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Tome premier.
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Fil L E S

pu obtenir la possession. C'étoient des gens quinavoient pas leurs semblables pour la théorie& la pratique de la Chymie ; ils s'étoient donnéspour tels ; ils l'avoient prouvé tant bien que mal ;mais à force de le dire ou de le faire dire pardautres, on le croyoit comme eux. Que fur lafin de leurs jours ils s'avifent de décrier la Phi-losophie Hermétique , on examinera pas s'ils lefont à tort ; la réputation qu'ils sétoient acquise ,répond qu'ils ont droit de le faire , & l'on n'o-seroit ne pas leur applaudir. Ouï, dit-on, si lachose avoit été faisable, elle n'eut échapperà la science, à la pénétration & à 1 adresse dunauísi habile homme. Ces impressions se fortifientinsensiblement ; un second, ne s'y étant pasmieux pris que le premier, a été frustré de sonespérance, & de íés peines, il joint fa voix àcelle des autres ; il crie même plus fort s'il lepeut; il fe fait entendre ; la prévention fe nourrit,on vient enfin au point de dire avec eux quec'est une chimere, & qui plus est, on fe le per-suade sans connoissance de cause. Ceux à quilexpérience a prouvé le contraire, contents deieur fort n'envient point les applaudissemens dupeuple ignorant. Sapientiam & docirinam Stulti(a) defcipiunt Quelques-uns ont écrit pour le dé-sabuser (b) ; il na pas voulu secouer le joug dupréjugé , ils en sont resté.

Mais enfin en quoi consiste donc la differencequi fe trouve entre la Chymie vulgaire & la

(a) Prov. c. x.

(b) Beccher, Stalh, M.Fotth, M, de Justi dans ses

Mémoires en prennent ou-vertement la défense.