des superstitions.
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„ sommes teîs , dit-il , le reste de nôtre vie que nous„ nous trouvons au point de nôtre naissance , à quoi„ bon travailler à regler nos mœurs & nôtre conduite„ & à devenir meilleurs ? Si nôtre naissance nousimpo-„ se une nécessité d’agir , nous ne pouvons ni louer les„ gens de bien , ni blâmer les impies, & c’est en vain„ que Dieu a promis des récompenses aux bons & des„. supplices aux méchans. Si on ne donne rien ni aux„ mœurs , ni à 1* éducation , ni aux inclinations parti-„ culieres des hommes, ne les dépouille-t-on pas en„ quelque façon d’eux-mêmes ” ? Il pousse encore ceraisonnement plus loin , & il entre tellement dans la. , . pensée de S. Basile , qu'il se sert des mêmes comparai-
ter , ni démériter, & que nos actions ne sont dignes sons, & presque des mêmes termes que lui.ni de louange , ni de blâme. 2. Que nôtre foy, S. Augustin qni s’étoit appliqué pendant fa jeunesse
" ' à l'Astrologie judiciaire, la condamne en divers endroits
de ses Ouvrages. „ II y avoit à Milan , dit-il dansses Confessions (g) , un Médecin fort expert & degrand crédit. Ses discours fans fard , pleins de vi-gueur & de sentences, m’avoient rendu fa conversa-
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Julien dans la Loy nemo (a) , défendent de consulterles Astrologues , les Aruspices & les Devins , à peinede la vie : Honorius & Theodose (6) veulent que lesAstrologues soient bannis non seulement de Rome,mais aussi de toutes les autres villes , & que s'ils neviennent à résipiscence , & n’abandonnent leurs erreurs,on les transporte drus les Pais éloignez , pour y finirleurs jours.
Origene rapporté par Busebe (c) , fait voir les dan-gereuses conséquences de l’opinion des Astrologues , &dit fort nettement, que si les Astres ont quelque pou-voir fur nôtre volonté , il s’ensuit, „ 1. Que nous nesommes pas libres , que nous ne pouvons ni meri-
„ que la venuë de J e s u s-C h r ï s t , que tous les„ travaux des Prophètes, que toutes les Prédications„ des Apôtres font inutiles. ;. Qu’on ne peut pas„ avec justice nous imputer les plus grands crimes,
„ puisque nous y tombons par la dure nécessité que„ Dieu nous impose. 4. Qu’il est inutile de prier,
,, de faire des vœux, & de demander à Dieu le secours„ de ses grâces ". Il explique ensuite comment lesEtoiles sont des Signes, ainsi qu’il est porté au premierchapitre de la Genefe : Et pnt in figna ; & il concludqu’elles ne font pas la cause des choses humaines.
S. Basile réfuté les Astrologues par les Astrologuesmêmes , & montre d’une maniéré tres-claire , combienleurs Observations sont extravagantes, & particulière-ment celles qu’ils font fur le point de la naissance deshommes, afin de juger par là de leur bonne, ou de leurmauvaise fortune: ,, Non seulement, dit-il (d), ceux-„ là sont extremement ridicules, qui Rappliquent à cet,, art qui ne subsiste que dans l’imagination de ceux„ qui en font profession : mais aussi ceux qui leur ajou-,» tenì foi, comme s’ils pouvoient leur prédire ce qui,, leur doit arriver. r stmw tt yímvo uusuysÁuqÓTzpovl,„ Leurs maximes font semblables aux toiles des arai-„ gnées, où les moucherons & quelques autres petits„ animaux se prennent , mais que les plus gros & lesj-, plus forts rompent facilement. Leurs discours fontremplis de folie , mais encore plus d’impieté. Car
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tion si agréable , qu’elle m’étoit ordinaire. Commeil eut reconnu de mon entretien que je lisois avecbeaucoup de curiosité les Livres de ceux qui font les,Horoscopes-, il m’avertit avec une affection de pere,de laisser cette etude, & de ne pas employer montemps & mes soins à ces bagatelles, en pouvant userutilement en des choses plus importantes & plus né-cessaires. II m’ajouta qu’étant jeune il avoit tant es-timé cet art, qu’il l’avoit appris pour en faire profes-sion. Mais que depuis il n’avoit point eu d’autre„ motif de s’adonner entierement à 1 a Medecine, en„ quittant ces vaines curiositez , sinon qu’il les avoit,, reconnues très-fausses, & qu’il jugeoit cette pratique„ infâme , de gagner fa vie parmi les hommes , en les„ trompant. Voilà , mon Dieu ! ce que j'appris de„ lui , ou de vous par son entremise , jusqu’à ce que„ de moi-même je pusse connoître la vérité, à la fa«„ veur des lumières que vous aviez mises dans mon„ ame.
