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table progrès, et que la classe inférieure surtout, celle qui travaille leplus des bras et du corps, s’en trouverait très-bien de toute façon, par lameilleure nutrition, et par l’économie réelle qu’elle pourrait réaliser.
Nous croyons que la différence du prix de ce pain normal, par rapport àcelui de première qualité, pourrait être, dans bien des cas, de 6 centimespar kilogramme, parce que, avec la même force motrice, les moulinspourraient en produire davantage, et parce que, aussi, le blutage ne seraitpas poussé au même degré (1). Or, il serait facile de calculer quelle serait,sous ce rapport seulement, l’économie qui résulterait dans la consomma-tion générale.
Supposons, par exemple, 100,000 ouvriers qui, au minimum, con-somment : 750 grammes de pain par jour,
soit, par année: 365 x 0,750 = 273 k 750.
Leur consommation totale annuelle est alors de :
273 k 750 X 100,000 = 27,375,000 kilogrammes.
A 6 centimes, en moins, par kilogramme,-on voit que l’économieserait de :
27,375,000 x 0 f 06 = 1,642,500 francs.
Ainsi, pour une population de 1,000,000 d’habitants, on réaliserait enargent une économie de 16,425,000 francs.
Mais ce n’est pas tout, il est évident que par cela même que le painnormal est moins susceptible de sécher que le pain blanc, on en perdraitmoins, et, par conséquent, on obtiendrait encore de ce côté une écono-mie très-notable.
On comprend donc que, sous ce double rapport de l’hygiène et de l’éco-nomie, il y aurait certainement un grand avantage pour la plus grandepartie de la population à manger du pain de cette qualité. Les meunierscomme les boulangers n’y perdraient nullement, puisqu’ils pourraientlivrer et obtenir les farines à meilleur marché.
, Dans certaines contrées de la France , où l’on est beaucoup moins exi-geant qu’à Paris sur la blancheur et la finesse de la farine, on fait pro-duire à chaque paire de meules notablement plus de mouture que dans lesmoulins des environs de Paris .
Ainsi, avec des meules de même diamètre (l m 30), marchant à la mêmevitesse (120 tours par minute), on écrase 28 à 30 et 32 hectolitres parvingt-quatre heures et par paire de meules, et on ne dépense pas propor-tionnellement autant de force motrice. Nous avons donné dans le tome vi aun tableau très-complet, à ce sujet, pour montrer la puissance moyenne
0) M- Valserres porte la réduction à 8 centimes par kilog., d’après les expériences faites à laboulangerie des hospices.