SUR L’ART DES MINES. i6rdans cette opération il eft naturel qu’il pafle du bon avecle mauvais ; on tranfporte alors ce dernier, quand c’eft duïïtinérais de métaux précieux, dans des bocards; Les petitsMorceaux qui tombent du crible dans la cuve font ordi-nairement d’un contenu qui mérite d’être fondu, puif-qu’en brifant le minérais qui eft plus tendre que la pierrede gangue, il fe fépare en petits grains, 8c fè mêle avecla poufîïère. Quand la cuve eft remplie de ce menu, onle sèche 8c on le tranfporte à la fonderie. Mais s’il n’eftpas aflez riche, on le repafle par un autre crible plus fin;& lorfqu’après cette opération il ne l’eft pas encore, onle fait alors paftèr à la table à tombeau 8c au dégrofliflagepour achever de le purifier. Pour l’exécution de cettemanipulation du crible, il faut des perfonnes fortes 8cinftruites qui non-feulement ont aflez de force, mais quifâchent bien manier le crible, puifque c’eft en quoiconfifte tout l’avantage de cette opération.
§• 635 -
Souvent quand le minérais fe trouve dans une Veinefriable, 8c remplie d’eau , il devient fi boueux, que l’onne peut pas reconnoître le bon d’avec le mauvais : alorsil eft abfolument néceflaire de laver ce minérais. Cetteopération s’exécute de même que le criblage, avec cettedifférence néanmoins, que l’on fait ufage des cribles duplus gros fil de fer, dont les trous font beaucoup plusgrands ; on ôte tout ce qui s’élève au-deflus du crible,Tome II. X