MACHINES A VAPEUR ACCOUPLÉES.
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Mais ce qui a lieu également, et qui est encore nuisible à un bon effet,c’est que la vapeur en se rendant au grand cylindre est obligée de circu-ler dans des canaux qui sont alternativement en communication avec lepetit cylindre et avec le condenseur ; d’où il résulte nécessairement pources canaux un refroidissement bien anormal, alors qu’il s’agit d’y fairepasser ensuite de la vapeur déjà détendue, ou dont on veut pousser l’ex-pansion un peu loin tout en l’utilisant encore.
Dans les machines d’Ourscamp, M. Farcot s’est arrangé pour que lasortie du grand cylindre soit précisément distincte des conduits qui amè-nent la vapeur, et qu’il n’existe, dans aucun cas, de communicationentre eux.
Il a résolu ce problème en disposant quatre soupapes pour le grandcylindre seulement; deux de ces soupapes servent à introduire la vapeurà chacune des extrémités ; les deux autres s’ouvrent pour l’échappement,et communiquent au condenseur par un seul et même canal, tout à faitséparé des canaux d’introduction.
Ces soupapes sont à peu près équilibrées et conviennent mieux, parconséquent, que des tiroirs ordinaires, qui, du reste, étant disposés d’unemanière analogue, quant aux passages de vapeur, rempliraient égalementle but proposé.
Quant à la distribution appliquée au petit cylindre, elle se fait à l’aided’un tiroir disposé avec le mécanisme de détente variable dû également àM. Farcot, et qui, quoique imité par plusieurs constructeurs, n’en portepas moins son nom. Nous avons eu l’occasion de décrire ce système pré-cédemment avec tous les détails nécessaires.
Cette disposition intelligente de l’admission de la vapeur dans le grandcylindre, après son action dans le petit, combinée avec le chauffage del’enveloppe qui les entoure tous les deux, a l’avantage de pouvoir effec-tuer sans refroidissement sensible, d’abord une première détente dans lepetit cylindre à près de sept fois le volume initial, et finalement par lerapport des volumes mêmes des deux cylindres, une détente totale deplus de vingt fois le volume de vapeur admis primitivement.
Malgré cette condition de marche peu ordinaire, on ne peut pas se refu-ser, néanmoins, de reconnaître que les choses se passent ainsi que le con-structeur l’a prévu, en constatant le résultat pratique qui se trouve démon-tré par une dépense de combustible, si faible, qu’elle s’approche beaucoupdu rendement théorique (1).
La construction de ces cylindres se fait aussi remarquer par leur enve-loppe qui est fondue d’une seule pièce, y compris même les quatre boîtesà soupapes du grand cylindre et la colonne qui forme le canal d’échappe-
(1) M. Farcot construit de telles machines avec lesquelles il ne consomme que 1* 20 de houillepar heure et par force de cheval. On a pu voir, du reste, des résultats analogues obtenus avec lamachine qu’il avait exposée en 1855.