Band 
Tome dixième.
Seite
183
JPEG-Download
 

HUILERIE.

183

« Son procédé, dont lindustrie sest bien vite emparée, consiste à battre fortementles huiles avec 1 1/2 à 2 ou 3 centièmes dacide sulfurique concentré. Le battagesopère au moyen dun agitateur à palettes, dans un grand bac doublé en plomb oudans des tonnes pouvant contenir plusieurs hectolitres dhuile, on verse lentementet par fractions lacide dans le bac ; on bat lhuile pendant 20 à 25 minutes, onlaisse reposer un quart dheure, et on agite encore pendant quelques minutes.

« Lhuile devient dabord verte et passe au noir à mesure que le mucilage secharbonne et se précipite ; le précipité noir sen sépare ensuite complètement, etlhuile, dans laquelle il nage des flocons, prend une grande limpidité. On abandorneau repos pendant 24 heures, puis on introduit par hectolitre 25 à 30 litres deauà + 35 ou 40°, ou un courant de vapeur; on bat pendant 8 à 10 minutes, puis onfait écouler le mélange dans de vastes réservoirs placés dans un lieu la tempéra-ture est maintenue à + 25°. On laisse reposer pendant 3 jours.

« La masse est alors divisée en trois couches. La supérieure est formée parlhuile épurée , quon filtre au travers dune couche de mousse recouverte dun litde tourteau, ou au travers de coton mis entre des plaques de métal percées detrous. La seconde couche est de lhuile impure, épaisse et brunâtre, que ion con-serve à part, et dont, à la longue, on retire encore une certaine quantité dhuilepure. Enfin, la troisième couche est leau chargée dacide sulfurique et de la matièreétrangère dénaturée. Cette eau sert à la fabrication des couperoses ou pour le déca-page des métaux.

« M. Dubrunfaut a rendu ce procédé plus prompt au moyen de la modificationsuivante : Lorsque lhuile a été battue avec lacide sulfurique, quelle a pris unaspect verdâtre, et que le dépôt des matières altérées par lacide commence à seformer, on ajoute peu à peu de la craie délayée en bouillie épaisse jusquà ce que lepapier de tourne-sol indique que la saturation est opérée. On laisse déposer, et lonsoutire lhuile dans des cuves dont le fond est percé de trous garnis de mèches decoton ou de laine cardée. Pour éviter cette filtration toujours longue et embarras-sante, on place lhuile trouble dans une grande futaille, et on la bat avec du tourteaupulvérisé et sec.

« Pour six hectolitres dhuile, on emploie 50 kilogrammes de tourteau. Après20 minutes de brassage, on laisse déposer. Huit à dix jours après cette opération,on peut soutirer environ 4 hectolitres dhuile parfaitement claire, quon remplace parune égale quantité dhuile trouble. Trois jours après on peut exécuter un nouveausoutirage, et ainsi de suite, jusquà ce quon ait clarifié, avec les 50 kilog. de tourteau,près de 200 hectolitres dhuile.

Le déchet des huiles par lépuration varie de 1, 5 à 2 p. 0/0, suivant leur qualité,le procédé de fabrication, etc.

« Pour quune huile épurée soit de bonne qualité, elle ne doit, en brûlant, ninoircir ni charbonner la mèche, ce qui indiquerait que le lavage a été mal fait et napas enlevé tout lacide; ni la couvrir de petits champignons, ce qui prouverait uneépuration incomplète; ni être colorée ou trouble, ni avoir perdu toute sa viscosité etcouler comme de leau, parce quelle se consumerait alors trop vite, ce qui seraità lemploi dun trop grand excès dacide. Le meilleur moyen pour essayer les huiles,sous ces rapports, est de faire brûler une quantité égale de divers échantillons avecune mèche de veilleuse; la durée de chacune des huiles, la qualité de la lumière etléclat des mèches feront juger de leur valeur relative. »