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Tome septième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

et ensuite on la laisse déposer, de sorte que la partie limpide peut être séparée duprécipité, c’est-à-dire passée par des filtres pour séparer parfaitement les partiessolides tenues en suspension. La liqueur filtrée est ensuite évaporée ; cette évapora-tion peut se faire sans l’emploi de la chaleur; c’est-à-dire par l’exposition d’unegrande surface de liquide à l’action de l’air, en assistant l’évaporation spontanéepar l’un des moyens que l’on a proposés à cet effet. Cependant on pourra concen-trer le liquide dans des chaudières chauffées par un bain d’eau ou par la vapeur,ou d’une autre manière, soit à l’air, soit dans le vide, jusqu’à ce que sa densité àchaud soit d’environ 25° de Beaumé ; alors il faudra le filtrer une seconde fois etensuite l’amener à un degré de concentration tel qu’il permette la prompte cristalli-sation du sucre, ou si on le préfère, on procédera plus lentement à la cristallisation.Le sucre que l’on obtiendra par cette opération sera dépourvu de la coloration quise produit d’ordinaire pendant l’évaporation; et la fermentation sera entièrementempêchée, si on ajoute le bisulfite de chaux dans une proportion telle qu’une petitequantité de ce corps reste intacte dans le liquide, jusqu’à ce que l’opération soitterminée.

Ainsi par l’emploi du bisulfite de chaux et de simples filtrages pour séparer lesmatières en suspension, notre procédé permet de séparer tout le sucre cristallisabledu jus exprimé. L’usage du bisulfite de chaux ou des bisulfites acides en généralpeut être appliqué avec avantage quand le sucre est extrait de la canne par desmoyens purement mécaniques , et qu’il faut recourir à une autre opération pourextraire la portion de matière sucrée qui reste dans les rebuts de la canne aprèsl’action du moulin, c’est-à-dire quand le rebut solide de la canne est soumis à deslavages répétés dans le but d’extraire les dernières parties de matières sucrées quela seule pression mécanique ne pourrait pas séparer ; dans ce cas, par l’usage dubisulfite on peut obtenir la totalité du sucre cristallisable. La quantité d’eau em-ployée peut être aussi grande que l’on veut sans qu’il y ait perte par la fermenta-tion. Tous les sulfites acides peuvent être employés comme ci-dessus, et les selsneutres sont en état aussi de produire des effets semblables , pourvu qu’ils soientsolubles dans l’acide sulfureux, et pourvu que l’acide mis en liberté n’exerce pasune action destructive sur le sucre dans la dissolution; ainsi on peut employer lephosphate neutre de chaux en dissolution dans l’acide sulfureux, pour extrairecomplètement le sucre cristallisable, le phosphate de chaux étant obtenu des osdans leur état naturel, des os calcinés ou de charbon d’os que l’on peut employerdans la même liqueur.

La moutarde, la créosote, le raifort, le jus acide nitreux, soit seul, soit combinéavec des sels de fer, ou d’autres sels; le tannin, le noir de fumée saturé de créosote,les produits de la distillation de certaines substances bitumineuses, goudron oubois; l’essence de térébentine, l’aldehyde et d’autres corps analogues; le chloresoit à l’état de gaz, soit en dissolution ou combiné à l’oxigène peuvent tous êtreemployés comme antiseptiques pour l’extraction du sucre de la liqueur sucrée,comme dans le procédé où on emploierait seulement du bisulfite de chaux. Il faudraitconduire l’opération de façon à ce que, à l’eau mère plus ou moins riche en sucrecristallisable, on ajoutât les liqueurs saccharines provenant des écumes de la défé-cation, les eaux des filtres , des lavages de l’appareil, les mélasses etc. Cette mé-thode de travail, par laquelle on peut utiliser toutes les substances de rebut, estimperméable suivant l’ancien système; mais on peut l’employer avec avantage quandon se sert du bisulfite ou de tout autre agent antiseptique.