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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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des superstitions.

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sommes teîs , dit-il , le reste de nôtre vie que nous nous trouvons au point de nôtre naissance , à quoi bon travailler à regler nos mœurs & nôtre conduite & à devenir meilleurs ? Si nôtre naissance nousimpo- se une nécessité dagir , nous ne pouvons ni louer les gens de bien , ni blâmer les impies, & cest en vain que Dieu a promis des récompenses aux bons & des. supplices aux méchans. Si on ne donne rien ni aux mœurs , ni à 1* éducation , ni aux inclinations parti- culieres des hommes, ne les dépouille-t-on pas en quelque façon deux-mêmes ? Il pousse encore ceraisonnement plus loin , & il entre tellement dans la. , . pensée de S. Basile , qu'il se sert des mêmes comparai-

ter , ni démériter, & que nos actions ne sont dignes sons, & presque des mêmes termes que lui.ni de louange , ni de blâme. 2. Que nôtre foy, S. Augustin qni sétoit appliqué pendant fa jeunesse

" ' à l'Astrologie judiciaire, la condamne en divers endroits

de ses Ouvrages. II y avoit à Milan , dit-il dansses Confessions (g) , un Médecin fort expert & degrand crédit. Ses discours fans fard , pleins de vi-gueur & de sentences, mavoient rendu fa conversa-

à- -l-l-»11~* í~* ommi

Julien dans la Loy nemo (a) , défendent de consulterles Astrologues , les Aruspices & les Devins , à peinede la vie : Honorius & Theodose (6) veulent que lesAstrologues soient bannis non seulement de Rome,mais aussi de toutes les autres villes , & que s'ils neviennent à résipiscence , & nabandonnent leurs erreurs,on les transporte drus les Pais éloignez , pour y finirleurs jours.

Origene rapporté par Busebe (c) , fait voir les dan-gereuses conséquences de lopinion des Astrologues , &dit fort nettement, que si les Astres ont quelque pou-voir fur nôtre volonté , il sensuit, 1. Que nous nesommes pas libres , que nous ne pouvons ni meri-

que la venuë de J e s u s-C h r ï s t , que tous les travaux des Prophètes, que toutes les Prédications des Apôtres font inutiles. ;. Quon ne peut pas avec justice nous imputer les plus grands crimes,

puisque nous y tombons par la dure nécessité que Dieu nous impose. 4. Quil est inutile de prier,

,, de faire des vœux, & de demander à Dieu le secours de ses grâces ". Il explique ensuite comment lesEtoiles sont des Signes, ainsi quil est porté au premierchapitre de la Genefe : Et pnt in figna ; & il concludquelles ne font pas la cause des choses humaines.

S. Basile réfuté les Astrologues par les Astrologuesmêmes , & montre dune maniéré tres-claire , combienleurs Observations sont extravagantes, & particulière-ment celles quils font fur le point de la naissance deshommes, afin de juger par de leur bonne, ou de leurmauvaise fortune: ,, Non seulement, dit-il (d), ceux- sont extremement ridicules, qui Rappliquent à cet,, art qui ne subsiste que dans limagination de ceux qui en font profession : mais aussi ceux qui leur ajou-,» tenì foi, comme sils pouvoient leur prédire ce qui,, leur doit arriver. r stmw tt yímvo uusuysÁuqÓTzpovl, Leurs maximes font semblables aux toiles des arai- gnées, les moucherons & quelques autres petits animaux se prennent , mais que les plus gros & lesj-, plus forts rompent facilement. Leurs discours fontremplis de folie , mais encore plus dimpieté. Car

»

tion si agréable , quelle métoit ordinaire. Commeil eut reconnu de mon entretien que je lisois avecbeaucoup de curiosité les Livres de ceux qui font les,Horoscopes-, il mavertit avec une affection de pere,de laisser cette etude, & de ne pas employer montemps & mes soins à ces bagatelles, en pouvant userutilement en des choses plus importantes & plus né-cessaires. II majouta quétant jeune il avoit tant es-timé cet art, quil lavoit appris pour en faire profes-sion. Mais que depuis il navoit point eu dautre motif de sadonner entierement à 1 a Medecine, en quittant ces vaines curiositez , sinon quil les avoit,, reconnues très-fausses, & quil jugeoit cette pratique infâme , de gagner fa vie parmi les hommes , en les trompant. Voilà , mon Dieu ! ce que j'appris de lui , ou de vous par son entremise , jusquà ce que de moi-même je pusse connoître la vérité, à la fa« veur des lumières que vous aviez mises dans mon ame.

