182
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
séparant l’un de l’autre par des coins en bois, que l’on serre en laissanttomber sur leur sommet un lourd maillet; ce dernier est formé d’un pilonpesant environ 250 à 300 kilogrammes, qui est enlevé par une came montéesur un arbre moteur horizontal.
La fonction d’une telle presse est bonne, mais lente ; d’autre part cesmachines font beaucoup de bruit et occasionnent des vibrations généralesqui nuisent aux fondations.
Cependant, dans plusieurs départements de la France , et particulière-ment dans le Nord , on les préfère encore aux presses hydrauliques, quiprésentent néanmoins de grands avantages, et n’ont pas les mêmes incon-vénients, ce qui, par cela même, les a fait adopter dans les huileries nou-velles.
Ces presses varient aussi dans leurs dispositions. Les unes sont verticales,les autres sont horizontales; la plupart agissent à froid, comme les pressesà coin ; depuis peu quelques-unes sont chauffées à la vapeur, comme lespresses destinées à la fabrication des bougies stéariques ; mais c’est surtoutdu côté de la pression qu’on leur fait excercer, qu’il existe des différencesnotables. Il semblerait, comme on le verra plus loin, que la conditiond’être ou non chauffées donne lieu à ces différences.
Nous devons dire, quant à présent, qu’avec les presses hydrauliques verti-cales, agissant à froid, on opère à des pressions considérables qui se sontélevées successivement depuis cent mille jusqu’à deux cent cinquantemille kilogrammes, pour le rebat, ou la deuxième extraction ; on sait, aureste, que cette pression doit être, dans tous les cas, infiniment supérieureà celle qui est nécessaire au froissage.
Deuxième extraction ou rebat. — Après l’opération précédente,la graine contenue dans chaque sac forme une masse fortement agrégéeappelée tourte ou tourteau , que l’on brise pour être soumise de nouveauaux meules verticales, et ensuite aux mêmes opérations que précédem-ment. Cette seconde opération, qui constitue le rebat proprement dit, atoujours lieu, quel que soit le mode d’extraction ; mais le produit est tou-jours bien moindre qu’à la première extraction, et d’une qualité inférieure.
Là se terminent les opérations de l’extraction proprement dite. Il nereste plus qu’à épurer les huiles obtenues.
ÉPURATION DES HUILES.
On se sert pour cette opération d’un procédé dû à M. Thénard , qui con-siste à brasser l’huile brute avec un certain volume d’acide concentré.
Voici comment M. M.-J. Girardin, professeur de chimie à Rouen , décritce procédé dans son recueil de leçons.
« M. Thénard a indiqué, il y a longtemps, un excellent moyen de séparer deshuiles la matière mucilagineuse et une partie de la substance colorante, et de lesrendre par là plus propres à l’éclairage.