CHAUDIÈRE TUBULAIRE.
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On a proposé un assez grand nombre d’appareils à rentrée d’air qui onteu peu de succès : nous renvoyons aux ouvrages de MM. Péclet, W. Wil-liams, pour les détails de ces essais. Nous nous contenterons de dire iciqu’ils n’ont en général que peu réussi, et qu’on doit attribuer leur insuccèsà trois causes importantes :
1° Dans la presque totalité de ces appareils, les rentrées d’air sont pla-cées loin du foyer à l’origine des carneaux : il en résultait que les gaz,ayant déjà perdu une notable partie de leur chaleur, ne pouvaient pluss’enflammer, ou au moins ne brûlaient qu’incomplétement ;
2° Tout le monde sait qu’il y a une grande difficulté à obtenir un mé-lange intime des gaz combustibles avec l’air. On a imaginé à cet effet unassez grand nombre d’appareils qui ont souvent donné de bons résultats,mais que leur prix et leur complication n’ont pas permis d’appliquer auxfoyers des chaudières; on sait que, pour obtenir la combustion à peu prèscomplète du combustible, il faut dans les foyers ordinaires introduire aumoins le double de la quantité d’air qui serait théoriquement nécessaire.Les veines de gaz combustible et d’air «voyagent volontiers parallèlementsans se mélanger d’une manière assez intime pour que la combustions’opère, et le tirage d’une cheminée est surtout propre à produire cetinconvénient. Il s’ensuit que, presque toujours, l’air introduit par lesmoyens dont nous venons de parler était en quantité insuffisante et n’avaitpas d’effet sur la fumée, ou bien ne la brûlait qu’à la faveur d’un grandexcès, et produisait un effet nuisible au point de vue de l’économie. Unefaute grave, commune à presque tous ces appareils, accroissait cet incon-vénient : c’est la distance beaucoup trop faible laissée entre la surface ducombustible et la chaudière ; le contact de ce corps relativement froid,tendant en effet à éteindre les gaz et à leur enlever la chaleur qui leur estindispensable pour qu’ils puissent se rallumer au contact de l’air;
3° Enfin, on n’a que fort rarement employé des moyens de réglementa-tion pour se rendre maître du volume d’air introduit, qui arrivait généra-lement à la fumée par des carneaux en briques, ou des tuyaux métalliqueslaissant passage à une quantité d’air tout à fait indépendante de la con-duite du foyer, dans lequel on ne cherchait pas non plus à rendre aussiuniforme que possible la production de cette fumée que l’on voulait brûler.
Le simple examen des dispositions de la chaudière de MM. Molinos etPronnier, comparé à ce qui précède, doit suffire à faire comprendre pour-quoi, loin d’étre découragés par les tentatives qui les ont précédés, ils ontcru, au contraire, pouvoir remédier aux inconvénients que nous venonsde signaler, et résoudre, dans les conditions industrielles et économiquesles plus favorables, le problème de la combustion de la fumée.
Ces ingénieurs brûlent d’abord le combustible sur une couche épaisse,de façon à atténuer autant que possible l’influence des charges ; ils pro-duisent ainsi de l’oxyde de carbone, dont ils opèrent la combustion aumoyen d’une injection d’air latérale placée sur les côtés de la grille. Cet