Il témoigne dans le second Livre de la Doctrine Chré-tienne (h) , que c’est une pernicieuse Superstition que. . L L de dire la bonne-aventure par l’inspection des Etoiles;
” 1 ~ s . Etoiles sont malfaisantes, le mal qu’elles font que c’est tromper les hommes & les réduire à une mi->> ne oit-il pas etre attribue à leur Créateur ? Quoi de ferable servitude , que de leur prédire ce qu’ils doivent,, p us injuste & de plus déraisonnable que de faire le faire , & ce qui leur doit arriver ; que c’est une gran-„ partage du bien & du mal selon les diverses positions de erreur & une extreme folie que de prétendre deviner„ es divers aspects des Etoiles fous lesquelles les les mœurs (t) , les actions, la bonne ou mauvaise for-„ ommes naiílent . Si le bien 8t le mal que nous fai- tune des hommes par l’observation des Astres qui pre-,, ons , ne font pas en notre liberté, & qu’ils dépen- sident à leur naissance; & que cela ne fe peut faire fans„ dent de la nécessité fatale de nôtre naissance, en vain pacte avec le Démon.
„ l es Législateurs ont prescrit ce qu’il faut faire , & ce„ qu’il faut fuir ; en vain les Juges honorent la vertu„ & punissent le vice. Car si cela est ainsi, les voleurs„ & les meurtriers ne seront coupables d’aucuns crimes,„ parce qu’ils auront été forcez , même contre leur„ gré , de les commettre; &-l’esperance des Chrétiens,, fera ruinée, d’autant que la Justice ne recevra aucuns,» honneurs , & que le vice ne fera point châtié , àcause que les hommes ne feront rien avec liberté. En
Il dit dans le second Livre De la Genefe (ks) ,que la foi de l’Eglife rejette la nécessité fataleque l’Astrologie impose aux hommes , parce que si cet-te nécessité avoit lieu, il ne faudroit plus prier, & l’onpourroit imputer à Dieu, qui est le Créateur des Etoi-les , les plus méchantes actions & les crimes les plusénormes ; ce qui feroit très-impie. II montre ensuitepar l’exemple des enfans jumeaux , combien les réglés
____ ___ de l’Astrologie sont vaines & défectueuses, & il fe sert
s, effet on ne peut rien mériter, lorsqu’on agit par con- du même exemple dans le cinquième Livre de la Cité„ trainte & nécessité. de Dieu (l).
t S. Epiphane (e) rapporte qu’Aquila fut chassé de En *
f Eglise, c’est-à-dire qu’il fut excommunié, parce qu’ilne voulut pas renoncer à l'Astrologie judiciaire.
S. Ambroise employé les mêmes raisons qu’Origeneru/tu p Qur combattre la vanité de cette science,
& S. Basile .. _ _»
& la folie de ceux qui s’y appliquent. „ (/) Si nous
(а) Ibid. Nemo Arufpicem consulat aut Mathematicum , ne-nio Atiolum. Sileat omnibus perpetuò divinandi curiohtas.' Ete-nim supplicia capitis ferietur , gladio ultore prostratus, quicumquejnffis nostris- obsequium denegaverit.
(б) L. Mathèmaticos, Cod. de Episcop. Audient.
(r) Lib. 6. de Prxpar. Evâng. c. 9. His ûtis.demonstratum.esse puto stellas non esse causas húmanarum rerum.
(d) Homil. 6 . ìn Hexaëmer.
(e) Lib. de Ponderib. & Mensur.
(f) Lib. 4. Hexaëmer, cap. 4.
(F) L. 4. c. 3.
(h) C. aï.
(i) C. 2i. Ex ea notatione velle nascentium mores, actus,eventa prasdicere , magmas error Sc magna dementia eft. Quareistse opiniones quibusdam rerum signis humana prxsumptione in-stitutis , ad eadem illa quasi quidam cum daemonibus pacta 8cconveslta referendae sunt.
(k) C. 17. Talibus dispurationibus etiam orandi causas nobísauferre conantur, 8c impia perversitate in malis factis, quse rectis-simè reprehenduntur , ingerunt accusandum potiùs Deum aucto-rem siderum, quàm liommum scelera.
(/) C. i, a, j, 4, f, 6, 7 8c 8. Verùm ut concedamus, dit-il,Mathèmaticos ut debent loqui, non à Philosophis accipere oporteresermonis regulam ad ea prasnuntianda , quse ín siderum positionese reperire putant, quî fit , quoa nihil umquam dicere potigruntctir in vita geminorum , in actionibus , in.eventis, in profeíuo.nibus , aitibus , honoribus, casterisque rébus ad humanam vitam
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