigneusement^ toutes ces choses» Car si vous lès observez après, s avoir, renoncé au Démon , & avoir fait profession de la foi de J e s u s-C h r x s t * assurez-vous que le Démon vous traitera avec plus de rigueur quau- paravant.

S. Ambroise assure (e) que ceux qui pratiquent lesaugures & les sortilèges , & qui mettent leur confiancedans le chant des Oiseaux, seront damnez.

Origene , ou Jean de Jérusalem blâme les Auguresen ces termes (f) : II y en a qui ajoutent foi à lap-,, pel & 3 u rappel, à la rencontre & au chant des Oi- seaux , ne sachant pas, les misérables & les defespe- rez quils font, que cest Dieu qui conduit les pas de l'homme, & ne pouvant pas dire à Dieu avec les Saints: Dressez mes pas dans la voye de vôs precep-tes , afin quaucune iniquité ne domine en moi.

,, Car quiconque parlera ainsi au Seigneur avec foi,

il accomplira cette parole : Le Seigneur fera dans toutes vos voyes , & conduira en paix tous vós pas.

», Mais celui qui sadonnera à la vanité des augures,

fera troublé dans ses démarches.

S. Gaudence (g) , Evêque de Bresse , déclaré queles Augures Jont des especes dIdolâtrie.

Le 4. Concile de Carthage (h) en 3 98. excommu-nie ceux qui sappliquent aux Augures & aux Enchan-tent ens.

S. Augustin (/) met les Livres des Aruspices 8cceux des Augures au nombre des Superstitions, & despactes que lon fait avec les Démons.

II y a parmi les Oeuvres de ce saint Docteur un Ser-mon intitulé des Augures (k) , que S. Boniface , Ar-chevêque de Mayence lui attribue, & qui combat for-tement la vanité des Augures, des Sortilèges, des En-chantemens, 8c de quelques autres Superstitions. Cestle 241 du Temps.

Le Concile de Vannes (/) en 46t. & le ConciledAgde {m) en 506. veulent que lon tienne pour ex-

W L. 8. c. 7. Ne sis augur -, auguratio enim ad cultum Ido-lorum ducit.

(b) Lib. de Idolor. vanit. Horum omnium ratio est ffia quxfallit 8t decipit , & prxstigiis cxcantibús veritatem stultum &prodigum vulgus inducit.

(c) In c. 2. Isa.

communiez les Ecclésiastiques & les Laïques qui pra-tiquent les Augures, & ceux qui les consultent.

Le Concile dAuxerre O) en 578. dit quil nestpâs permis davoir recours aux Sorciers ni aux Augu-res. ; ,

Le Concile de Reims (0) vers lan 630. ordonne,, quon avertisse généralement ceux qui se melent des Augures, & que sils ne veulent pas se corriger, on,, les mette en penitence.

S, Eloy , Evêque de Noyon , conjure ses peuples de ne point observer les Augures, & quand ils se- ront en chemin , de ne point prendre gardé chant de certains Oiseaux (p).

Grégoire II. dans le Capitulasse quil donna à lE-vêque Martinien & au Prêtre Grégoire (cf) en les en-voyant en Bavière , leur enjoint denseigner au peuplequil ne doit jamais pratiquer les Augures, parce queselon les saintes Lettres i ce font des vanitez & des fo-lies. .

Le venerable Bede, dans les Canons quil a compilezpour les remedes des pechez, ordonne (r), que ceux qui Rappliqueront aux Augures& aux Divinations,

s'ils font Ecclésiastiques, feront penitence trois ans,

,, 8c sils font Laïques, deux ans ou un an & demi.

Grégoire III. (s) dans ses Jugemens , ,, soumet,, ceux qui pratiquent les Augures , à une penitence,

,, ou de trois ans, ou de deux ans, ou dun an, on da six mois, selon la qualité de leur crime.

Le Concile de Londres ou de Westminster (t) enn 15. ordonne que les Sorciers, les Devins , ceux,, qui Rappliqueront aux Augures, & leurs adherans,

seront excommuniez & notez dìnfamie perpétuelle.

Le Concile de faïence (v) en 1322. défend très-,, expressément à toutes sortes de personnes j sous peine dexcommunication , ipst faSìo , de sarrêter aux Au- gures , & de les pratiquer dans conduite de leur vie.

Le 1. Concile Provincial Milan (®>) en 1565?exhorte les Evêques de punir tous ceux qui dans,, lentreprise , dans le commencement ou dans le pro- grez dun voyage ou de quelquautre affaire , obiér- vent la voix des animaux & le chant ou le vol des,, Oiseaux , & en prennent bon augure pour lheureux succez de leurs desseins.

Enfin le Concile Provincial de Narbonne (x) eh1609. excommunie , ìpfi faclo , conformément aux saints Décréts, ceux qui croyent aux Augures.

Si bien que ceux- sont véritablement excommuniez »qui s'imaginent quil leur arrivera quelque malheur , ouquils recevront quelque fâcheuse nouvelle ; sils met-tent leur chemise de travers matin , ainsi que parleMartin de Arles dans son Traité des Superstitions ; silsentendent le soir un Chat-huant crier fur le toit de lamaison de leur voisin ; sils entendent la nuit le cri dti-ne Chauvesouris, dun Orfraye , ou de quelquautreOiseau quils appellent de mauvaise augure : Si en cer-tain temps un Chien vient à clabauder, un Loup à hur-ler , un Chat à miauler, un Coq à chanter, une poulea glosser, un Corbeau à croasser, une Pie ou on Gril-lon a crier. Cependant combien y-a-til de gens dansle monde qui ajoutent foi à toutes ces rêveries & *toutes ces impertinences, 8c qui par conséquent sontexcommuniez selon les Conciles, à moins que la bonnefoi, la simplicité, ou lignorance ne lés rende en quel-que façon excusables, dans le sens que nous avons pro-posé

(d) Catech. 1. Myftag.

(e) Ser. Qui colunt augures Sc sortilegos, Sc qui confidusttin avium cantibus, damnabuntur.

(f) Tract. Z- in Job.

(g) Tract. 4. de Lect. Exodi.

(h) Can. 89. Auguriis vel incantationibus íèrvientem à conven-tu Eccleiia; separandum.

(J) L. 2. deDostr. Christ, c. 20. Ex quo genere sent, sedqua-si licentiore vanitate, Arufpicum Sc Auguxum libri.

(&) Ep. ad Zachar. Pontif. c. 6.

(ï) Can. 16.

\m) Can. 4.2.

(n) C. 4. Non licet ad Sortilegos vel ad Augures reípicere.

(o) C. 14.

( p ) L. 2. Vit. c. if.

(q) C. 8. Ut Auguria quia juxta divina òracula v ana sent» nonattendenda penitùs doceantur.

(r) Can. ii.

{V) 2.4- i

'«,) Constit. p. 1. Ut. toi

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