Comme il eft toujours néceffaire de conduire les eauxpar un canal, depuis l’élévation d’une vanne, pour gagnerla hauteur de fa chute fur la roue , il faut conféquem-ment, à l’entrée de ce canal, faire une digue en traversde la rivière , pour que l’eau s’élève Sc puifle entrer dansle canal.
La conftruélion de cette digue fe fait de différentesmanières. On trouve beaucoup de defcriptions fur cetobjet. Lorfque les ruiffeaux qui viennent des montagnes,& qui croiffent beaucoup par les pluies , ont une grandepente, ils caufent fouvent beaucoup de préjudice , &emportent quelquefois les digues. Ordinairement cellesqui coûtent le plus, font de peu de durée. On a, dans leBannat de Témefwar & dans les pays du Levant, uneméthode de digues , qu’on appelle la méthode de la Tf^a-lachie. Leur conftruélion eft très - fimple , peu difpen-dieufe, & avec cela durable. Elle réfifte aux plus grandstorrens , & mérite d’être décrite. On dreffe Une rangéede piliers à cinq ou fix pieds l’un de l’autre. Chacun deces piliers eft compofé de deux pièces de quelques toifesde longueur ; une d’elles, a une fourche à fon extrémité,dans laquelle on pofe l’autre pièce. Quand elles font dref-fées, elles doivent former un angle obtus : on les placeainfi contre le courant. L’affemblage fe nomme en Aile-