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DES SUPER
Prendre du poil d’une .... ou des ongles d’un ma-lade , & les mettre entre un arbre & son écorce, & lemalade guérira infailliblement , comme auili si on lefait passer .... par dessus un chêne ou par dessus un su-reau.
Guérir un rhumatisme appelle par quelques uns Y En-châsse , en faisant frapper trois coups d’un marteau demoulin proche du malade par un meunier , ou par unemeuniere de trois races, en disant, In nominepatris 8 cc.
Dérober quelque chose à son voisin afin de faire ces-ser le mal qui nous tourmente.
Enfouir une .... fous le seuil d’une écurie où d’u-ne étable, ou pendre dans f une ou dans l’autre des bri-ques en croix , pour empêcher que les chevaux & lesautres bestiaux ne soient malades ou maléficiés, & queles vaches ne tarissent.
Tuer un coq en présence d’une personne qui est enlangueur & qui semble ne pouvoir mourir , afin qu’ellemeure où qu’elle guérisse bientôt.
Pétrir le gâteau qu’on appelle de S. Loup , en cettemaniéré , pour empêcher que les loups ne fassent aucunmal aux bestiaux & aux troupeaux que l’on laisse seulsdans ks champs & les pâturages. On fait un gâteautriangulaire à l’honneur de la très-Sainte Trinité , on yfait cinq trous en mémoire des cinq playes de NotreSeigneur, & on le donne ensuite pour l’amour de S.Loup au premier pauvre qui se rencontre. C’est ce quise pratique assez souvent proche Tillemont & Louvainainsi que le raporte Majolus (a).
Employer quelqu’un des remedes extérieurs dontkernel parle en cette sorte (£) : „ Se scarifier les gen-,, cives avec une des dents d’une personne morte d’une,, mort violente , pour guérir le mal de dents. Boire„ la nuit de l’eau de fontaine dans le test d’un homme„ mort & brûlé , pour fe délivrer du mal caduc. Se„ faire des pilules du test d’un pendu pour sc guérir,, des morsures d’un chien enragé. Percer le toit de,, la maison d’une femme qui est en travail d’enfant,„ avec une pierre , ou avec une fléché , dont on aura„ tué trois animaux , savoir un homme , un Sanglier„ & úne ourse» de trôis divers coups, pour la faireaus-,, si-tôt accoucher : ce qui arrive encore plus assuré-„ ment quand on perce la maison avec la hache ou le„ sobre d’un Soldat arraché du corps d’un homme,,» avant qu’il soit tombé par terre. Manger de la„ chair d’une bête tuée du même fer dont on a tué„ une.personne, pour guérir l’épilepsie. Avec les mains„ de quelques personnes mortes d’une mort avancée,, guérir les écrouelles, les glandes qui viennent autour„ des oreilles & les maux de gorge , en les touchant„ feulement. Dans l'accès de la fièvre tierce boire trois,, fois dans un pot neuf, autant à une fois qu’à l’au-„ tre., de l’eau de trois puits disserens, mêlée ensem-„ ble , 8 c jetter le reste ensuite. Pour guérir la fièvre,, .quarte, envelopper dans de la laine, & nouer autourj, du cou quelque morceau d’un clou de Croix. Boi-„ re du vin dans lequel on aura trempé une épée dont5 , .on aura coupé la tête d’une personne ; ou enveloper,, dans un linceuil les rogneures de ses ongles, puis at-tacher ce linceuil au cou d'une anguille vive , & lalaisser aller auflì-tôt dans l’eau. Cracher dans lagueule d’une grenouille de buisson , & la laiíscr allerincontinent après toute vive , pour guérir la toux.„ ; Se lier les temples d’une corde de pendu , ou se lier„ le, test d’un des rubans d’une femme , pour ne plus„ sentir le mal de tête.
User des vaines observances que S. Bernardin deSienne marque ainsi (c) : „ Jetter la cremailliere de fa,, cheminée hors de son logis pour avoir-beau temps.„ Mettre une épée nuë fur le mât d’un vaisseau pour„ détourner la tempête. Danser jour & nuit en pre-„ nant bien garde de tomber par terre , & faire quan-,, rite d autres folies dans l’Eglise aux Fêtes de l’As*
(a) Suppl. dier. canic. Colloq. z.
