PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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existent entre cette fabrication et celle du sucre de canne, différence peuappréciable quant aux appareils principaux, et toutes particulières auxpremières opérations.
Bien des préjugés ont régné et régnent encore à l’égard du sucre debetterave. Dans le monde , on croit généralemeut qu’il est moins lourd ,moins sucré et moins sain que le sucre de canne. Ce sont des erreurs qu’ilest important de déraciner.
Le célèbre Chaptal disait à ce sujet :
« Les sucres qui proviennent de ces diverses plantes sont rigoureuse-ment de même nature, et ne diffèrent en aucune manière, lorsqu’on les aportés par le raffinage au même degré de pureté. Le goût, la cristallisa-tion, la couleur, la pesanteur, sont absolument identiques ; et l’on peutdéfier l’homme le plus habitué à juger ces produits ou à les consommer,de les distinguer l’un de l’autre (1). »
Aucune industrie n’a donné dans un temps si court de résultats compa-rables à ceux de la fabrication du sucre indigène.
C’est en 1747, dit M. Girardin, dans son Traité de chimie élémentaire,que Margraff, de Berlin , découvrit dans la betterave un sucre cristalli-sable, identiquement semblable à celui de la canne. Le baron Koppi etAchard, de Berlin , furent les premiers qui, quarante ans après, essayèrentde faire passer dans l’industrie cette découverte de laboratoire. Ce n’esttoutefois qu’en 1810 qu’on réalisa en France cette pensée féconde à la-quelle Napoléon prêta son puissant appui. Après bien des vicissitudes,l’extraction du sucre indigène est devenue chez nous une industrie très-importante, puisqu’en 1837, plus de 500 établissements fabriquaient prèsde 60 millions de kilogrammes. Aujourd’hui, par suite des entravesapportées par le fisc à cette industrie, il n’existe plus guère que 400 fa-briques, produisant de 35 à 40 millions de kilogrammes de sucre, ce quicomplète, avec le sucre des colonies, la quantité nécessaire à notre con-sommation , c’est-à-dire de 120 à 130 millions de kilogrammes.
C’est dans les départements du nord de la France que cette industries’est pour ainsi dire concentrée, notamment dans l’Aisne, la Somme , lePas-de-Calais et le Nord. Ce dernier département produit à lui seul plusque les trois autres ensemble, et donne la moitié de la production totaledu sucre indigène.
En 1811, le sucre de betterave revenait au producteur à 5 francs lekilogramme. Aujourdhui il ne lui coûte que 90 centimes à 1 franc environ,et tout prouve que le prix de revient pourrait descendre à 30 centimes lekilogramme.
Les betteraves sont ordinairement travaillées immédiatement après larécolte, l’excédant est conservé dans des silos, ou fossés de 1 mètre à1 mètre 50 de profondeur sur une largeur à peu près égale. Les betteraves