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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
est bien modifié comme construction dans ses détails et dans son en-semble ; le résultat seul est à peu près semblable , c’est-à-dire queM. Branche a, comme son prédécesseur, et par des moyens analoguesperfectionnés, résolu le problème de faire marcher un moteur quel-conque avec une vitesse uniforme malgré les variations de la puissancemotrice ou celle de l’effort que ce moteur doit vaincre.
Nous avons pu nous-inême constater ce résultat en assistant à des expé-riences faites le 25 octobre 1855 à l’usine de MM. Wasser et Morin, àParis .
Cet établissement se compose de plusieurs scieries mécaniques dont unescie circulaire à grande lame, une scie à cylindres, une scie à plusieurslames et diverses petites scies à chantourner. Il est, par cela même, dansdes conditions très-irrégulières sous le rapport de la force motrice em-ployée, car tantôt toutes les scies fonctionnant ensemble présentent né-cessairement de grandes résistances, et tantôt, au contraire, se trouvantarrêtées presque simultanément, elles abandonnent le moteur à touteson énergie.
Un bon régulateur permettant de mettre toujours la puissance en rap-port avec la résistance, devient donc, dans une telle fabrique, tout à faitindispensable pour obtenir une bonne régularité de marche, sans quoi oncourrait le risque d’occasionner des ruptures trèsrfréquentes et, par suite,des accidents plus ou moins graves.
L’usine est actionnée par deux petites machines à vapeur à haute pres-sion, de la force nominale de 6 chevaux chacune, et qui sont placées auxdeux côtés opposés de l’atelier, de manière à attaquer séparément lesextrémités de l’arbre de commande principal. Elles sont toutes deux mu-nies d’un régulateur à double cylindre, appliqué par M. Branche sur lavalve d’admission.
En entrant nous reconnûmes tout d’abord que les divers appareilsétaient en activité, et nous constatâmes à plusieurs reprises, en présencede M. Coste, propriétaire, de M. Clément, ingénieur, de M. Martin, con-structeur des machines, et de M. Morin, l’un des fabricants, que la vitessede l’arbre du volant, à chaque machine, était de 40 révolutions par minute,et la pression de la vapeur dans les chaudières de 5 1 /2 atmosphères aumanomètre.
Sur notre demande, M. Morin fit arrêter instantanément toutes lesgrandes scies, et toute notre attention se portant constamment sur lesmoteurs, nous ne pûmes apercevoir la moindre différence dans leur allure ;leur vitesse nous parut rester invariable; en effet, à l’aide de montres asecondes, nous nous convainquîmes que le nombre de coups de pistonsétait exactement le même au commencement qu’à la fin. Nous comptâmesà dix reprises répétées 10 révolutions par 15 secondes, soit un tour enune seconde et demie.
Il en a été de même lorsqu’on remit en marche ; quoique toutes les