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qui a été dit jufqu’à préfent fur les principes du mon-noyage , ne s’entend que de la groffe efpèce , qui 1èretant au commerce intérieur, qu’à l’extérieur. Pour cequi eft de la petite, elle n’a pour but que de pouvoiracheter plufieurs choies dans le pays à bas prix, & dansdes paiemens à faire qui puilfent égaler la valeur. Cettemonnoie ne peut donc point former le capital du pays ,ni être employé à fon commerce en gros ni ailleurs. Iln’eft donc pas néceiîaire qu’elle ait de la valeur intrin-sèque; il fuffit qu’elle loit marquée au coin de la fidélitéSc de la bonne foi, c’eft-à-dire, à celui du Prince. Parcette raifon , elle ne doit point être d’argent, mais d’unmétal de moindre qualité, de cuivre, qui, après l’or &l’argent, ell de plus de durée. L’or Sc l’argent doiventêtre réfervés pour le commerce en gros, & monnoyésen greffes efpèces. Cependant il faut avoir la précautionde ne pas monnoyer une trop grande quantité de cuivredans un pays : elle doit être proportionnée aux grofîeselpèces. Sa trop grande quantité gêneroit fa circulationSc le commerce.
§. 60 ,
Comme il eft eftèntiel d’établir un monnoyage fur unb'on pied, les Cours des Monnoies-doivent avoir atten-tion d y veiller. Il efl: bon d’oblèrver la beauté de 1 em-preinte des pièces : elle fait honneur au pays ; elle eftreçue avec plus de facilité par les autres nations dans I e