SUR L’ART DES MINES.
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§. 815.
On a fait voir dans le premier Chapitre de la fécondéPartie, la grande utilité des ouvrages à marchés dans uneMine. Il en eft de même de ceux de la ftiperficie. Tout cequ’on peut faire à marché ne doit jamais être donné àla journée. On entend par-là le maçonnage, toute lacharpenterie , la fabrication de quantité d’uftenfiles,comme chariots, brouettes, l’excavation des badins Sccanaux & autres. Mais il faut, en déterminant les prix ,favoir ce qu’un ouvrier peut faire par jour, en employanttoute fon aftiduité. Par exemple , un maçon peut faireen fx jours, Sc quelquefois, fuivant l’épaifleur en cinqjours , une toile cube de muraille; conféquemment onpeut donner les murs d’un bâtiment à faire à marché lurce pied.
§. 816.
Pour entretenir une bonne économie dans les Mines,faut aufîî y établir une jultice civile ou police. Les volsSc les fraudes doivent être punis rigoureufement : on nedoit point y tolérer la pareffe ni la fainéantife ; il ne fautpoint ménager les ouvriers quand ils s’enivrent Sc qu’ilsfont des dettes ; tous ces vices entraînent le vol, la trom-perie Sc la fainéantife dans le travail ; ce qui eft nuif blea une exploitation. Il eft eftentiel qu’il y ait une bonnedifcipüne Sc de la fubordination , Sc fur-tout beaucoup