SUR L’ART DES MINES. *03efpèce de minerais à bocarder foit féparee 8c traitée fui-vant fa nature, fi on ne veut pas s’expofer à de grandespertes. Lorfqu’il fe trouve des pierres de differente naturedans une veine, il faut chaque fois, s’il eft poflible, lestrier , 8c piler chaque efpèce féparément.
§. 68a.
Il arrive néanmoins que ces pierres de gangue fè trou-vent fi mélangées , qu'il eft très - difficile de les féparer.C’eft donc ici qu’il faut du foin 8c une attention parti-culière pour faire réuftir un bocardage. Nous avons unexemple d’un fembiable mélange dans le minerais deKremnitz, qui confifte partie en quartz, 8c partie en terreiimonneufe ou argilleufe. Pour ne point faire un mélangepernicieux de ces deux efpèces , qu’on auroit beaucoupde peine à féparer dans les baffins 8c fur les tables, onlui donne un bocardage ou gros ou menu, fuivant fanature, comme je l’enfeignerai par la fuite ; c’eft-à-direle fol fe tient haut, 8c l’auge n’a que quinze pouces deprofondeur. D’après cette hauteur, on règle la levée despilons, en mettant une bonne portion d’eau dans lesauges. Par ce moyen , on fépare la plus grande partie dela terre glaife, qui fe diffout avant que les grains duquartz du pilon du gros fable, 8c de celui de fon aide,pniffent paffer à celui du pilon du fable fin ; & cette terreglaife diftbute eft entraînée dès le commencement par
la quantité d’eau qui entre 8c fort de l’auge ; par ce
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