FABRICATION DES DRAPS. 297
Comme elles sont très-flexibles elles forment ressorts, et résistent très-bien à l’action continue qu’elles doivent produire.
Ces chardons se font en fil de fer ou de laiton, qui peut être au besoinrecouvert d’une couche d’alliage propre à le préserver de l’oxydation. Cefil métallique a tantôt une section de forme angulaire, tantôt une sectioncirculaire. Cette dernière forme est plus économique ; le fil métalliquedu commerce ayant toujours une section ronde.
Pour donner du mordant aux chardons, on coupe les bouts de fils enbiseau ou en sifflet, au lieu de les couper perpendiculairement à leur lon-gueur. Le degré d’obliquité de cette section, et par suite l’acuité de lapointe peut varier selon les besoins. On les fixe aux rubans et aux pla-ques (en caoutchouc vulcanisé doublé d’étoffe ) soit obliquement, soit per-pendiculairement, suivant la quantité d’effet qu’ils doivent produire. Cesfils ou dents sont à leur extrémité recourbés à angle plus ou moins vif,ainsi qu’on le verra plus loin par les figures que nous en donnons. Enfin,ils recouvrent toute la surface du ruban ou sont disposés par bandes, dis-posées transversalement ou obliquement ( mais jamais dans le sens longitu-dinal, ce qui produirait précisément le défaut que l’on reproche aux char-dons naturels d’agir d’une manière inégale). Dans certains cas, on coupeles bouts des dents à angle droit au lieu de les couper en biseau, d’autresfois on ne les recourbe pas du tout, on fait varier leur forme et leur dis-position selon qu’on les destine au travail des diverses espèces de char-dons connues sous les noms de chardon mortiage, chardon vif et chardongitage.
Nous avons figuré dans le dessin ci-joint trois genres de ces chardonsmétalliques.
Les fig. 10 et 11 font voir en élévation et en plan un chardon vif defer. La fig. 12 fait voir à une échelle grossie une des dents de ce chardon.
Les dents a recourbées à angle droit ont leur extrémité taillée en sif-flet; elles sont fixées obliquement dans le caoutchouc doublé de toile b.Pour que l’action du mordant ne soit pas trop forte, les dents sont ran-gées en bandes isolées et transversales.
Les fig. 13 et 14 font voir en élévation et en plan un chardon mortiagede laiton dont les dents sont rangées en bandes obliques. La forme deces dents est vue à une plus grande échelle dans la fig. 15.
Enfin la fig. 16 représente un chardon gitage de fer ou de laiton dontles dents sont droites et coupées perpendiculairement à leur longueur(voyez fig. 17).
Ces dents, au lieu d’être fixées perpendiculairement à la plaque, peu-vent l’être obliquement.
Ce système de plaques-chardons peut avoir la longueur des croisées oucadres d’une lainerie. Il supprime ces pièces, et par suite le local spacieuxqu elles nécessitent ; une simple planche suffit, comme on l’a vu plus haut,pour son application sur les laineuses.