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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Un pli dans le tissu ou le moindre corps étranger placé sur la surface, auxpoints où la tonte s’opère, peut occasionner des défectuosités préjudi-ciables.
« Il faut par conséquent que la disposition des lames ou coupeurs puisseêtre réglée à volonté par l’ouvrier, qu’il puisse les éloigner ou les rappro-cher plus ou moins des filamenls, suivant la nature du drap à tondre ouselon la période du travail. Il faut également que le tissu, en se présentantaux tranchants, soit fortement uni par l’action de la machine, pour êtreà l’abri des accidents que nous avons signalés.
« Enfin, il ne suffit pas, pour obtenir un résultat parfait, de pouvoirréaliser les conditions ci-dessus indiquées; il est en outre nécessairequ’aucun filament d’une même couche ne puisse se dérober à l’action descouteaux, et que la section faite par ceux-ci ait lieu de façon à terminerles pointes des fibres en biseau, et non carrément ou perpendiculairementà leurs axes, afin de les faire paraître plus fins, et de donner, par suite, àtoute la surface un aspect plus favorable.
« Comme les fibres prennent naturellement, et par suite des lainages,des directions dans tous les sens, il est bon, pour les atteindre plus sûre-ment, d’opérer le tondage de telle sorte, que l’action des lames, par rap-port à elles, se présente alternativement dans des sens opposés, et quepar conséquent leur coupe ait lieu tour à tour dans la direction transver-sale et dans celle longitudinale du tissu. On parvient ainsi à tondre lesfibrilles en biseau, et à affiner davantage le poil du drap. »
Depuis longtemps, le problème du tondage mécanique est résolu ; on atrouvé la possibilité de satisfaire, avec plus ou moins d’exactitude, à toutesles conditions précitées; seulement, comme cela a lieu dans la construc-tion de toutes les machines qui demandent quelque précision, chaqueconstructeur a apporté successivement divers perfectionnements plus oumoins importants, dans le but de rendre ces tondeuses d’un usage plusfacile, de produire un travail plus régulier, plus parfait, et d’opérer enoutre avec une plus grande célérité.
MM. Schneider et Legrand, qui s’occupent tout particulièrement de cegenre de machines, ont contribué, suivant nous, à l’amélioration généraledes tondeuses longitudinales et transversales. Aussi les modèles qu’ilsavaient envoyés à l’Exposition universelle , et qu’ils ont bien voulu nousautoriser à relever, ont été examinés par les nombreux visiteurs avecbeaucoup d’intérêt, et ont fait le sujet de plusieurs commandes impor-tantes aux constructeurs (1). Ces tondeuses se distinguent, du reste, à lafois par une excellente construction et par différentes combinaisons par-ticulières permettant de régler, avec une grande précision, chacun desagents travailleurs.
(1) Les tondeuses de MM. Schneider et Legrand ont obtenu dans la 7= classe (mécanique spé-ciale et matériel de manufactures des tissus), une médaille de 2e classe.