DES SUPERSTITIONS.
Enfin dans le Livre des Herestes (a) , il met au rangdes hérétiques les Priscillianistes , parce qu’entre plu-sieurs autres erreurs ils foutenoient celles-ci ; Que leshommes étoient gouvernez par une íatale nécessité queles Astres leur impoíbient : C’est cette même erreurque le II. Concile de Brague (b) en 563. a condam-née. _
Les Fideìes, dit S. Grégoire le Grand (c) , fontbien éloignez de croire que les choses d’ici bas se con-duisent par la destinée. 11 n’y a que Dieu qui a crééles hommes, qui les gouverne. L’homme n’a pointété fait pour les Etoiles , mais les Etoiles ont été faitespour l’homme ; & si les Etoiles font fa destinée , ilfaut qu’il soit lui-méme l’esclave de fes actions. Il faitvoir ensuite combien les Mathématiciens fe trompent,lorsque par 1a considération du point de la naissance del’homme , ils s’imaginent pouvoir deviner tout ce quilui doit arriver durant fa vie , & enfin il les traite defous (d).
S. Eloy (e) , Evêque de Noyon, exhorte les Fidè-les ,, de ne point croire ni au destin , ni à la fortune,„ ni aux prédictions des Astrologues.
Le VI. Concile de Paris (/) en 829. déclaré „ que„ l’Astrologie judiciaire est un mal très-pernicieux , &„ un reste du Paganisme.
Jean de Sarisbery , Evêque de Chartres (g) affeureque les Astrologues qui passent les bornes de leur art,tombent malheureusement dans des mensonges pleinsd’erreur & d’impieté ; qu’ils offensent leur Créateur ;que pour vouloir pénétrer trop avant dans les choses cé-lestes , ils deviennent fous ; qu’ils ôtent à l’homme faliberté ; qu’ils ne peuvent efperer d’autre récompense deleurs travaux que la damnation eternelle ; & que l'Egli-se Catholique les deteste & les punit -avec justice.
Le premier Concile Provincial de Milan (h) 1565.ordonne de grandes peines contre „ les Astrologues,„ qui par le mouvement, par la figure, 8c par l’aspect„ du Soleil, de la Lune, 8c des autres Astres, predi-,, sent avec une entiere certitude les choses qui depen-,, dent de la volonté & de la liberté des hommes, &„ contre ceux qui leur feront le rapport de ces choses.
Le Concile Provincial de Reims (,) en 1583. ex-communie les Devins & les Astrologues judiciaires,aussi-bien que ceux qui leur ajoutent foi.
Le Concile Provincial de Bourdeaux (kj en la mê-
pertinentibus , atque ifl ipsa. morte fit tanta plerumque diversitas,ut iìmiliores eis sint , quantùm ad ha:e attinet , mniti extrànei,quàm ipfì inter se gemini , per exiguum temporis intervallum innascendo separati, in conceptu autem per unum concubitum unoetiam momento íêminati? .
(а) Ad Quod vult. num. 70. Aítruunt fat'alibus stellis hommes
colligatos , ìpfumque corpus nostrum secundùm duodecim Si-gna esse compoiìtum , fient hi qui Mathematici vulgò appellan-tur. ... ,
( б ) C. 8. Paï ces mots : Si quis animas & corpora humanafatalibus stellis crédit adstringi > fient Pagani & Prsscillianus dixe-runt, Anathema fit.
(r) Homil. 10. in Evangel. lib. 1. A fidelium cordibus absitut aliquid esse fatum dicant. Vitam quippe hominum solus hicconditor qui créant , administrât. Neque enim propter stellashomo , sed stellx propter hominem factse sunt. Et si stella fa-tum hominis dicitur , ipsis fuis ministeriis subesse homo perhi-betur.
(el) Hxc de stella breviter diximus , ne Mathematícorum stul-titiam indiícussam prxteriisse videamur.
(e) Lib. 2. Vit. cap. 15.
(f) Lib. 3. cap. 2.
(g) Lib. r. Polycrat. cap. 19 8c 1 6. Mathematici vel Planeta-«ì, dum professionis suas potentiam dilatare nituntur, in errorisgcimpìetatis mendacia pemiciosiífimè corruunt ; in Creatoris pro-TUmpunt injuriam , dum cselestia qu* tractant ad sobrietatem nonsapiunt , juxta Apostolum stulti fiunt ; arbitrii perimunt liberta-tem; hune fractura Mathesis fuse affermir, cum eo qui quasi Lu-cifer matutinus oriebatur, desccndunt in infemum virentes. Quidmulta ? Nonne satis est quod hanc vanitarem Catholica & univer-iális Ecclesia detestatur, 8c eos qui ulterius eam exercere prxíump-i'erint legitimis pœnis muhatur.
(A) Constit. p i. tit. 10.
( t ) Tit. de Sortilegiis Lee. num. 2. Genethlíaci 8c qui divina-tionibus feu pr.vdictionibus ad artem judiciariam perninentibus,quas impiè prophetias appellant , utuntur , vel eisdem fidem ad-
hibent, excommunicentur.
