PUBLICATION INDUSTRIELLE. 333
les deux faces opposées du tiroir sont tenues en équilibre, puisque la pres-sion de la vapeur a aussi bien lieu d’un côté que de l’autre.
On voit donc combien une telle disposition est avantageuse, puisque,d’une part, elle simplifie la construction de la machine, et que, de l’autre,elle diminue les frottements et par suite les pertes de force nécessairespour les vaincre.
Les constructeurs à qui l’on doit des innovations très-intéressantessur les appareils à vapeur, et dont nous aurons l’occasion de parler,se sont occupés depuis quelques années de cette question de la distributionde vapeur d’une manière toute spéciale. Outre la disposition que nousvenons de décrire, ils ont aussi proposé celle qui est représentée sur lasection verticale (fig. 13), laquelle est évidemment établie sur le mêmeprincipe et remplit absolument le môme but. Seulement le tiroir est peut-être plus lourd, mais aussi plus solide, et par conséquent d’une construc-tion plus applicable aux machines de grande puissance. On voit par cettefigure que les deux faces opposées sont presque symétriques; elles sontreliées l’une à l’autre par des petites traverses creuses g, qui laissentpasser la vapeur d’un côté à l’autre pour que l’équilibre s’établisse entreeux.
Application du tiroir a double siège aux machines a un seulcylindre. — Déjà MM. Mazeline avaient antérieurement imaginé une dis-position de tiroir à coin ou à double siège appliqué à des machines à unseul cylindre, et pour lequel ils se sont fait breveter en France et en Angle-terre dès 1848. Tel est le système représenté en coupe verticale et encoupe horizontale sur les fig. 14 et 15, pl. 25.
Actuellement, dans un grand nombre de machines, on donne aux ori-fices d’introduction et d’échappement des dimensions très-grandes, quisont quelquefois la 1 15" et même la l/10 e partie de la section du cylindre;les tiroirs de distribution doivent alors, à cause de ces grandes lumières,présenter des surfaces considérables, et deviennent, surtout lorsqu’ils s’ap-pliquent à des appareils puissants, de 100 chevaux et au-dessus, d’une ma-nœuvre très-dure, très-difficile, parce que la charge ou la pression de lavapeur sur leur superficie est nécessairement très-grande. MM. Mazelineont compris mieux que personne combien il est utile de chercher à équili-brer, au moins en grande partie, cette pression, et par les diverses dispo-sitions qu’ils ont proposées, ils sont parvenus à des résultats vraimentremarquables, soit comme application aux machines locomotives dont nousavons parlé précédemment (page 229), soit comme application aux ma-chines fixes, à un, deux ou trois cylindres.
11 est aisé de concevoir le principe sur lequel ils se sont basés pour éta-blir cet équilibre de pression, c’est de faire porter le tiroir sur deux sièges,de manière que la pression se fasse aussi bien sur un côté que sur l’autre.Ainsi, on voit par la fig. 15 que le tiroir B est en forme de prisme ayantpour section horizontale la forme d’un trapèze dont les deux côtés droits