HUILERIE.
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3° La première pression, ou le froissage proprement dit ;
4° Le second écrasage des graines pressées, ou le rebat ;
5° Le chauffage de la graine provenant de cette opération ;
6° La seconde pression.
Froissage de la graine. — Dans les anciens procédés d’extraction,on faisait usage pour la première trituration de pilons ou bocards, quiconsistaient en de fortes tiges de bois de chêne armées de fer, qui pilaientla graine dans des mortiers également en bois avec fond en fonte.
Ces instruments, très-simples d’ailleurs, avaient l’inconvénient de tenirbeaucoup de place, dans l’obligation où l’on se trouvait de les multiplier àcause de leur faible travail; ils faisaient aussi beaucoup de bruit, et pou-vaient se détériorer facilement.
Après avoir essayé de les remplacer par des machines à broyer dedivers systèmes, on paraît s’être arrêté généralement à l’emploi d’un coin-primeur et des meules verticales. Ces derniers appareils sont adoptés eneffet dans les grandes fabriques, comme celle dont nous nous occuponsactuellement.
L’écrasage préalable est donc indispensable pour faciliter l’extractionpar la presse.
Chauffage de la graine. — L’usage de chauffer la graine avant dela soumettre aux presses est considéré par les chimistes comme nuisibleà la qualité de l’huile obtenue - , mais l’extraction à froid serait difficile etne donnerait qu’un faible rendement : l’épuration qui vient à la suite desopérations rend du reste les huiles suffisamment propres à l’industrie et àl’éclairage.
Il existe deux systèmes de chauffoirs : ceux à feu nu, et ceux à vapeur.Les fabricants ne sont pas d’accord sur le mérite de ces deux systèmes, quine diffèrent du reste que par le degré de température qu’ils peuvent four-nir respectivement.
La vapeur qui sert au chauffage, étant ordinairement produite par lesgénérateurs qui alimentent la machine motrice de l’usine, il est évidentque la température ne peut guère dépasser 130 à 140 degrés. Chiffre infé-rieur à celui que le chauffage à feu peut fournir. Mais le chauffage à lavapeur est plus régulier; et d’après les considérations ci-dessus, la tempé-rature peu élevée ne peut qu’être favorable à la qualité. On ne peut doncattribuer son rejet par de certains fabricants qu’à la différence du rende-ment qu’ils supposent un peu inférieur à celui obtenu par le chauffage àfeu nu.
Première pression. — La graine sortant du chauffoir est mise dansdes sacs; on en soumet ainsi au moins quatre à la fois à la presse, formantun poids total de graines qui ne dépasse pas ordinairement 10 kilogrammes.
On s’est servi anciennement, et on fait encore usage dans quelquesetablissements, des presses à coin pour extraire l’huile. Ces presses se com-posent d’une bâche dans laquelle on dépose les sacs de graines, en les