DES SUPER
ìes choses suturés qui dépendent de 1- liberté des hom-mes. Voici ce que l’Ecriture sainte, quelques Conci-les & quelques Auteurs Ecclésiastiques disent des uns& des autres..
Dans le Levitique (d) & dans le Deuteíonome (b)
Dieu défend à son peuple d’observer les augures & lessonges : Le Sage déclaré que les songes font suivis' dequantité de chagrins (c) : Et l’Ecclesiastique âíTeure,
(d) qu’ils ont fait tomber quantité de personnes dansl’erreur : Quelle seureté y a-t-il aprés cela de s’y fier ?
S. Cyrille de Jérusalem nous apprend que (e) „ ces, que font certains gens trompés par les songes & par„ les Démons , afin de pouvoir obtenir la santé du„ corps, regarde le culte des Idoles.
(/) S. Grégoire le Grand montre par le témoignagede l’Ecriture sainte, que les songes sont détestables,quand ils font joints aux augures 8c à la divination,c’est-à-dire quand on les employé pour deviner (g):
Grégoire II. dans son Capitulaire veut ( h ) „ qu’on,, apprenne au peuple qu’ils ne doivent point observer„ les songes, parce qu’ils ne sont que vanité, selon les„ divins Oracles de l’Ecriture.
Le 6. Concile de Paris en 829. dit (i) „ Que les,, conjectures que l’on tire des songes, sont des maux„ très-pernicieux & des restes du Paganisme.
Jean de Sarisbery Evêque de Chartres témoigne (kj)que ceux qui observent les songes, s’éloignent de la vé-rité, & qu’ils perdent la foi & la raison tout ensemble :
Pierre de Blois dit qu’il n’y a point de songe qui l’o-blige d’ajoûter foi aux songes (7) : Et il conseille à unde ses intimes amis de ne s’y point arrester.
Le 1. Concile Provincial de Milan en 1565. sm) or-donne aux Evêques „ de chastier & d’ex terminer tous„ ceux qui se meflent de deviner par les songes.
Les Statuts Synodaux d’Agen confirmez en 167;.
(«) enjoignent „ aux Archiprestres & aux Curez de„ representer aux peuples que la créance aux songes„ est une Superstition , un reste du Paganisme & de,, l’Idolâtrie, 8c une invention du Démon.
C'est donc une Superstition , un reste du Paganisme& de l’Idolâtrie, Lc une invention du Démon, que deprendre les songes pour réglé de fa vie & de fa conduite ;Que de faire ou de ne pas faire certaines choses que l'onest obligé de faire ou de ne pas faire , parce qu’on a eucertains longes ; Que de croire que par lés songes onpourra connoître des choses qui ne se peuvent humaine-ment connoître; comme par exemple, quel mari , ouquelle femme l'on aura; Que de fe persuader que les son-ges represcntent les choses qui sont arrivées ou qui doi-vent arriver, encore qu’on ne les en puisse pas naturel-lement inférer ; (0) Que d’être dans la pensée, que sien rêvant on passe un pont rompu , c’est un présage de
(a) C. 19.
(b) C. 18.
Non augurabìmìnì > nec observâbìùs somma.
Non inveniatur ïn ?e qui observa somnìa.
(c) Eccles. f.
Multai curassequuntur somma.
(<0 34-
Multos errare feceruntsomnìa. '
( e ) Catech. 1. mystag.
(/) Eccles. s- Levit. 19. & Eccleíìast. z;I{g) L. 8. Moral, m Joli , c. 13. Somnìa nisi plerumque abocculto boste per illusionem fièrent , nequaquam hoc vir íàpiensìndicaret dicens: Multos errare fecerunt somnìa 8c illufiones van*.Vel certè , Non augurabìmìnì, nec obíèrvabitis somnìa.jQuibusprofectò verbis cujus sint detestationis ostenditur , qua* augnriisconiunmintur.
(h) C. 8.
(ï) L. 3. c..2.
(fe) L. 2. Polycrat. c. 17. Quìsquisíbmniorum íèquitur vanita-tem, parum in lege Dei vigilans est: Et dum stdeì facit dispen-dium, perniciosiffimè dormit. Veritas siquidem ab eo longé fac-ta est. Qaisquis credulitatem. suam llgnificationibus alligat somnio-rum, planum est quod tam a sinceritate fidei, quàm à tramîte ra-tionis exorbitat.
