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Tome huitième.
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POINT FIXE.

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inique, surtout pour la construction des grandes travées, la fonte est très-difficileà employer, tandis que la tôle et le fer semploient, dans ce cas, aussi facilement quedans celui des plus petites ouvertures.

Si un pont ne recevait jamais de surcharges mobiles, et sil navait à porter quunecharge uniformément répartie, il suffirait de placer larc supposé réduit à une épais-seur mathématique, suivant une courbe peu différente de la parabole pour que cetarc fût en équilibre, instable sous des efforts de compression seulement; mais laddi-tion de la plus petite surcharge suffirait pour troubler cet équilibre, et il ne pourraitsen établir un nouveau que par la mise en jeu de lélasticité de larc.

Si larc a b (fig. E, pl. 11), par exemple, est en équilibre sous laction dune sur-charge uniformément répartie sur m n, et quon exerce une action en c, léquilibreest troublé, et sil se rétablit au moyen dun aplatissement en c et dun relèvementen d, cest en vertu de lélasticité de larc.

Un arc en tôle et fer pouvant être considéré comme homogène, et jouissant detoute lélasticité quaurait une pièce unique, on pourrait être tenté de mettre en jeucelte propriété dans un pont; mais ce serait une mauvaise opération, attendu quentravaillant tantôt par extension, tantôt par compression, le fer et la tôle saltéreraientà la longue et deviendraient aigres et cassants; il se produirait, en petit, ce qui alieu quand on plie une feuille de tôle alternativement dans un sens ou dans lautre;dailleurs, quand, dans une même pièce, des parties travaillent les unes par com-pression, les autres par extension, elles sont inévitablement séparées par dautresavoisinant laxe neutre, ne travaillant ni dune façon ni de lautre, et par conséquentinutiles.

Pour bien employer la matière, on doit donc chercher à faire travailler les arcs entôle et fer dun pont fixe par compression dans toutes leurs parties, cest-à-dire à lamanière dune voûte en pierre, et ne compter sur leur élasticité que pour ie cas desurcharges extraordinares ou de chocs imprévus.

U nest pas inutile de faire remarquer que cette élasticité permettra sans aucuninconvénient, aux piles et culées dun pont, des mouvements qui suffiraient pouramener la ruine de ponts en fonte ou en pierre.

Comme, quelque bien fondé que soit un pont, ces mouvements sont à craindre, etque leur effet est dautant plus sensible que les travées ont plus douverture, la pru-dence seule suffit pour commander de préférer la tôle et le fer à la fonte dans lesconstructions des grar.ds ponts fixes.

Les considérations précédentes ont pour but de justifier lemploi exclusif de la tôleet du fer dans la construction des arcs du nouveau système de pont, et la détermi-nation prise de ne faire résister ces arcs que par compression, leur élasticité devantservir seulement à détruire leffet de chocs violents imprévus, et à remédier au mou-vement possible des piles et culées.

DISCUSSION DE LA FORME DES ARCS.

Puisque les arcs en tôle et fer doivent résister seulement à des efforts de compres-sion analogues à ceux qui se produisent dans les voûtes en pierre, il est bon dexa-miner ce qui se passe dans celles-ci ; or, dans une voûte en pierre , il sexerce surchaque plan de joint des actions qui peuvent se combiner en une force unique agissanten un point de plan appelé centre de pression de ce plan, et léquilibre ne peut sub-sister que si la ligne joignant ces différents centres de pression, cest-à-dire la courbedo pression, passe constamment dans lintérieur du profil de la voûte.