MOULIN DE SA1NT-MAUR.
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sert que d'intermédiaire entre celui-ci et l’arbre de la meule : par consé-quent il ne tournerait réellement sur lui-même que dans le cas où il yaurait du jeu dans le mécanisme.
M. Darblay a cru devoir adopter cette disposition pour arriver à biencentrer le fer de meule sur la pointe inférieure; il y avait évidemment làune difficulté d’exécution, parce que cet arbre vertical devant être creuxpour servir de conduit au blé, en même temps qu’il porte sa poulie de com-mande, ne pouvait se prolonger en contre-bas de la meule inférieure, sansêtre assemblé avec un bout d’axe plein traversant celle-ci. Il faut d’ail-leurs, comme on sait, que la meule mobile soit entièrement libre ; elle nepeut être assemblée d’une manière rigide avec son arbre, attendu que, parl’action de la force centrifuge due à sa grande vitesse, le moindre défautd’équilibre produirait de très-mauvais effets, ferait de mauvaise mouture etoccasionnerait souvent des accidents.
Aussi, l’assemblage est tel que la meule, tout en étant entraînée dans lemouvement de rotation par l’arbre et la nille, est entièrement libre,comme si elle n’était portée que sur une pointe passant à son centre degravité.
Distribution du blé. — L’arbre F est creux, comme nous venons dele dire, jusqu’à son sommet, où vient aboutir le tube en cuivre I, quis’élève, en s’obliquant, vers le plancher supérieur, pour aboutir soit à labase d’une grande trémie recevant les blés nettoyés et placée au-dessus,soit à des comprimeurs qui concassent préalablement le grain avant depasser aux meules. On sait qu’une valve ou soupape mince à clef s’adaptevers le haut de chaque tube semblable, pour ouvrir la communicationavec ce réservoir, et permettre au grain de descendre. Il sort alors parles deux petites tubulures g , qui sont rapportées à la partie inférieure dufer de meules, de chaque côté du manchon de la nille, et se projette ainsidans l’œillard de la meule, d’où entraîné par la rotation de celle-ci entresa surface travaillante et celle du gît, il ne tarde pas à être écrasé et com-plètement réduit en boulange.
Règlement de la mouture. — Comme il importe de régler très-exac-tement l’écartement des deux meules, suivant la nature et la quantité detravail que l’on doit faire, la crapaudine qui porte la pointe aciérée c nerepose pas directement sur le fond de la poêlette, mais bien sur le boutd’une tige verticale en fer h, qui traversant ce fond, est filetée dans unepartie de sa hauteur, pour entrer dans l’écrou mobile en fonte J (fig. 4),lequel présente, à sa base, la forme d’un disque à bord levé, et dentésur toute sa circonférence, afin de recevoir dans ses entailles une clef àpoignée K que l’on peut faire tourner à la main, d’un côté ou de l’autre àvolonté.
Or, la tige ne peut tourner, parce qu’elle est retenue par une clavetteou nervure dans le centre de la poêlette; par conséquent, lorsqu’ontourne l’écrou, à droite par exemple, on la fait monter et avec elle le