DES SUPERSTITIONS.
4 9
tager ensemble, se servent du Sort pour le bien de lapaix, & pour ôter toutes les contestations qui pour-roient naître , lors principalement qu'ils n’ont pas d’au-tre moyen de s’accorder les uns avec les autres. Car TE-crìture remarque que le Sort appaisc les contradictions &les disputes , & qu’il réglé les differens des plus puis-sans (4) :
Le Sort de consultation est un péché mortel, quandceux qui s’en fervent, attendent du Démon la résolu-tion de ce qu'ils ont à faire ; mais quand ils ne l’atten-dent que de Dieu, ils ne s’engagent à aucun péché.
gnages qui condamnent en particulier le Sortilège & lesSorciers.
Le Concile de Valence en Dauphine, de Tannée (h)Iiq8. veut que l’on livre entre les mains des Evêques,ceux qui font profession de sortilège, (fr que s"ils ne veulentfe corriger âpres avoir été avertis de le faire , on les re-tienne en prison , ou qu'on les pnnijfe de telle maniéré queles Evêques le jugeront à propos.
Le Cardinal Campege dans la reformation qu’il fit duClergé d’Allemagne (/) en 1524. ordonne que les ClercsSorciers feront notés d’infamie par leurs Supérieurs, & que
C’est en ce, sens qu’il est dit dans" les Proverbes, que le fi Apres avoir été avertis, Us ne renoncent a cet art diabo-Sort est jette dans le sein , mais que c’est le Seigneur lique, on les fìtjpendra de leurs fonélions , on les renferme-qui le gouverne (b). II faut néanmoins que le Sort ait ra dans des Aíonafieres , (fi on les privera de leurs Offices
trois conditions pour être exempt de péché. (fi de leurs Benefices.
Lapremiere, il doit y avoir nécessité dele pratiquer ; Le Concile Provincial de Bourges (f) en t5z8.cn-car fans cela ce feroit tenter Dieu, & negliger les mo- joint aux Curez fous des peines arbitraires, de reveler ayens humains qu’il nous présenté , pour nous détermi- VEvêque ou d son grand Ficaire , les Sorciers qu’ils con-
ner à faire, ou à ne pas faire quelque chose. -. naissent dans leurs Paroisses.
La seconde : il doit se pratiquer avec respect , parce Le Concile Provincial de Narbonne (/) en x 5 51. dit"’ ' 1 ^ ' "" que les Evêques doivent avoir un foin particulier, que^ les
sortilèges (fr les autres tromperies du Démon , ne gâtentleurs Diocèses.
Le Synode de Chartres en 1559. ordonne aux Cu-rez d avertir leurs Paroissiens que c'efi un tres-grand pe-ces Hommes divins, qui ne se servirent du Sort, qu'a- ché que de fe servir des sortilèges (fr du conseil des Sor -prés avoir assemblé les Fideles, & avoir fait des Prières ciers, pour retrouver les ebofes perdues.
publiques à, Dieu , afìn qu’il lui plust de leur découvrir Le Pape Sixte V. dans ía Bulle, Cœli (fi terra , don-celui qu’il choifissoit pour prendre la place de Judas ne pouvoir aux Inquisiteurs de la Foi Catholique, dedans T Épiscopat : punir ceux qui fe méfient de sortilèges.
La troisième, ceux qui s’en servent doivent en éloi- Le Concile Provincial de Toulouze (m) en 1590
. . . l k —r— 9 r-
qu’on ne doit jamais Rapprocher de Dieu, ni le consul-ter autrement. C’est pourquoi le venerable Bede (c) ,dit, que quand on est obligé de consulter Dieu par leSort, ainsi qu’ont fait les Apôtres dans sélection de S.Matthias, on doit se souvenir d’imiter la conduite de
gner toutes fortes de Superstitions, & n’abufer en aucu-ne maniéré des paroles de l’Ecriture Sainte. On prati-quoit autrefois assez communément les Sorts d’Home-re, ceux de Virgile, & ceux de Musée, en ouvrant lesLivres de ces trois Poètes, & en s’arrestant au premierVers qui se présentoir à l’ouverture. Spartien {d) rap-porte que T Empereur Adrien fe fervoit de ceux de Vir-gile, & Hérodote (e) parle de ceux de Musée. Maisaprés qu’on eut quité ces Sorts, quelques Fideles mi-rent en usage ceux des saintes Lettres, & les appelìerent
J , n . r a /t « • * -
veut que l'on punisse rigoureusement selon les Canons deP Eglise , tous les Sorciers, fioìt Ecclésiastiques, soit Laï-ques, (fr q He l ° n avertisse souvent les peuples de ne se passervir de leur art.