(by hYo. 2. de abditis rerum cauíis, c. 18.
(e) Tom. i. Serin. i. in Quadrag. art. z. c. 2;
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S T I T I O N S.
„ somption de la Vierge & de S. Barthélémy , pour„ être guéri du mal caduc- Ne point manger de tê-tes d’animaux , pour n’avoir jamais mal à la tête.Faire ce qu’on ne peut dire , ni même penser honnê-tement, pour guérir le mal d’oreilles. Toucher avecles dents une dent de pendu , ou un os de mort 3ou mettre du fer entre les dents lorsque l’on sonneles cloches le Samedi Saint, pour guérir le mal dedents. Porter un anneau fait dans le temps qu’ondit la Paflion de nôtre Seigneur , contre la gouttecrampe. Prendre deux roseaux , ou deux noyauxd’aveline, les faire joindre l’un à l’autre, & les por-ter pendus à son cou, contre les dîlocations démem-bres. Mettre fur un enfant qui est tourmenté desvers, du plomb fondu dans l’eau, ou du fil filé parune Vierge. Pour le feu sauvage , compter avec lepied les pierres d’une muraille , en levant le piedvers la muraille en courant , & enfin en la touchantdu genouil. Faire passer les enfans dans des racinesde chênes creuses , ou par un troû nouvellementfait , afin de les guérir de certaines maladies. Dé-couvrir le toit de la maison d’une personne malade„ au dessus d’elle, lorsque quelqu’un lui souhaitte la,, mort & qu’elle ne peut mourir , ou la lever de fa„ place , dans la creance qu’il y a quelque plume d’oi-,, seau qui l’empêche de mourir. Chafl’er les mouches„ lorsqu’une femme est en travail d’enfant, de crainte„ qu’elle n’accouche d’une fille.
Mais c’est aslèz parler des Phylactères 8 c des reme-des qui se font sons paroles : II est maintenant temps deparler de ceux qui fe font avec des paroles.
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CHAPITRE V.
§Hie les paroles , quelles qu'elle s soient , n'ontnulle vertu naturelle pour guérir le s mala-dies des hommes & des bêtes , ni pour lespréserver d'aucun danger. Sentimens deLéonard Vair , d’Anne Robert & dé ditLaurent fur ce sujet.
Q Uel au e s Philosophes & quelques Médecin?
superstitieux , s’appuyant plutôt fur je ne fçay-quelles expériences trompeuses & mensongères » que furde bonnes & solides, raisons , se sont imaginé que lesparoles avoient une vertu naturelle de guérir certainesmaladies , de charmer les hommes & les bêtes , 8 c deles préserver de certains dangers. Mais pour peu deconnoissance que l’ont ait de la vraye Philosophie & delá vraye Medecine , l’on n’aurá pas de peine à jugerque c’est en vain & sons aucun fondement que l’on at-tribue cette vertu aux paroles quelles qu’elles puissent,être , soit qu’elks signifient quelque chose ou qu’ellesne signifient rien ; qu’elles soient simples ou compo-sées , en Prose , en Rime & en Vers , en langue Hé-braïque, Grecque, Latine, Françoise ou autre, écri-tes , prononcées de vive voix, en marmottant, en sif-flant , en aspirant, ou de quelqu’autre maniéré, en láprésence des malades, ou en leur absence.
Voici les raisons qu’en donne Léonard Vair , Doc-teur en Théologie , & Prieur de sainte Sophie de Be-nevent , dans le Traité qu’il a écrit en Latin des Char*mes. Comme elles sont très-bien à mon sujet , je neferai pas difficulté de les transcrire ici tout au long se-lon la traduction Françoise qui fut faite de ce Traitépar Julien Baudon en 1583. & qui m’est tombée de-puis un an entre les mains, sons qu’il m’ait été possiblede trouver un exemplaire de l’original Latin , sor le-quel j’aurois traduit plus purement & plus nettementce qui soit.
,, Si les noms & les mots signisioient de leur nature„ quelque chose de certain, (d) dit cet Auteur £ s '
„ kîol.
W L. 1. c. n,