SUR L’ART DES MINES. 365difes, fèroit de moindre quantité , mais de plus grandevaleur, 8c qui pourroit le tranfporter avec moins depeine, 8c faciliter l’échange des marchandifes. On re-connut, par la découverte des mines, qu’il n’y avoit riendéplus propre que l’or 8c l’argent; que par leur folid’ité^,leur dureté 8c leur incorruptibilité ils réfifteroient autemps , 8c pourroient continuellement être entretenusdans leur beauté. On les employa donc dans les com-mencemens dans leur forme naturelle, & on donnoittant de livres d’or 8c d’argent pour d’autres marchandées ;mais dès qu’on eut obfervé que ces deux métaux n etoientpoint également purs, que leur valeur devoitfe régler aproportion des marchandifes, pour éviter tout inconvé-nient dans le commerce, on jugea néceiïàire d’en fairedes pièces de différens poids 8c grandeur, de leur ali-gner une certaine valeur, 8c de les diftinguer par uneempreinte.
§. 48.
Cette empreinte , pour avoir une jufte valeur dans le 1commerce, étoit fùlceptible du crédit 8c de la confiancepublique, qui ne pouvaient s’obtenir que par fautoritédu Souverain , pour prévenir les tromperies 8c les faififi-cations des particuliers : c’eft de ce point que dérive ledroit régalien, qui appartient feul au Prince, 8c qui eft1 effet du pouvoir abfolu, de donner une valeur à 1 or 8ca ^ ar S ent , de les diftinguer pour fon empreinte , pouc