Il témoigne dans le second Livre de la Doctrine Chré-tienne (h) , que cest une pernicieuse Superstition que. . L L de dire la bonne-aventure par linspection des Etoiles;

1 ~ s . Etoiles sont malfaisantes, le mal quelles font que cest tromper les hommes & les réduire à une mi->> ne oit-il pas etre attribue à leur Créateur ? Quoi de ferable servitude , que de leur prédire ce quils doivent,, p us injuste & de plus déraisonnable que de faire le faire , & ce qui leur doit arriver ; que cest une gran- partage du bien & du mal selon les diverses positions de erreur & une extreme folie que de prétendre deviner es divers aspects des Etoiles fous lesquelles les les mœurs (t) , les actions, la bonne ou mauvaise for- ommes naiílent . Si le bien 8t le mal que nous fai- tune des hommes par lobservation des Astres qui pre-,, ons , ne font pas en notre liberté, & quils dépen- sident à leur naissance; & que cela ne fe peut faire fans dent de la nécessité fatale de nôtre naissance, en vain pacte avec le Démon.

l es Législateurs ont prescrit ce quil faut faire , & ce quil faut fuir ; en vain les Juges honorent la vertu & punissent le vice. Car si cela est ainsi, les voleurs & les meurtriers ne seront coupables daucuns crimes, parce quils auront été forcez , même contre leur gré , de les commettre; &-lesperance des Chrétiens,, fera ruinée, dautant que la Justice ne recevra aucuns,» honneurs , & que le vice ne fera point châtié , àcause que les hommes ne feront rien avec liberté. En

Il dit dans le second Livre De la Genefe (ks) ,que la foi de lEglife rejette la nécessité fataleque lAstrologie impose aux hommes , parce que si cet-te nécessité avoit lieu, il ne faudroit plus prier, & lonpourroit imputer à Dieu, qui est le Créateur des Etoi-les , les plus méchantes actions & les crimes les plusénormes ; ce qui feroit très-impie. II montre ensuitepar lexemple des enfans jumeaux , combien les réglés

____ ___ de lAstrologie sont vaines & défectueuses, & il fe sert

s, effet on ne peut rien mériter, lorsquon agit par con- du même exemple dans le cinquième Livre de la Cité trainte & nécessité. de Dieu (l).

t S. Epiphane (e) rapporte quAquila fut chassé de En *

f Eglise, cest-à-dire quil fut excommunié, parce quilne voulut pas renoncer à l'Astrologie judiciaire.

S. Ambroise employé les mêmes raisons quOrigeneru/tu p Qur combattre la vanité de cette science,

& S. Basile .. _ _»

& la folie de ceux qui sy appliquent. (/) Si nous

(а) Ibid. Nemo Arufpicem consulat aut Mathematicum , ne-nio Atiolum. Sileat omnibus perpetuò divinandi curiohtas.' Ete-nim supplicia capitis ferietur , gladio ultore prostratus, quicumquejnffis nostris- obsequium denegaverit.

(б) L. Mathèmaticos, Cod. de Episcop. Audient.

(r) Lib. 6. de Prxpar. Evâng. c. 9. His ûtis.demonstratum.esse puto stellas non esse causas húmanarum rerum.

(d) Homil. 6 . ìn Hexaëmer.

(e) Lib. de Ponderib. & Mensur.

(f) Lib. 4. Hexaëmer, cap. 4.

(F) L. 4. c. 3.

(h) C..

(i) C. 2i. Ex ea notatione velle nascentium mores, actus,eventa prasdicere , magmas error Sc magna dementia eft. Quareistse opiniones quibusdam rerum signis humana prxsumptione in-stitutis , ad eadem illa quasi quidam cum daemonibus pacta 8cconveslta referendae sunt.

(k) C. 17. Talibus dispurationibus etiam orandi causas nobísauferre conantur, 8c impia perversitate in malis factis, quse rectis-simè reprehenduntur , ingerunt accusandum potiùs Deum aucto-rem siderum, quàm liommum scelera.

(/) C. i, a, j, 4, f, 6, 7 8c 8. Verùm ut concedamus, dit-il,Mathèmaticos ut debent loqui, non à Philosophis accipere oporteresermonis regulam ad ea prasnuntianda , quse ín siderum positionese reperire putant, quî fit , quoa nihil umquam dicere potigruntctir in vita geminorum , in actionibus , in.eventis, in profeíuo.nibus , aitibus , honoribus, casterisque rébus ad humanam vitam

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