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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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Chasse du Diocèse de Ferrare ceux qui en font pro- feffion , & ordonne aux Curez de les lui dénoncer,

sils en connoissent quelques-uns, afin de les frapper,, de F excommunication.

Les Statuts Synodaux de §. Maso (a) en 1618.condamnent ceux que lon appelle Bohémiens , qui entreprennent de dire la bonne-aventure Ce fontces fortes de gens que le premier Concile Provincial deMilan nomme Cingaros , & qu'il prie les Princes & lesMagistrats séculiers de chasser de leurs Etats & des lieuxde leur Juvisdiction , à moins quiìs nayent une de-meure fixe , & quils ne veuillent gagner leur vie à desmétiers honnêtes, & vivre en Chrétiens.

Le Concile Provincial de Malines (b) en 1607. lesappelle Égyptiens , & veut quon les punisse avec autantde rigueur que les malfaicteurs & les enchanteurs Etle P. Crefpet en parle de cette maniéré (c) : Au reste ces Basteleurs & vagabons Egyptiens ainsi fumom- içez , qui font mine de prédire 1a bonne-aventure,

,, ne font recevables. Car ce font gens perdus & éga- rez. Qui en voudra voir leur procès & impostures,

il faut lire Munster livre 5. de fa Cosmographie. Je me fuis enquesté de quelques-uns en Allemagne ils font plus frequens quen France , de leur divina- tion , & mont assuré que tout ce que les femmes font, nest que pour amuser le peuple, & attirer ar- gent pour vivre. Car ils nont aucune science pour,, deviner , & ne sçavent ce quils disent ; si est-cej, quils íont adonnez aux charmes & enchanteries, &

i, , nont aucune Religion. Bien me montrerent-ils je ne fqaì quelles attestations comme leurs enfans avoient^ été baptisez ì l'Eglise ; mais ils ne reconnoissent aucun Dieu, vivent comme bêtes, se couplent com-

j, me chiens, grans & subtils larons, fans savoir d ils font & ce quils deviennent , sinon quils font5, état dun Comte qui est leur Chef, & se disent ha-j} bitans de la basse Egypte , ou leurs peres étoient re-i, tournez à lerreur des Payens. Ils ont un jargon par- ticulier , & néanmoins ils parlent toutes langues, ils font état de sorcelage , grands affronteurs & infâmes vilains, laissons-les.

Les Statuts Synodaux dAgen de lannéë (d) léjf.déclarent que les prédirions fondées far l'astrologie judi-ciaire fìnt des refles du Paganisme & de V Idolâtrie , (frdes inventions du Démon. Enfin les Ordonnances Sy-nodales du Diocèse de Grenoble imprimées à Paris en1690. excommunient par le pur fait les Devins & lesAstrologues coníormement à la Bulle de Sixte Y. Cdi& terra Voici ce quelles portent. ,, (<?) LEglife,, sondée sur la parole de Dieu , qui assure que sons, peuple ne doit point sarrêter aux Devins ni aux Au-,, gures , A Ton eft -Augurium in Jacob neyue divinatio in Ijreiel , a justement excommunié non feulement tous les GenethliaqUes & les Astrologues, qui prétendent,, par le cours des Astres & leurs differens aspects, au temps de naissance des personnes, de tirer des Ho-,, roscopes, & former des jugemeris certains & assurés,, fur des actions libres & fur toute la fuite de leur Vie,,, ruais encore ceux qui consultent les Sorciers, les De- vins & les Astrologues , & qui font faire leurs Ho-z, roscopes. Ainsi les Curés avertiront leurs Parois-j, siens , qùe ceux qui tomberont dans ces excès en-*s, coureront par pur fait V excommunication portée par la Constitution de Sixte V. & ils tacheront de leur faire comprendre lénormité de ce crime & lej, peu de solidité qu'il y a dans les sortes de pratiques.

(A Tit. 2 , 1 . c. Conflit; p; i. n. 66. Ut vagum St Max Cîri-garorum genus arceant > niiì certis sedibus collocatì vitam hones-tis artibus, St in reliquis omnibus, ut Christianos homines decet,agere velint.

Tit. íp. de Superstit. c. r. Multo graviùs ariìmadvertantJudicesEcclefiaftici in maleficos St iricantatores , Lt etiam omnesqui vulgò itgyptii vocantur.

(c) L. 1. de la haine de Satan contre l'honune, dise. 11.

