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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
salle qui est constamment fermée. Le tabac est tassé assez fortement par les massiers,et au centre on place un tube creux en bois dans lequel descend un thermomètre. Ilest bien de mêler au tabac du centre une certaine portion de tabac étant déjà en trainde fermenter, afin de hâter la fermentation nouvelle et d’accélérer ainsi la fabricationde la poudre qui demande souvent jusqu’à quinze mois. Au bout de dix à quinze se-maines , la température atteint 70 à 80° ; il s’est dégagé une très-grande quantité decarbonate d’ammoniaque et de carbonate de nicotine, et presque tout l’acide du tabaca disparu. Le carbonate d’ammoniaque constitue le montant du tabac. L’air ne doitjouer aucun rôle dans le phénomène qui se passe alors. Quand l’air pénètre dansles masses, la fermentation devient acétique.
Par des visites fréquentes on constate les températures successives que prennentles masses, et on surveille la marche de la fermentation. La chaleur produite est sigrande, que le tabac serait souvent carbonisé et amené à l’état d’humus, si on nesoignait pas suffisamment les masses, et si on n’y pratiquait pas des tranchées pourabaisser la température quand elle s’élève trop rapidement.
3“ Moulinage. Le tabac provenant des masses est porté dans des moulins où il estréduit en poudre. Un moulin est formé d’abord d’un cône en fonte creux , placé la baseen haut et le sommet en bas ; la surface interne du cône est couverte de rainures héli-coïdales aboutissant au sommet et présentant des lames en relief. Un cône plein placéen sens inverse est mobile autour de son axe d’un mouvement de rotation alternatif,et vient ainsi faire appuyer contre les lames en relief du premier cône d’autres lameshélicoïdales et obliques aux plans passant par l’axe du cône et les arêtes. Le tabacdevenu assez friable par la fermentation est ainsi serré et desserré dans les rainuresdu cône fixe. La poudre s’écoule par le sommet inférieur du cône fixe , percé d’uneouverture convenable.
4° Tamisage. Des moulins, le tabac tombant sur un plan incliné, descend sur destamis animés d’un double mouvement de va-et-vient continuel par des excentriquesconvenables mus par la machine motrice de la manufacture. La poudre d’un grainconvenable passe à travers le tamis et tombe sur une toile sans fin qui l’entraîne surun plan incliné d’où elle descend vers les cases. Le tabac non suffisamment pulvériséreste sur le tamis d’où il est rejeté par le mouvement de secousse latérale, et il estrepris pour repasser aux moulins.
5° Fermentation en cases. Les cases sont des cellules de 20 à 30 mètres cubesfermées de toutes parts par des planches et des madriers de chêne où on case la poudrequi s’y entasse en masses de 20 à 35 mille kilog. Au centre se trouve aussi un tubecreux où descend un thermomètre. Au bout de deux ou trois mois la températurecommence à s’élever; elle a atteint 40» environ , après sept ou huit mois. Alors cetteseconde fermentation, qui a surtout pour but de développer l’arome du tabac, est com-plète. On défait la case par une porte latérale et on enlève le tabac dans des sacs.
6° Mise en tonneaux ou en paquets. On porte le tabac dans une espèce de grandbassin en bois où on brise les sortes de mottes qui se sont agrégées, et on l’enlèvepar une noria sur des tamis d’où il sort pour être mis en tonneaux, ou en paquetsayant les poids déterminés par les demandes des entreposeurs. On ne fait de petitspaquets que pour le tabac étranger. On le met aussi dans de grands tonneaux pour leconserver quelque temps dans le magasin des expéditions. Enfin on fait quelquefoisdes mélanges de différentes sortes de tabacs pour satisfaire les goûts de certainsconsommateurs.
Les diverses manufactures ont livré, en 1844, les quantités suivantes aux magasinsdes expéditions :