PUBLICATION INDUSTRIELLE. 403
aiguilles; aussitôt le fil engagé, les aiguilles rentrent dans l’intérieur dela roue.
Pour que l’opération se fasse convenablement, il est nécessaire d’inclinerles platines, non-seulement par rapport à la rondelle/, qui les porte, maisencore d’incliner la mailleuse même, relativement à tout le métier. Oncomprend, en effet, que par cette seule inclinaison, chaque aiguille setrouvant placée sur un cercle concentrique de plus en plus grand, cueillegraduellement le fil sans autre mécanisme que cette obliquité relative.
A partir de cette époque (1841), on construisit avec ardeur une grandequantité de métiers, les fabricants de bonneterie se les disputaient; aussine sera-t-on pas étonné des recherches qu’on fit depuis pour en perfec-tionner ou en simplifier le mécanisme.
Sous le titre de Métier tricoteur multiple , M. Jouve, de Bruxelles, pre-nait, le 9 novembre 1842, un brevet de quinze ans, pour un système repo-sant sur l’emploi simultané des aiguilles et des platines, pour obtenir untravail complet et régulier.
Les platines étaient placées verticalement, découpées suivant des sailliesirrégulières , et se mouvaient non-seulement dans le sens des rayons dumétier, mais encore perpendiculairement à ces rayons. Ce double mouve-ment combiné avec la forme des platines produisait à la fois la pose dufil, l’ondulation, le cueillage, le rentrage et l’abattage.
Deux années plus tard, ce brevet était cédé en totalité à M. Conetti, deBelleville.
MM. Legras et Poitevin exposaient, en 1844, un métier circulaire pourlequel ils avaient pris brevet, le 18 mai 1843, sous le titre de Métier circu-laire à chemin de fer propre à tous genres de tricots de laine , colon ,soie, etc.
Le caractère de ce métier réside dans la combinaison des aiguilles à l’in-térieur (1) et du tissu glissant à l’intérieur du chemin de fer, par opposi-tion à la disposition des aiguilles à l’extérieur et du tissu glissant à l’exté-rieur du chemin, comme cela a lieu dans les anciens métiers de mêmesystème.
Cette disposition à l’intérieur du chemin de fer permet d’obtenir, suivantles auteurs, un tissu plus serré, résultant du rapprochement des aiguillesvers le centre ; elle diminue considérablement la casse des aiguilles, parceque le tissu fatigue moins à l’intérieur qu’à l’extérieur, et nécessite, parsuite, moins d’entretien (2).
Les auteurs employèrent des platines découpées analogues dans plu-sieurs parties avec celles de M. Jouve.
MM. Braconnier et Martenot prirent, en 1844, sous le titre d 'application
(1) Nous avons reconnu que le principe tic celte disposilion appartenait à M Àndrieux.
(2) La casse des aiguilles était un obstacle sérieux à la bonne construction des métiers. M. Gillet,de Troyes , et depuis plusieurs autres mécaniciens, surent en établir de parfaites qui résistèrentsuffisamment h un travail régulier.