DES SUPER
ce que l’on rencontre, ni aux voix que l’on entend, niau chant des oiseaux, ni a ce que les autres portent, par-ce que ceux qui observent ces choses, font Payens enpartie.
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ses pas, ses actions, fa conduite & fa vie, fur desévenemens & fur des rencontres qui n’ont point decause certaine , qui ne dépendent que du hazard , &à quoi on peut donner également une bonne ou une
Jean de Sarisberi Evêque de Chartres raporte (a) une mauvaise signification? N’est-ce pas ce qui paraît vi-tres-grande quantité de ces fortes de Superstitions aus- siblement par ce que Pierre de Blois (b) raporte dequelles les Courtisans conte qui il écrivoit, ajoûtoient S. Marc, de Jule-Cesar & de Guillaume le Conque-
ai d’Angleterre? „ S. Marc l’Evangeliste, dit-
foi ; & st déclaré , „ que l’homme doit se tenir bien,, plus fort & bien plus asseuré contre les dangers, .s’il,, porte la foi de la Croix dans son cœur, la justice de„ la foi dans fa tête, & s’il imprime fur son front le,, signe salutaire de la Croix avec une main pure & in-„ nocente, pensant toujours à celui qui a dit à ses fer-,, vìteurs : {b) N’apprehendez point les signes du Ciel,, que les Gentils appréhendent si fort, parce que je„ demeure avec vous, moi qui fuis vôtre Seigneur &„ vôtre Dieu”. (O Puis il finit en disant: Que le nombrede ces vanitez est infini, & qu’ilne croit pas que ceuxqui s ’y arrestent, puissent être sauvez par le salut même.
Pierre de Blois Archidiacre de Batth a escrit une Let-tre exprès à un de ses amis fur ce sujet : dans laquelle illui parle de la sorte: (d) „ Le Démon jette souvent des„ illusions phantastiques dans l’esprit des hommes. Il„ leur fait esperer la connoissance de l’avenir, tantôt par„ le vol des oiseaux , tantôt par la rencontre de certai-„ nés personnes , tantôt par des bêtes, tantôt par des,, songes , & tantôt par d’autres moyens ; & en leur„ promettant des succès heureux ou malheureux, iltrou-„ ble le repos de leurs âmes par une vaine curiosité ,„ il leur fait perdre quelque chose de la sincérité & dela pureté de leur foi.C'est pourquoi, mon tres-
sant Roi
„ il , allant prêcher l’Evangile à Alexandrie (t) rom-,, pit son soulier en sortant du vaisseau , ensuite dequoi il rendit grâces à Dieu & asseura que sonvoyage seroit heureux. Juîes-Cesar , qui ne s’étoitjamais arresté aux Superstitions ni aux augures , al-lant à la conqueste de l'Afrique; tomba au sortirde son Vaisseau, & expliquant ce présagé en bonne,, part. Je te tiens, dit-il , ô Afrique, ce qui arriva„ en esset. Si-tôt que Guillaume le Conquérant R.oi„ d’Angleterre (k) eut mis pied a terre dans ceRoyau-„ me, son cheval qu’il voulut pousser , tomba sous„ lui & le renversa par terre, & alors il dit: la ter-„ re est à moi ; & effectivement il s’en rendit le„ maître ”. Car ne faut il pas avouer que des gensqui auroient eu plus de foi pour les rencontres super-stitieuses , que S. Marc, Jules-Cefàr & Guillaume leConquérant, n’eussent pas manqué de donner une au-tre explication à ces trois évenemens, que celle qu’ilsleur donnerent ?
C’est donc une grande misere, & une illusion bienpitoyable que de s’appliquer à ces vanitez & de se figu-rer que quand on va à la chasse on sera heureux, si l’onrencontre une femme débauchée , ou si l’on s’entretient
cher ami, ne vous arrêtez point aux songes, & don- de choses deshonêtes, ou que l'on pense à des femmes’’ n ez vous bien de garde de tomber dans l’erreur de débauchées & qu’au contraire Ton y fera malheureux 1^ ceux qui appréhendent la rencontre d’un lièvre : qui Ton rencontre un Moine.
„ sont saisis d’horreur lorsqu’ils trouvent dans leur che- Qu’afin de sçavoir en <
„ min une femme échevellée, un aveugle , un boiteux„ ou un moine ; qui se flattent qu’ils recevront une vi-site joyeuse , quand ils ont rencontré un loup ou un,, pigeon, un bossu ou un lépreux; quand ils ont veu„ voler de gauche à droite un oiseau de saint Martin,„ & quand en sortant de leur logis ils ont entendu le3, tonnerre de loin.
