SUR L’ART DES MINES. 349
Quant à la troifième objeétion, il faut oblèrver queles revenus des Mines ne fauroient jamais fe comparer àceux fixes d’un Etat, qu’elles foient exploitées par leSouverain même ou par des particuliers : car , dans lesdeux cas, les revenus dépendent de la bénédiélion duCiel, & ils augmentent ou diminuent d’une année àl’autre.
Mais lorlqu’on emploie une partie du revenu prove-nant du droit régalien des Mines ^ à la découverte denouvelles Mines, ce fait ne fauroit porter de trouble' dans le fyftême ; & fi cette dépenfe fe fait d’une manièreraifonnée, elle deviendra une fource des plus grandsavantages. Il ne tombe donc pas fous le bon lèns defoutenir, qu’un Souverain ne doit pas fe fervir de fe spropres fonds, pour exploiter des Mines par lui-même ;car, outre qu’il peut enrichir fa cailfe , les exploitationss’augmentent, 8c les particuliers s’animent du defir defaire fortune dans les Mines. Et comme le Souverainpeut toujours veiller à ce qu’il y ait des fujets habiles 8cintelligents dans fes Etats , il ne le peut que par cemoyen ; car il lui lèroit impofiïble de le faire , fi l’ex-ploitation des Mines étoit abfoiument abandonnée auxintérelfés. Cependant il ne faut pas que le Souverainexploite feui 8c àfon compte les Mines, qu’il les défendeà fes fujets, ou qu’il reprend des particuliers les exploi-tations qu’ils tiennent à titre de bail. Il eft de fa pru-dence d’exploiter des Mines dans des montagnes nou-