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notamment des remorquages par de mauvais temps. Laissons parler le rap-port officiel adressé au ministre de la marine par le capitaine Labrousse,son éminent commandant : « Le Chaptal, dit-il, s’est bien comporté dansles diverses circonstances de sa navigation, soit à la voile, soit à la vapeur...Il gouverne parfaitement bien... Il obéit très-vivement à la barre... Il portetrès-bien la voile.
« Les mouvements de tangage sont aussi doux qu’on puisse le désirerlorsque les circonstances permettent de modérer la machine. Lorsque, aucontraire, le bâtiment marche à l’encontre de la lame avec une grande
vitesse, les mouvements alors sont durs (1). Les mouvements de roulis
n’ont rien d’exagéré, même dans les circonstances les plus défavorables;le navire n’a jamais fatigué sous ce rapport. »
Répondant ensuite à cette question : Le Chaptal marche-t-il bien à lavoile? le rapport ajoute : « Lorsque la carène est propre, avec les quatrevoiles majeures le navire atteint 10 nœuds à l’heure... et par une bonnebrise, 11 nœuds 9; avec voile, machine et bonne brise, 13 nœuds 7... Lenavire a été construit avec un grand soin ; il est encore en parfait état.Les cloisons étanches, solidement établies, sont réellement et absolumentétanches. La machine vient, du reste, d’être soumise à une rude épreuveen remorquant, par de très-mauvais temps, la frégate la Pandore, du Pirée à Constantinople et à Smyrne , et rien n’a bougé dans l’appareil. »
Une autre fois le Chaptal a remorqué la frégate la Pandore, le brickrusse Jason et le brick français Fahert, à la vitesse de 6 nœuds et demi parheure en temps calme, la mer étant cependant un peu houleuse. Remor-quant la Pandore seule, on a obtenu, avec un chauffage ordinaire, unsillage moyen de 7 nœuds passé. Pendant une lutte de vitesse avec unpaquebot autrichien, le sillage s’est élevé à 8 nœuds passés.
On avait conçu des inquiétudes sur les chaudières dont le tirage est peuactif, mais, dit le rapport, « les améliorations sont peu urgentes, puisquela production de la vapeur est assez grande pour assurer au Chaptal unemarche supérieure à celle de la plupart des batiments de la flotte. »
Qu’il me soit permis de placer un regret : combien n’est-il pas à déplo-rer que, d’essais en essais, on en vienne à perpétuellement changer demodèle en France , sans jamais laisser aux constructeurs la faculté de per-fectionner leur système et de retrouver, sur plusieurs éditions d’une mêmemachine pour ainsi dire, le bénéfice légitime qu’il est presque impossibled’obtenir dans la première exécution d’un modèle! Voilà encore un dessecrets de la prospérité des constructeurs anglais . Combien de fois déjàPenn, Bury, Maudslay, Miller, Napier, Rennie, Favvcett, n’ont-ils pasreproduit la même machine en la perfectionnant? M. Gavé a obtenu sur leChaptal, premier en son genre, tout le succès qu’il est permis d’attendre
(1 ) On sait que tous les navires à vapeur sont dans le même cas.