Le 1. Concile Provincial de Milan en 1565. (e) or-donne aux Evêques „ de punir ceux qui dans l’entre-,, prise, dans le commencement, ou dans le progrès d’un„ voyage ou de quelqu’autre affaire, observent la ren-„ contre des hommes ou celle des bêtes.
Le Concile Provincial de Bourdeaux en 1585. (/)
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quel grain Tannée fera fertile ilfaut, le sair avant que de se coucher, netoyer son foyer,& le lendemain matin on y trouvera quelque grain deblé, d’orge, ou autre.
Que c’est un mauvais présagé, quand le matin en selevant on voit un banc renversé , & quand quelqu’uncrache dans le feu ; qu'un couteau donné pour prefent-àun ami rompt T amitié qui est entre celui qui le donne &celui qui le reçoit.
Qu’il nous arrivera du malheur , si le matin nousrencontrons dans nôtte chemin un Prêtre, un Moine ,une fille , un lievre, un serpent, un lézard, un cerf,un chevreuil ou un sanglier ; si étant à table Ton ren-, , -j , verse la salière , Ton fait tomber du sel devant nous,enjoint aux Curez „ de reprendre ceux qui à cause de ou que Ton répande du vin sur nos chausses; si unbu-„ la rencontre de certains animaux ou de certaines per- tor vole la nuit par dessus nôtre tête; si nous saignons„ sonnes , ne Continuent pas les ouvrages qu’ils ont de la narine gauche ; si avant le disner nous rencontrons„ commencez. une femme grosso ; si en sortant du logis nous bron-
Les Statuts Synodaux d’Agen confirmez en 1673. chons; fi nous chauffons le pied droit le premier; si en(g ) déclarent qtle c’est „ un reste du Paganisme & de chemin faisant nous trouvons Certain nOmbre de pies,„ í’Idolatrie , une invention du Démon , en un mot ou d’autres oiseaux à nôtre gauche.
3, une Superstition, que de s’imaginer que la rencon-,, tre de certaines personnes ou animaux, soit heureu-3, se ou malheureuse.
En effet, si une chose est superstitieuse, si elle suppo-se un pacte tacite avec le Démon, lors qu’elle se fait aveccertaines conditions vaines & inutiles, que Ton croit néan-moins nécessaires pour obtenir l’effet que Ton fe promet,ainsi que nous l’avons montré ; quoi de plus vain, de plusinutile, de plus frivole, de plus ridicule, que de régler
0») L. 1 . Polycrat. c. ulti.
(i) jerem. is. (
(c) Hxc sunt quibus totam vigilastiam suana victeas accommo-dare quamplurimos.
Cetera de genere boc adeo sunt multa , hquacemUt lajfare qtteant Submm.
Qqibus quaecumque domus ìûstiterit, eam nec ab ipsa íàlute arbi-trer pofíè íàlvari.
(<!) Epìst. 6y.
(e) Conflit, p. 1. Tit, ao.
(/) Tit. 7.
(i) Tit. ZA.
gauche.
Qu’il nous arrivera du bonheur, si nous rencontronsle matin une femme ou une fille débauchée, ou qui mar-che la reste nue , un loup, une cigale, une chevre, ouun crapaut.
Que pour sçavoir si un malade mourra de la maladiedont il est travaillé, il n’y a qu’à lui mettre du sel dansla main , & que íî le sel fond, c’est une marque qu’ilen mourra j mais que s’il ne fond pas, c’est un signequ’il n’en mourra pas. '
Que pour connoître entre trois ou quatre personnescelle qui nous aiihe le plus, il faut prendre trois ou qua-tre têtes de chardons , en couper les pointes, donner àchaque chardon le nom de chacune de ces trois oude ces quatre personnes, & les mettre ensuite fous lechevet de nôtre lit ; & que celui des chardons qui mar-quera la personne qui aura le plus d’amitié pour nous,
pous-sé) Epist. 6 s.
(i) Sim. Metaphr. In Vît. 8. Marci, tom, i Surii.
(fe) Matth. Paiis ad an. 1066. Cnyghton 1 . z. deeventib. Angl.c. Polydor. Virgil. 1 . s. Histor. Anglic,
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