MACHINES L0C0M0B1LES.
261
Or, lorsque le blé coûte 50 francs les 100 kilogrammes, comme celuique l’on a généralement payé depuis quelques années, il faut déjà compterpour l’achat seulement, sur une dépense de :
14,850 x 50 = 742,500 francs.
On doit juger par ce simple aperçu quel capital de roulement considé-rable il faut posséder, pour entretenir un moulin de cette importance,qui n’a pas coûté, en origine, moins de 1,000,000 de francs à établir, etqui, pour s’alimenter, d’une manière constante, peut moudre une aussigrande quantité de grains.
Aussi, avant M. Darblay, plusieurs meuniers, d’ailleurs fort habiles etfort honorables, n’ont pu, faute de capitaux suffisants, continuer à le fairemarcher. Cela se conçoit d’autant mieux que, pour la boulangerie deParis , on est obligé d’accorder un certain crédit, qui n’est pas moins dequinze jours, et qui s’élève souvent à un mois. Or, comme il faut avoir,d’un côté, des approvisionnements de blé pourprés d’un mois à l’avance,et, d’un autre côté, des réserves de farine pour à peu près le mêmetemps, on est conduit à un capital énorme. Il est vrai de dire que le blén’est pas toujours, heureusement, à un prix aussi élevé; mais lorsqu’ilrevient, année commune, moyennement à 25 ou 26 francs l’hectolitre,soit 32 à 33 francs les 100 kilogrammes, le chiffre deroulement est en-core très-considérable.
Il en est, du reste, de la meunerie comme de tous les établissementsindustriels, montés sur une certaine échelle, il faut réunir à la fois,comme M. Darblay, l’intelligence, une bonne direction, et les capitauxnécessaires pour prospérer.
' 0
MACHINES LOCOMOBILES POUR L’AGRICULTURE.
L’Exposition universelle de 1855, comme l’Exposition agricole de 1856,ont prouvé que l’on s’occupe, avec une louable activité, de la constructiondes machines Iocomobiles, aussi bien en France qu’en Angleterre, et dansquelques autres parties du continent.
On a, en effet, reconnu les services importants que ces sortes d’appa-reils sont susceptibles de rendre, particulièrement dans les travaux agri-coles, pour mettre en mouvement une foule d’instruments divers, telsque machines à battre le blé, hache-pailles, concasseurs, coupe-racines,pressoirs, et môme, dans certains cas, des moissonneuses, des charrues,des machines à drainer, etc.
MM. Calla et Flaud, à Paris , M. Duvoir, à Liancourt , MM. Lotz etRenaud, à Nantes , et quelques autres constructeurs, construisent aujour-d’hui ce genre de moteurs avec un grand succès, sur des forces variablesdepuis 1 et 2 chevaux jusqu’à 5 à 6 chevaux et plus.