(k) Tri. 7.
me année enjoint aux Prêtres „ d’avertir très-souvent„ leurs peuples , que ceux-là commettent un crime„ très-execrable , & font excommuniez , qui par l’in*,, ípection des Astres , à la façon des Chaldéens, fbn-„ gent plutôt temerairement qu’ils ne prédisent les cho-„ ses à venir , & par l’usage sacrilège de l'Astrologie„ judiciaire , étouffent la liberté de l’homme 8c la pro-„ vidence de Dieu. C’est pourquoi, contimë-t-il , s’il„ se trouve quelques Ephémerides ou Aìmanacs impri-„ mez qui traitent de cette Astrologie , & qui con-„ tiennent autre chose que les changemens des Saisons„ & k disposition du temps , nous les condamnons de,, k même maniéré que les Livres dont k lecture est,, mauvaise , & nous défendons à tôutes fortes de per-„ sonnes de les lire, de les retenir, & d’y ajoûtér foi.
Ce que ce Concile prescrit touchant les Ephemeri-des & les Aìmanacs , avoit été à peu près ordonné au-paravant par Charles IX. (/) en 15 do. dans les Etatsd’Orléans, & par Henry III. (m) en 1579. dans lesÉtats de Blois. Voici les paroles des Etats d’Orleans :„ Et parce que ceux qui se mêlent de prognostiquer„ les choses à venir, publient leurs Aìmanacs & Pro-„ gnostications (passans les termes d’Astrologie, contra„ ì’exprès commandement de Dieu). Chose qui ne,, doit être tolerée par Princes Chrétiens : Nous defen-„ dons à tous Imprimeurs 8c Libraires, à peine de pri-„ son 8 í d’amènde arbitraire , d’imprimer ou exposer en„ vente aucuns Aìmanacs 8c Prognostications, que pre-„ mierement ils n’ayent été visitez par l’Archevêque„ ou Evêque , ou ceux qu’il commettra : Et contre„ celui qui aura fait ou composé lesdits Aìmanacs sera„ procédé par nos Juges extraordinairement, & parpu-,, nition corporelle ”. Voici pareillement ce que por-tent les Etats de Blois : „ Tous Devins & faiseurs de„ Prognostications 8c Aìmanacs, excedans les termes de„ l’Astrologie licite, seront punis extraordinairement.„ & corporellement. Et défendons à tous Imprimeurs.„ Lc Libraires, fur les mêmes peines, d’imprimer ou„ exposer en vente aucuns Aìmanacs ou Prognostica-,, tions , que premierement ils n’ayent été vus & visi-,„ tez par l’Archevêque , Evêque , ou ceux qu’ils au-„ ront députez expressément à cet effet, 8c approuvez„ par leurs Certificats , signez de leurs mains ; & qu’il„ n’y ait aussi permission de nous, ou de nos Juges or-„ dinaires.
Le Concile Provincial de Toulouze (») en 1790^ordonne aussi k même chose. Le Pape Sixte V. a ren-,fermé dans fa Bulle , Gœlì (fr terra, qui est du 7. Jan-vier i; 86. ce que l’Ecriture-sainte , les Conciles , &les Peres ont dit de plus exprès 8c de plus fort contreles Devins & les Astrologues judiciaires, & a enjointaux Ordinaires des lieux , 8c aux Inquisiteurs de punirselon les Constitutions Ecclésiastiques, & selon qu’ilsle jugeront à propos, tous ceux qui fe mêlent de pré-dire les choses à venir, de quelque maniéré qu’ils le fas-sent.
Urbain VIII. a confirmé cette Bulle par une autre,qui commence Infcrutabilis , qui est du 22. Mars 1631.& qui se trouve dans le 4. Tome du grand Bullaire.
Le Concile Provincial de Narbonne ( 0 ) en 1609.„ excommunie , ipfo faSio , conformément aux saints,, Décréts, les Devins, les Diseurs d’Horofcope & les„ Astrologues judiciaires.
Le Synode de Ferrare (p) en 1612. condamne l’As-trologie judiciaire conformément à la Bulle de Sixte V.
,» Chas-
(/) Chapitre de I’Eglïse, art. 26.
(m) Chapitre de l’Eglife, art. ;6.
(») Cap. 12. n. 3. En ces termes : Qui rerum futurarum , âDeo liberáque hominis voluntate magna ex parte pendentium, prae-dictiones libri continent, iique quos Almanacos Arabico vocabu-lo vocant , òmnino prohibeantur , ni forte prsenunciationes ejus-modi expungantur , eaque solum relinquantur , qu* pluviarum,ventorum , sterilitatis, fertilitatis, eclipfe«n , rerumque similiumprognostica attingunt ; quodque constitutione íàncta memori*Sixti V. ea de re promulgata cavetur, id ad amuffim obíèrvetur.
(0) C. 3.
(f) Tit. de Supe.st. h. 1 8c 4.