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Tome dixième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

On tient, avant tout ici, à avoir du beau pain, et pour cela les farinesles plus blanches. Il faut alors, pour les obtenir, affleurer les meules con-sidérablement, et, par suite, on ne peut pas produire beaucoup.

Ainsi, la moyenne est à peine 18 à 20 hectolitres de blé moulu en vingt-quatre heures, par paires de meules de l m 30 de diamètre, rayonnéesà langlaise, et tournant à la vitesse normale de 120 révolutions parminute.

Il est vrai que lon se demande aujourdhui si cest réellement un pro-grès pour la consommation générale, dêtre arrivé à produire daussibelles farines, à faire du pain aussi blanc, quil faut nécessairement payerplus cher, et qui, en définitive, est moins nutritif quun pain inférieursous le rapport de la blancheur, mais fabriqué avec des farines moins tra-vaillées.

On est devenu, il faut le dire, très-difficile à Paris pour le pain ; les ouvriersde toutes les classes, aussi bien que les bourgeois les plus aisés, tiennent àmanger du pain très-blanc; aussi le commerce de la boulangerie a semontrer, par cela même, très-exigeant envers les meuniers. Il a bienfallu que ceux-ci cherchassent à perfectionner leurs appareils, leurs pro-cédés de travail pour satisfaire cette exigence, qui a été sans cesse encroissant.

Cependant ladministration supérieure soccupe, avec une louable pen-sée, de faire des essais servant à démontrer que du pain produit avec desfarines rondes, obtenues par suite avec des meules moins affleurées, seraitplus avantageux, plus nutritif, et aurait le grand avantage de revenir àun prix moins élevé. Sans doute il aurait un peu moins dapparence, maisil tiendrait plus au corps; il se rapprocherait du pain de ménage que lonsait bien faire dans la campagne. Il aurait en outre le mérite de resterplus longtemps frais, tandis que le pain blanc, après quarante-huit heuresde cuisson, devient tout à fait sec, et se réduit bientôt en poussière (1).

Parviendra-t-on à changer les habitudes prises aujourdhui dans toutela population parisienne, et à lui faire adopter ce pain normal , qui tien-drait le milieu entre les pains de première et de deuxième qualité quelon fabrique aujourdhui généralement (2). Nous le désirons plus que nousnosons lespérer; nous sommes pourtant persuadé que ce serait un véri-

(1) Voici à ce sujet un extrait du compte rendu, publié par M. Vaiserres, sur les essais ordonnéspar le Conseil municipal de Paris à la boulangerie des hospices, et que nous ayons reproduit inextenso dans le Génie industriel :

« On sait que pour les premières marques, lextraction du son, des issues et des farines infé-rieures a lieu sur le pied de 35 à 40 p, o/O, et que pour la troupe, lextraction fixée dabord à 10,puis à 15 p. 0/0, a été portée à 20 p.0/0. Il sagirait donc de prendre un titre un peu au-dessus desfarines de troupe, soit 25 p. 0/0 dextraction pour le pain intermédiaire. «

(2) La boulangerie parisienne, avec son monopole, est organisée spécialement pour faire despains de fantaisie et du pain de première qualité. Ce sont ces sortes de marchandises qui luidonnentle plus de bénéfices, tandis que le pain de la seconde qualité lui laisse très-peu de marge.Cest ce qui explique le peu de soin quelle met à le confectionner, et ia sorte de répulsion quilinspire aux consommateurs.