\d) Tit. 39.

st) Tit. i. Art. z. n , 13.

s T ï T I O N S. 51

Agrippa même , (/) qui a été si fort soupçonnéMagie, parle de lAstrologie judiciaire dune maniéré très-defavantageuse. Cet art, (g) dit-il, nest appuyé quesur les conjectures trompeuses des gens superstitieux»qui par un long usage se sont fait une science des cho-ses incertaines , afin dattraper F argent des ignorans»quils trompent en se trompant eux-memes. Cependantil est bien étrange que ces trompeurs trouvent des Prin-ces & des Magistrats qui les croyent en tout ce quilsdisent, & même qui leur donnent des appointemens »

Vu quil ny a point de gens plus dangèreux à un Etatque ceux qui par linspection des Astres & des mains »par Inobservation des songes, 8c par dautres divinationssemblables, se mêlent de prédire lès choses futures, 8 cque dailleurs ces imposteurs haïssent toujours &J esus-Christ , 8c tous ceux qui croyent en lui. II a-joûte (b) que cest de lAstrologie judiciaire que lHé-résie des Manichéens 8c celle de Basilide ont pris nais-sance , & quelle est la mere des Hérétiques.

Ce nest pas que les Astrologues & les Diseurs debonne-aventure , les Faiseurs dhoroscope & les autresDevins, ne répondent quelquefois juste , & ne disentquelquesfois la vérité. Màis cela arrive -, dit admira-blement S. Augustin C i) , par un secret jugement deDieu , qui permet que ceux qui les consultent soientainsi trompez par les Anges prévaricateurs , & senga-gent de plus en plus dans une erreur très-pernicieuse *après sêtre attiré ce malheur par leur trop grande cu-riosité , & pâr le dérèglement de leur vie. Et quoiquëces trompeurs disent quelqttèfois vrai, on ne les doitpas croire plutôt pour cela, dautant quel'Ecriture nousle défend (kj. Ainsi parce que lòmbre de Samuel aprèsfa mort prédit la vérité à Saul , Fart qui fit parler cetombre , nen étoit pas moins sacrilege éc moins exécra-ble. Éarce que la Pythonissë rendit témoignage àvérité dans les Actes , lorsquellé dit du bien des Apô-tres de J e s u s-C h R1 s t ; S. Paul nen traità-pas avecplus dindulgence le malin esprit dont elle étoit possédées& cela ne lempécha-point de chasser de son corps (/).

Il est donc vrai de dire, conclut ce fâint Docteur, quétoutes ces sortes dinventions badines & superstitieusesne proviennent quë des pactes & des societez que leshommes ont faites avec les Démons , àvec lesquels lesvrais Chrétiens nen doivent jamais faire (m) : parléencore dans le même sens dans un passage cité à la mar-ge (»)

Cest

(f) Vois datìs Naudé h justification dAgrippât(,£) Nil aliud est háec ars quàm superstitioibrum hornirium fal-îax conjectura , qui ob multi temporis ustim de rébus incertïsscientiam fecerunt , in qua emungendsè pecuni* gratiâ decipiuntimperitos, arque ipsi fimul decipiuntur. Et inveniunt circulatoresilli intérim Principes "Sc MagiAratus , qui in illis credant omnia,ac ornent publicis stipendiis : cùm révéra nullum genus horninumreipublicse fít pestilentius quàm istorum, qui ex astris, eX iriïpec-tis manibus, ex íòmniis > confimilibusque divinationuni artificiis,sutura pollicentur & vaticinia spargunt, homines iníuper St Ghris-to , 8c omnibus in illum credentibus semper infensi. Lib. de Va-nit. Scient, c. 31.

(h) tíxc ideo narrata surit ut eogstoscatis Astrologiam etiamHxreticorum progenitricem elfe.

. (ss L- i- fle Doct. Christ, c. 23. Hinc fit ut occulté quodamjudicio divino cupidi malarum rerum homines tradantur illudendtêc decipiendi pro meritis voluptatum siiarum , illudentibus eosatque decipientibus práevaricatoribus Angelis. Quibus illusionibus8t deceptionibus evenit , ut implicati curiosiores fiarit, 8c íèlemagis magisque inférant multiplicibus laqueis perriieiofissimi erro-.ris.

(k) Hoc genus forriicatioiiis animx salúbritér diviriâ Scnpturanon tacuit , neque ab ea sic deterruit animam , ut propterea talianegaret este íèctanda , quia falsa dienritur à Profeflòribus èorum.Sed etiam si dixerint vobis, iriquit, 8c ita evenerit, rie credatis eis.Deuter. 13, v. 1.

(/) Idem. Non estim quia imago SamUelis mdrtui Sauli Régivera prsenuriciavit, propterea talia sacrilegia quibus imago illaprahsentata est , minus execranda sunt. Aut quia in Actibus Aposto-lorum ventriloqua faemina verum testimóniurri perhibuit ApostolisDomini, ideo Paulus Apostolus pepercit illi Spiritui, ac iiori po-tins faeminam illius Dsmonii - correptione atque exclusione mun-davit.

(ra) Omnes igitut artes hujusmodi veí riUgatórisfc , veí rìoxi®Superstitionis ex quadam pestifera focietate hominurri 8c I)r:no-num , quasi pacta infidelis St dolofe amicitise constituta, penivussunt repudianda 8t fugienda Christiatìo.

(n) L. ì, de Genes, ad liter. c. ,7. Ideóque fatendum est quastíO *».