(Q Epist. 6y. Ut fidem habeam somniis ? nulla somnìa me in-ducent..Idem, Somnìa igiturne cures, amice chariísime.
(m) Conftìt. p. 1. Tit. 10.
(») Tit. 39.
(-) Mizauld. cent. 6 . n. pi
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danger ; que si l’on perd ses cheveux, cela signifie quequelques-uns de nos amis font morts ; que si on lavéses mains, c’est signe d’ennui 8c de chagrin; que si onles voit salles, c’est une marque qu’il nous arrivera quel- 1que perte ou que nous serons en quelque danger ; quesi notis gardons des troupeaux dé moutons, nous au-rons dé la douleur ; Le que si nous prenons des mou-ches , ou nous fera quelque injure. Enfin que de s’i-maginer que quelqu’un de nos proches parens est mort,ou qu’il mourra bien-tôt, lorsque nous avòns songé lanuit qu’il nous étòit tombé une dent; Que c’est signede bonheur quand Un Moine songe qu’on lui raze látête i comme au contraire que c’est un signe de mal-heur quand une personne mariée songé que la mêmechose lui arrive ; que l’on fera mis en prison si l’on ásongé que l’on étòit chargé de liens & de chaînes ; quel’on deviendra aveugle, si l’on songe que l’on n’estéclairé que de lâ lumieré de la Lune ; Et que l'on feracondamné à être exposé aux bêtes féroces , ou que l’onsera dévoré par un ours, si l’on songe qu’au lieu démains on a des partes d’ours.
II se trouve une infinité de pareils exemples dans lesLivres d’Artemidore , & dans ceux que l’on attribuefaussement à Abraham, à Salomon , (p) & au Prophè-te Daniel.
CHAPITRE VI.
Dc la ‘Divination qui se fait par le sortsQu’il y a de trois sortes de Sorts ; le 1. dedivifion ou de partage -, le 2 . de consulta -t ion ; & le 5. de divination. Que le s deuxpremiers font permis avec certaines condi-tions. §pue le dernier est presque toujoursun péché mortes Ó 1 que c'estpour cela qu'il'est condamné par les Conciles & par les*Peres , aujst bien que les Sortilèges & lesSorciers.
P U 1 s qju e l’Eglise né condamne pas absolumentl’usage des Sorts, & qu’il y en a qu’elle approuve,comme il y en a qu’elle rejette, il est nécessaire de biendistinguer ceux dont on peut legitimement se servir,d’avec ceux qui sont illicites.
S.Thomas (^), Denys le Chartreux (r), le CardinalCajetan (r), & les autres Scholastiques, distinguent or-dinairement de trois sortes de Sorts. Ils appellent le pre-mier un Sort de partage ou de division , Sors dìvisorìa ,le second un Sort de consultation, Sors confultatoria , &le troisième un Sort de divination, Sors divinatoria. Lepremier se pratique pour connoître ce qui doit écheoiren partage à une ou plusieurs personnes, soit qu’il s’a-gisse d’un héritage ou d’une Charge, d’une peine oua une récompense, de faire ou de souffrir quelque cho-se. Le second , pour sçavoir ce qu’il saut faire en cer-taines occasions & en certaines circonstances. Et le troi-sième » pour découvrir les choses à venir & éloignéesde la capacité naturelle des hommes.
Le Sort de partage ou de division est permis, pour-vu que ces trois conditions s’y rencontrent.
1. Pourvu qu’il ne s’y faste rien contre la justice. Carpar exemple , il ne seroit pas permis à quatre personnesde jetter au Sort une chose qui n’appartiendroit qu’à und’eux , ou qui leur appartenant, appartiendrait aussi 1d’autres qu’à eux.
2 . Pourvu qu’il n’y ait rien contre le bien public, com-me si des personnes incapables d’exercer une charge jet—toient au fort à qui l’auroit.
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(/>) Cap. non observetis, q. 7.
(q) 2. 2. q. 97. a . 8. i n Corp.
(r) Ltb. contra vitra Superst. art. 1 l,
(j) In cit, loc. 8. Tho. 8c in Sum.
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