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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
air, lancé par un ventilateur, se mélange intimement avec les gaz com-bustibles, par suite des tourbillons produits par la rencontre des veinesgazeuses, dont les directions sont perpendiculaires; l’inflammation se pro-duit, et est encore favorisée par la haute température des gaz mélangésainsi à la surface même du combustible.
Ces gaz brûlent alors dans une vaste chambre qui constitue la boîte àfeu, passent par-dessus un bouilleur, se replient pour entrer dans lestubes, et auparavant rencontrent une autre injection d’air en sens con-traire de leur marche, qui, perçant la masse des gaz enflammés de veinesd’air animées de vitesses opposées, en achève la combustion complète.Cette combustion s’opère dans l’espace réservé entre le bouilleur et lestubes, de sorte que les gaz ne pénètrent dans ces derniers que complète- !ment brûlés.
La conduite de ce foyer est de la plus grande simplicité. Le charbonune fois chargé sur la grille, on lance l’air à la partie inférieure du cen-drier, puis on ouvre les tubes d’introduction d’air réglés au moyen deregistres. Cette ouverture se fait avec ménagement, et en n’ouvrant exac- :tement que de la quantité nécessaire pour que la fumée disparaisse. Commel’expérience l’a prouvé, une fois que l’ouverture du registre est détermi- ;née, il n’est plus utile d’y toucher, même pour charger, et à ce moment ilne se produit pas d’apparence de fumée.
Nous avons parlé plus haut de l’importance qu’il y a dans l'industrie àaugmenter la production du mètre carré de surface de chauffe. MM. Mo-linos et Pronnier ont réalisé cette condition dans une grande mesure,comme le prouvent les chiffres que nous citons plus bas. Il est facile de jvoir à quoi on doit attribuer ce résultat remarquable : il est dû en grandepartie à l’emploi du courant d’air forcé des chambres de combustion, etpar suite à la localisation de la combustion. La chaleur, développée par lacombustion, est en effet concentrée dans un espace restreint, dans la boiteà feu, et les gaz, chargés de suite de cette chaleur qu’ils emportent à l’étatspécifique, ont pour la transmettre toute l’étendue des tubes.
L’emploi du ventilateur a été retardé dans l’industrie par diverses con-sidérations peu sérieuses. Maintenant que la construction des machines ,entre largement dans la voie des machines d’alimentation spéciales à bon jmarché, il est impossible que cet appareil, qui présente toute sorte d’avan-tages, ne se répande pas rapidement. L’établissement d’un ventilateur et |de la petite machine nécessaire à le mettre en mouvement est maintenant !moins cher que la construction d’une cheminée, et M. Péclet a fait voirque l’effet utile d’une cheminée est à celui d’un ventilateur dans le rap- |port de 1 à 100 environ. |
On pourrait faire à cet appareil une objection relative à la charge : c’estqu’il est nécessaire, à ce moment, de suspendre l’introduction de l’air.
Les auteurs répondent à cette objection par un fait : les personnes lesplus compétentes en matière de chauffage, et M. Péclet à leur tête,