De Solminiac Evêque de Cahors dans ses Statuts Sy-nodaux (n) , enjoint aux Re Sieur s de ion Diocèse, dtdénoncer pour excommuniés à leurs Profiles , non feule - .ment les Sorciers , mais aujfi tous ceux qui ont recours àeux.
Mais quoique la condamnation des Sortilèges & des
x Sorts des Apofires, & les Sorts des Saints. Cependant Sorciers, emporte avec foi celle du Sort, le Sortnelais-• Augustin (/) improuve cet usage , & ne veut pas fe pas néanmoins d’être encore expressément condamné<luon employé les paroles sacrées de T Ecriture en jettant par les Conciles & par les Peres.
S. Gaudence Evêque de Bresse (0) , déclaré qu’il faitpartie de T Idolâtrie:
Le Pape Gelase dans un Concile de Home, condam-ne le Livre intitulé, Les Sorts des apôtres , parce qu’iltraitoit des Sorts & des Sortilèges, Lc il le met au rangdes Livres apocryphes (pj :
Le Concile d’Auxerre (q) en 578. dit qu’il n'estpas permis d'avoir recours aux Sorciers , ni aux Sortsqu’on appelle des Saints , ni à ceux que Ton fait avec dixbois ou avec du pain :
Théodore , Archevêque de Cantorbery dans son
au Sort ; quoiqu’il avoue que ce ne soit pas un si grandpéché que de consulter les Démons.
Enfin, le Sort de Divination de quelque maniéré, &avec quelques instrumens qu’il se pratique, est presquetoujours un péché mortel de foi, parce qu’il suppose
presque toûjours un pacte tacite ou exprès avec le De-jaonfg).
C’est de ce Sort à proprement parler, que font venusles mots de Sorcier & de Sortilège ; quoique Ton appelleordinairement un Magicien , un Sorcier , 8c que nousdonnions le nom de Magie au Sortilège. De forte que
w W » - . x % d
selon nôtre commune maniéré de parler , le Sortilège Penitentiel (r) , impose une penitence de quarante jours,étant la même chose que la Magie, & les Sorciers étant à ceux qui fe seront servis du Sort , soit dans des Ta-
appellez Magiciens ; tout ce que nous avons dit contre blettes , soit dans des Livres, soit dans d’autres cho-la Magie & contre les Magiciens dans le chapitre 14. ses, pour découvrir les larcins : Et il excommuniefait egalement contre le Sortilège & contre les Sorciers.
On peut néanmoins y ajouter encore quelques témoi-
(«) Prov; 18. Contradictiones comprimit sors, Le inter paten-tes quoque dijudicat.
(b) Sortes mittuntur ul sinum, sed à Domino temperantur. Ibid.
(4 In c. 1, AÊtor. Si qui tamen neceffitate aliqua compulfíDeum consultant sortibus, exemplo Apostolorum, videant hoc ipsosApostolos non mst costecto fratrum cœtu St precibus ad Deum. fu-ììs egifle.
(d) In ALlio Adriano.
(e) Lib. 7. in Polyh.
(/) Epist. 119. ad Januar. c. 2.0. Hi qui de paginis Evangeli-ris Sortes legunt , dit-il , optandum est ut hoc potiûs faciantquàm ut ad dsemonia coníùlenda concurrant, tamen etiam ista mi-ni displicet coïisuetudo, ad negotia fecukria, & ad vitre hujusva-nitatem propter aliam vitam loquentia oracula divina veste conyer-tere.
(g) ln Sum. V. Sors. Sors divinatoria, dit le Cardinal Cajetan,damnataest, utpote dœmonum societati innixa, Sc propterea pec-çatum est mortale ex suo généré.
ceux
qui pratiquent les Augures & les Sorts des Saints ; or-donnant néanmoins qu’en cas qu’ils reconnoissent leursfautes, on les mette trois ans en penitence s’ils font Ec-
cle-
(h) c. iii
(0 L. ZI.
(k) Decret. i.
(/) Can. 57.
(m) Part. 4. cap. x. num. a.
(») C. 16.
(o) Tract. 4. de Lect. Exodi. Partes Idoloîatri* sont augurïa,sortes.
(p) Can. Sancta Rom. dist. 15. Liber qui appellatur , Sortes A-postolorum, Apocryphus.
(q) Can. 4. Non licet ad Sortilegos, nec ad sortes quas Sanóto-rum vocant, vel quas de ligna aut de pane faciunt, asoiçere : ledquaecumque homo facere vult, omnia innomine Dei faciat-
(r) Cap. in Tabulis 1 . y. Docretal, tit. 21. In tabulis , vel codi-cibus, aut aliis, forte furta non sont requirenda. Qui contra réce-nt quadraginta dies pœniteat.
N