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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
veter dans plusieurs contrées de l’Allemagne , pour un mécanisme réalisantla même idée, et avec lequel il nous dit faire produire le double de travailaux meules.
M. Christian crut devoir aussi s’occuper de cette pensée, mais en modi-fiant toutefois les mouvements proposés par ses devanciers ; la combinaisonqu’il a imaginée à cet effet, et pour laquelle il s’est fait breveter en France ,présente, par rapport aux précédentes, une particularité très-remarquable,et qui, à cause de son ingénieux mécanisme, mérite d’être connue. Au lieude commander la meule supérieure par le haut, et par suite celle de dessouspar le bas, comme on l’avait fait auparavant, il chercha à produire la rota-tion continue et opposée des deux meules, par la partie inférieure, tout enles faisant reposer sur des pivots indépendants et en s’arrangeant de ma-nière à permettre de soulager, de donner du grain et de débrayer aubesoin, avec la même facilité que dans le système ordinaire.
Le moulin bitournant présente l’avantage soit de réduire, dans différentscas, le nombre de harnais ou de paires d’engrenage de commande, soit sur-tout d’adopter de grands diamètres pour les pignons sans augmenter ceuxdes roues. On se rappelle qu’habituellement les meules, dites à l’anglaise,de l m 30 de diamètre, reçoivent une vitesse normale de 115 à 120 révolu-tions par minute, lorsque la gisante est immobile ; il est évident qu’il suffitde leur donner une vitesse de rotation moitié moindre, c’est-à-dire 58 à 60révolutions seulement, lorsque les deux meules sont mobiles à la fois etqu’elles tournent en sens contraire ; par conséquent si, comme on l’a vu,un moulin doit être mû par une machine à vapeur faisant 28 à 30 tourspar minute, on peut aisément, par une seule paire d’engrenages d’angle,imprimer à l’arbre vertical la vitesse de 60 révolutions, et par suite, si lebeffroi se compose de plusieurs paires de meules, commander directementchacune d’elles, soit par des poulies, soit par une roue et des pignons demême diamètre. Si le moteur est une roue hydraulique faisant 5 à 6 tourspar minute, on peut réduire le nombre de harnais à deux, dont une pairede roues d’angle, puis la roue horizontale engrenant avec les pignons demeules ou des poulies et des courroies. Il est vrai que le mécanisme pourla communication de mouvement d’une meule à l’autre complique le sys-tème, et peut être le sujet d’une objection opposée à son adoption ; maiscette objection tombera d’elle-même d’après les expériences faites chezM. Caillaux, à La Fer té-sous-Jouarre, si on réalise un effet utile, considéra-blement plus grand que celui produit par le mode ordinaire. Pour notrecompte, nous aurions désiré que M. Caillaux voulût bien continuer cesexpériences ; mais nous craignons que possédant déjà un moulin impor-tant tout monté, il n’ait pas cru de son] intérêt de faire valoir ce nouveausystème.
Quoi qu’il en soit, M. Morel, habile meunier d’Essonne , a écrit à l’auteurla lettre suivante, que nous croyons devoir faire connaître:
« Vous me demandez mon avis sur le mérite de votre système de moulin