PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Le principe de la fabrication est bien simple ; il consiste à enrouler le papier surun moule en bois, mis à la suite d’un petit morceau de bois creux qui sert à main-tenir la cigarette. Le tout est placé dans un petit bloc creux. L’ouvrière enlève lemoule et refoule le tabac ; elle plie et colle alors l’extrémité libre du papier.
On a essayé de faire le papier avec des côtes de tabac , afin de ne donner au fumeurou consommateur que du tabac. Cette tentative n’a pas réussi.
La fabrication des cigarettes n’est encore établie qu’à la manufacture de Paris , qui,en 1844, en a livré au magasin d’expéditions 40,359 kilogrammes.
Fabrication dü tabac en poudre. — Autant on s’attache à empêcher toute fer-mentation dans la fabrication du scaferlati, autant au contraire on recherche les cir-constances qui peuvent la favoriser dans la fabrication de la poudre. Comme il n’existeen France que dix manufactures pour fabriquer les 17 millions de kil. de tabac quel’on y consomme actuellement dans une année, la manutention porte sur de grandesquantités, et l’on est par conséquent dans de bonnes conditions pour obtenir unepleine fermentation , et par contre, il doit être difficile d’éviter complètement toutphénomène de cette espèce. On peut attribuer à cette circonstance l’infériorité queprésente souvent le tabac de la France devant les tabacs des pays étrangers où la fa-brication étant libre, elle ne saurait être concentrée dans des manufactures aussi peunombreuses et aussi considérables que les nôtres. Cette même raison explique com-plètement encore la supériorité bien établie du tabac à priser français sur tous lestabacs en poudre d’Europe . Ce qu’il y a même de remarquable, c’est que la poudredite étrangère , qui est vendue comme tabac supérieur, est souvent bien moins bonneque la poudre ordinaire, ce qui provient toujours de ce que la qualité du tabac dechoix dont elle est composée ne compense pas l’infériorité d’une fermentation faite aumoyen de moindres quantités.
Le tabac en poudre ordinaire se compose essentiellement avec 70 ou 75 p. 100 detabacs indigènes du Lot , Lot-et-Garonne , Nord , etc. ; et de 30 à 25 p. 100 de tabacsétrangers de Virginie, Kentucky, etc. On y mélange en outre toutes les feuilles légèresqui ont déjà subi un commencement de fermentation et qui sont impropres à la fabri-cation du scaferlati, des rôles ou des cigares; on y met enfin tous les tabacs prove-nant des saisies.
Les feuilles, après la mouillade, sont soumises aux opérations successives sui-vantes: le hachage, la fermentation en masses, le moulinage, le tamisage, la fer-mentation en cases , et la mise en tonneaux ou en paquets.
4° Hachage. Le hachage des feuilles destinées à la poudre se fait d’une manièrebien moins parfaite que pour le scaferlati, mais aussi bien plus rapide. Il suffit effec-tivement que le tabac soit haché cinq ou six fois plus gros, et au lieu d’employer unseul couteau, se mouvant d’un simple mouvement de va-et-vient rectiligne, on se sertde plusieurs couteaux rangés sur la surface d’une roue cylindrique rapidement mo-bile autour de son axe ; sa surface vient frotter contre les feuilles entassées et amenéespar une toile sans fin. Le tabac haché retombe dans l’intérieur de la roue et descendà un étage inférieur.
2° Fermentation en masses. Le tabac est alors soumis aux mélanges des diversessortes arrêtées par le conseil supérieur de l’administration et porté dans la salle desniasses. Une salle contient de sept à huit masses ; ce sont des tas formés de 20 à 40mille kilog. occupant presque toute la hauteur de la salle, dont les parois et le plan-cher sont en bois de chêne ; 40 ou 50 centimètres sont seulement réservés entre leplafond et la surface supérieure des masses, et un étroit corridor règne le long delà