PRESSE LITHOGRAPHIQUE MÉCANIQUE. 173
L’encrage et le mouillage sont montés aussi sur un chariot qui se meut par le moyend’une roue dentée seulement sur une partie de sa circonférence et engrenant avecune crémaillère, dont il est muni, pour venir à la rencontre de la pierre et s’enretourner rapidement. Les rouleaux encreurs animés ainsi d’un mouvement lent, enallant, déposent bien leur encre sur le dessin, et le retour accéléré produit le nettoyagede la pierre, c’est-à-dire qu’il enlève l’excès d’encre et les taches.
Les cylindres mouilleurs sont des sacs pleins d’eau, qui, de la sorte, sont extrême-ment flexibles et mous. Cette eau ne sert que de coussin; l’eau du mouillage est ver-sée sur un tissu à poils qui recouvre ces rouleaux.
La pression a lieu par le moyen d’un râteau sous lequel va et vient un cuir tendupar l’intermédiaire duquel la pierre reçoit la pression. Le papier livré par le margeurest amené par des rubans.
La machine est munie d’un arbre portant plusieurs cames qui opèrent et règlentles mouvements de l’embrayage, de la pression et de l’encrage.
M. Thez, dans son brevet du 4 septembre 1847, décrit un moyen de faire marcher,au moyen d’un manège, plusieurs presses lithographiques rangées autour d’une granderoue commune. La plupart des fonctions de ses presses se font manuellement.
M. Lacroix de Rouen (5 février 1848) a perfectionné la machipe de M. Nicolledécrite plus haut. L’inventeur a cherché à résoudre, d’une manière plus efficace, lesproblèmes sur lesquels M. Nicolle basait son invention, à savoir: le mouillage etl’encrage parfaits, imitant le travail manuel par des moyens automatiques. C’estdonc principalement sur les transmissions de mouvement que portent les perfection-nements.
M. Paul Dupont a demandé un brevet de quinze ans, le 14 août 1849, pour unedisposition par laquelle il fait marcher mécaniquement le chariot de deux presses dusystème Benoît, placées à peu de distance l’une de l’autre; un ouvrier et deux apprentisdesservent ces deux presses, effectuant au moment voulu, par un débrayage, l’arrêtdes chariots et leur retour, ainsi que les diverses opérations que nécessite le servicede ces machines.
Un autre brevet, pris par le même inventeur, le 26 octobre 1852, décrit une dis-position analogue.
MM. Kaltenbach et Lamirelle, qui ont pris un brevet le 9 août 1849 et un certificatd’addition le 29 avril 1850, décrivent une presse qui présente une grande analogieavec la première de celles imaginées en 1832 par M. Lachevardière, et dans laquelle lepapier passe sur un rouleau et sous une pierre lithographique cylindrique, recevantl’encre d’un encrier supérieur.
MM. Brandon et Laneuville, brevetés le 22 mai 1850, décrivent une presse danslaquelle ils emploient deux pierres dont la surface est arquée comme une portion decylindres. Ces pierres sont montées dans des supports tournant sur un arbre et dia-métralement opposés. Ces pierres dans leur rotation rencontrent d’abord un cylindrebaignant dans une auge pleine d’eau et qui les mouille ; puis des rouleaux encreurs,puis enfin le papier sans fin qui passe sur un rouleau muni d’un système de levierset de contre-poids pour produire la pression nécessaires. Les pierres impriment ainsialternativement.
M. Massiquot (1853), décrit un système de presse lithographique, dans laquelle ilfait porter le râteau ou le cylindre par un chariot mobile qui se promène au - dessusde la pierre immobile.
Nous arrivons enfin à la description de la presse imaginée par MM. Vaté et